"Pour un football plus serein ", c'était l'appellation d'un colloque international de bonne volonté, organisé le 25 avril dernier dans les locaux de l'URBSFA. J'y suis allé dubitatif, peu convaincu que le foot tel qu'il est puisse un jour emprunter le grand et beau chemin de la sérénité. Et faut croire que je n'en suis pas reparti éclairé et converti puisque le soir même, je le confesse, je n'ai pas pu m'empêcher de péter un plomb en bord de touche, en coachant ma petite équipe de P2, irrité par un gars irritant qui n'aurait pas dû réussir à m'irriter. Quand le foot rendra zen, les poules auront 22 dents.
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"Pour un football plus serein ", c'était l'appellation d'un colloque international de bonne volonté, organisé le 25 avril dernier dans les locaux de l'URBSFA. J'y suis allé dubitatif, peu convaincu que le foot tel qu'il est puisse un jour emprunter le grand et beau chemin de la sérénité. Et faut croire que je n'en suis pas reparti éclairé et converti puisque le soir même, je le confesse, je n'ai pas pu m'empêcher de péter un plomb en bord de touche, en coachant ma petite équipe de P2, irrité par un gars irritant qui n'aurait pas dû réussir à m'irriter. Quand le foot rendra zen, les poules auront 22 dents. Le colloque était organisé par l' European Brussels International Supporters Award, né en 2005 des amours de la Ville de Bruxelles (soucieuse de commémorer efficacement les tristes 20 ans du drame du Heysel) et de l'agence de communication Dialogic. L'initiative est aujourd'hui soutenue par l'UEFA, et son objectif primordial est d'annuellement récompenser (par un prix de 6.000 euros) une initiative de supporters qui, en un coin d'Europe, auront £uvré pour les vraies valeurs du sport. Le colloque présentait les vainqueurs depuis 2005, et divers intervenants exposaient leurs idées ou initiatives sur ce que devrait être un football plus serein. Belle occasion de populariser une belle initiative, restée jusqu'à présent confidentielle chez nous... Hélas, faut pas mentir, ce fut la cata quant à l'assistance : si j'enlevais les organisateurs, les primés, les intervenants et les traducteurs, je rougirais de vous dire de combien de doigts j'ai eu besoin pour comptabiliser les curieux intéressés ! Dialogic avait pourtant convié la fédé, les politiques, la presse, les arbitres, les dirigeants de clubs et même leurs stewards,... je n'y ai croisé que le Standard via un responsable de son fan coaching et le représentant de ses clubs de supporters en Flandre ! Le président fédéral François De Keersmaecker a ouvert le colloque sans y assister ; Emir Kir, ministre bruxellois des Sports a oublié de venir ; Bert Anciaux, ministre flamand des Sports, est apparu le temps de lire en 10' le papier sur son action sportive qu'avait scribouillé un sbire ; Michel Daerden, ministre wallon des Sports, avait préféré déléguer et son représentant eut au moins le mérite de présenter un petit film pédagogique (relatif au racisme, aux matches de gosses, aux parents excités...) pouvant ouvrir débat. En résumé, tout notre petit monde cautionne l'initiative, chacun invite chacun à participer à pareille journée de travail ( sic), mais tout le monde a mieux à faire quand il s'agit de venir. Je ne me pose pas en exception, j'aurais fort bien pu ne pas être là non plus. Notre football a le manque de sérénité qu'il mérite. Ceci dit, et même si les conférenciers n'ont pas pu décortiquer la corrélation entre l'électricité des matches de foot et la nature même du jeu de football, deux des initiatives, primées pour avoir tenté de nous rendre supportéristiquement moins stupides, m'ont épaté. Je reparlerai prochainement de l'Amalgamation qu'ont réussie les supporters de l'équipe nationale d'Irlande du Nord, lauréats en 2006. Et je vous évoque ci-dessous Joyce Cooke, qui représentait l'association des supporters handicapés de Grande-Bretagne, lauréate du prix en 2008 pour avoir su éveiller l'attention des dirigeants de clubs quant aux problèmes pratiques des moins valides : obtenir des tickets, parvenir aisément à leur place dans le stade, bien voir le match, accéder aux débits de boissons ou aux toilettes, être bien au foot et améliorer par là leur (ré)insertion sociale. Tout un travail ! Mais à réaliser deux fois par stade, ai-je pensé, parce que les handicapés ont le désir légitime de vivre le match au sein même de l'ensemble des supporters de leur équipe, et parce qu'en foot, les deux clans de supporters sont toujours cloisonnés à des endroits du stade diamétralement opposés, sécurité oblige vu nos humeurs belliqueuses ! Et m'a traversé l'idée que les moins valides avaient peut-être là une belle leçon à donner en demandant de vivre le match dans la même tribune, différemment supporters mais pareillement pacifiques ! Peut-être que ça ferait tâche d'huile chez les excités valides que nous sommes... ou peut-être que je me gourre dangereusement et que naîtraient des cas de hooliganisme en chaises roulantes ! Je veux croire que non. lpar bernard jeunejean