Durant toute leur campagne, les Diables Rouges ont manqué de stabilité. L'équipe a beaucoup changé - ça peut arriver -, mais elle a aussi manqué de bases, de gars qui recadraient les autres quand ça n'allait pas. Aurait-on commis autant d'erreurs défensives si on avait eu quelques bons salauds dans l'équipe ? Des gars qui ne se posent même pas la question de savoir si la " formidable bonne entente entre les joueurs " pouvait être ébréchée par quelques bons coups de gueule. Il faut espérer, en tout cas, que notre magnifique génération de joueurs hyper-doués et expatriés ne soient pas au-dessus des principes de base du jeu en équipe...
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Durant toute leur campagne, les Diables Rouges ont manqué de stabilité. L'équipe a beaucoup changé - ça peut arriver -, mais elle a aussi manqué de bases, de gars qui recadraient les autres quand ça n'allait pas. Aurait-on commis autant d'erreurs défensives si on avait eu quelques bons salauds dans l'équipe ? Des gars qui ne se posent même pas la question de savoir si la " formidable bonne entente entre les joueurs " pouvait être ébréchée par quelques bons coups de gueule. Il faut espérer, en tout cas, que notre magnifique génération de joueurs hyper-doués et expatriés ne soient pas au-dessus des principes de base du jeu en équipe... Cela dit, la stabilité c'est aussi le job du coach et Georges Leekens a perdu énormément de temps avant de trouver une équipe qui jouait bien et pouvait espérer des résultats en étant offensive. Le week-end passé, il a paniqué en se demandant si Eden Hazard et Dries Mertens allaient pouvoir jouer en Allemagne. Mais depuis combien de temps estime- t-il que ce sont deux joueurs fondamentaux ? C'est uniquement sous la pression que Leekens s'est remis en question et a commencé à donner des aperçus de ce que cette équipe aurait pu devenir plus tôt. Car le talent est là, tout le monde le voit et Johan Cruijff en a même remis une couche avec un de ses billets dans le Telegraaf. Si, comme tout le monde, il voit ses Pays-Bas, l'Espagne et l'Allemagne dominer le débat européen, il rajoute aussi : " La seule équipe qui paraît en mesure d'émerger dans le futur, c'est la Belgique. " On peut toujours rêver et se demander ce qu'un disciple de Cruijff aurait tracé comme sillon dans le terreau belge. Cruijff a été le c£ur et le poumon du football total de l'Ajax Amsterdam à cheval sur les sixties et seventies et a tracé les premiers croquis du Barcelone d'aujourd'hui. Sans lui, le beau football ne serait pas ce qu'il est. Car comme joueur puis comme coach, il est devenu une légende puis un phare du Barça. Et si Pep Guardiola fait des miracles avec son équipe actuellement, c'est aussi parce qu'il a eu Cruijff comme coach et que ce dernier a encouragé la direction du Barça à le choisir alors que le nom de José Mourinho était aussi évoqué ! Guardiola est le premier à reconnaître que le Hollandais lui a instillé l'amour du jeu technique et intelligent. Et pour compléter son bagage, il a effectué un voyage initiatique chez ses maîtres argentins. D'où le document fabuleux à lire en fin de magazine. En foot, la technique et l'offensive constituent une voie royale. C'est aussi pour cela qu'on s'attend à un très beau clasico dimanche. Il y a longtemps - sans doute depuis l'époque Johan Boskamp - qu'Anderlecht n'a plus pratiqué un jeu aussi joli. C'est dû aux planches acquises par Matti Suarez, à la révélation de Fernando Canesin, à l'arrivée de joueurs comme Jova et Dieu en attendant l'entrée définitive de Ronald Vargas ; et certainement au fait qu' Ariel Jacobs a mis son audace au diapason de son matériel. Au Standard, José Riga est un authentique amoureux du beau jeu, même s'il reconnaît que ses Rouches cherchent parfois trop vite la profondeur et ne construisent pas encore assez subtilement. Et si, sur le papier, il a quelques joueurs aussi doués techniquement que pas mal d'Anderlechtois ( Franck Berrier, Luis Manuel Seijas, Ignacio Gonzales, Zorro Cyriac) il a plus de puissance venant de la deuxième ligne (outre Mémé Tchité), la locomotive s'appelant Capitaine Van Damme. Finalement, les retours croisés et autres détours de tant de joueurs du clasico doivent plus faire penser à des retrouvailles sympas dans le but de participer à un beau match qu'à autre chose. D'où une couverture clin d'£il où le passé se mêle au présent. Comme dans le vie et comme sur le terrain. Anderlecht sans le Standard, ce ne serait jamais la même chose. Et inversement. JOHN BAETEQu'est-ce qu'un disciple de Cruijff aurait tracé comme sillon dans le terreau belge ?