La semaine dernière, Jan Mulder a rendu visite à larédaction de Sport/Foot Magazine, sise au Brussels Media Center, qui regroupe de nombreux titres de Roularta. Bon nombre de personnes mouraient d'envie de poser avec l'ancien avant, sans oser le lui demander. Ses nombreuses apparitions télévisées, rehaussées par son bagout, ont rendu l'analyste, âgé de 70 ans, encore plus populaire que quand il dirigeait l'attaque d'Anderlecht.
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La semaine dernière, Jan Mulder a rendu visite à larédaction de Sport/Foot Magazine, sise au Brussels Media Center, qui regroupe de nombreux titres de Roularta. Bon nombre de personnes mouraient d'envie de poser avec l'ancien avant, sans oser le lui demander. Ses nombreuses apparitions télévisées, rehaussées par son bagout, ont rendu l'analyste, âgé de 70 ans, encore plus populaire que quand il dirigeait l'attaque d'Anderlecht. Mulder a parlé pendant trois heures, tout en se régalant d'une délicieuse assiette froide de poisson, préparée par le chef Danny et son bras droit Erwin, avec lesquels il s'est fait photographier avec plaisir. Mulder est une vedette mais il maîtrise trop bien l'art de relativiser pour prendre des allures de star. Entendre Mulder parler de son amour pour Anderlecht est émouvant. Il se rappelle volontiers les merveilleuses années vécues au Parc Astrid. En vrai poète du football, il frémit à l'idée que les Mauves aillent un jour se produire ailleurs car selon lui, c'est dans un quartier populaire que bat le coeur du football. Mulder aime passer sous la loupe le football, avec son sens rafraîchissant de la contradiction. Il aime ramer à contre-courant, parfois avec un brin d'affectation, mais il était déjà ainsi joueur. Un jour, il a refusé de remonter ses bras pour la photo de groupe annuelle, ce qui lui a attiré les foudres de l'entraîneur du moment, George Kessler. Il était parti, fâché, stipulant que " ce n'était quand même pas un pensionnat ". Une autre fois, Kessler l'a laissé sur le banc, ne le lançant que dans la dernière demi-heure. Il a marqué deux buts puis s'est agenouillé devant l'entraîneur, en pointant le doigt, évitant son oeil de justesse. Selon Jan Mulder, c'est Gand qui développe le meilleur football de notre championnat. Le problème d'Anderlecht vient du manque de stabilité de son entrejeu. De fait, on a vu samedi contre Courtrai comment l'équipe tournait quand la deuxième ligne fonctionnait. Le Véka n'a guère opposé de résistance mais il n'empêche : le Sporting a entamé le match à un rythme impressionnant et d'un coup, il redevient un des favoris de ces PO1 complètement fous. Il s'agit pour lui de sortir sans casse cette semaine de ses déplacements à Gand et à Charleroi car ensuite, il joue trois des quatre derniers matches à domicile. Quant à la pression, elle ne pose pas problème à Anderlecht. C'est bien différent pour Gand, qui a d'abord développé un superbe football de combinaisons contre le Club, jouant avec l'allure d'un futur champion avant de reculer, en seconde période. Comme si le stress paralysait les Buffalos. Ça a permis à un Club faible de revenir dans le match et, malgré sa fatigue, d'être plus frais que Gand en fin de partie. Toutefois, le caractère ne suffira pas à assurer le titre au Club. Pour l'obtenir, il doit enfin rejouer au football. Indépendamment des batailles juridiques concernant la licence de Mouscron-Péruwelz, la rétrogradation du Cercle n'est pas illogique, au terme d'une saison aussi turbulente. Avec trois entraîneurs en l'espace d'une seule saison, les Vert et Noir ont mené une gestion à la petite semaine, bien éloignée de leur philosophie habituelle. Cette saison, le Cercle a souvent été victime d'erreurs arbitrales mais elles ne peuvent dissimuler la réalité : le Cercle a perdu son âme, lentement mais sûrement. Le Cercle, qui a toujours mis en exergue sa mission sociale, va avoir le temps de réfléchir et de se retrouver. Il ne doit plus chercher des étrangers sur le marché des occasions mais faire éclore de jeunes footballeurs. En prolongeant déjà le contrat de jeunes prometteurs, il a posé un pas dans la bonne direction. Ces jeunes ont besoin d'un entraîneur ambitieux et novateur pour les diriger. Dans le passé, le Cercle a déjà offert leur chance à des entraîneurs débutants (Georges Leekens, Glen De Boeck, Bob Peeters). Il ferait mieux de reprendre ce cap au lieu de pêcher sans cesse dans le même étang. PAR JACQUES SYSLa pression ne pose pas de problème à Anderlecht.