La quête d'un quatrième succès aux Six Jours de Gand avait tout d'une mission impossible pour Iljo Keisse. Dix jours avant le début de l'épreuve, le Gantois était toujours suspendu et vivait dans l'incertitude. En outre, mardi soir, le pistard de Quick-Step s'était effondré, victime de fièvre, une réaction à des mois de stress et d'émotions.
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La quête d'un quatrième succès aux Six Jours de Gand avait tout d'une mission impossible pour Iljo Keisse. Dix jours avant le début de l'épreuve, le Gantois était toujours suspendu et vivait dans l'incertitude. En outre, mardi soir, le pistard de Quick-Step s'était effondré, victime de fièvre, une réaction à des mois de stress et d'émotions. Keisse n'avait plus concouru depuis 139 jours, ce qui ne pouvait que lui poser problème dans une épreuve aussi épuisante mais tout s'est parfaitement déroulé. Sublimé par un sentiment de revanche et porté par le public gantois, qui a scandé son nom, Keisse a retrouvé son meilleur niveau en un rien de temps. Il s'est imposé grâce à sa force de caractère, comme il l'a souligné lui-même. Keisse a ménagé ses forces, faisant taire son tempérament. Son comparse néerlandais, Peter Schep, constituait d'ailleurs une garantie de tranquillité. Parvenir à répartir ses efforts est essentiel dans ce type d'épreuves. Les autres équipes ont laissé Keisse progresser de jour en jour. En fait, ses adversaires ont été victimes d'un manque de condition davantage que de carences tactiques. Les tenants danois du titre, Alex Rasmussen et Michael Morkov, ont été moins dominants que l'hiver dernier. Gand constituait leur première course de Six Jours de l'hiver et ils restaient sur une lourde saison sur route sous le maillot de Saxo Bank. Le panzer allemand Robert Bartko, qui s'était imposé en compagnie de Keisse en 2007 et en 2008, a parfois donné l'impression d'être invulnérable, mais son partenaire, Danilo Hondo, a déjà couru, cette année, le Giro, le Tour et la Vuelta et reprenait la compétition après une période de repos bien méritée. Finalement, c'est de Belgique qu'est venue la plus forte concurrence. Bien rôdé par les épreuves d'Amsterdam et de Grenoble, Kenny De Ketele a pris un superbe départ à Gand et dimanche, son ultime offensive a failli le faire sortir de l'ombre de Keisse mais il a manqué à De Ketele et à Leif Lampater un brin de vitesse - et donc de points - dans les moments cruciaux. Quoi qu'il en soit, le coureur de 25 ans, jadis vainqueur des Six Jours de l'Avenir, a encore franchi un cap et surtout tiré un trait sur une année horrible. Les spectateurs, près de 42.000 sur l'ensemble des Six Jours, rêvent déjà d'un tandem Keisse-De Ketele. En l'absence d'un duo dominant, la compétition est restée palpitante jusqu'à la dernière course par équipes. Nulle part ailleurs qu'à Gand, les organisateurs ne parviennent à impliquer tous les coureurs dans un spectacle total. L'Argentin Sebastian Donadio accuse 31 tours de retard mais il a mis de l'ambiance, entre deux courses, par son interprétation des Angels de Robbie Williams. Ce fut un des plus beaux moments pour le public du 't Kuipke. BENEDICT VANCLOOSTER