Un reproche ne pourra jamais être adressé à Mogi Bayat : celui de méconnaître le sérail du football, ses arcanes et rouages. A maintes reprises, depuis son entrée en fonction, le bouillant manager du Sporting de Charleroi gratifia l'auditoire de flux migratoires, plus retentissants les uns que les autres, qui ne peuvent être que l'£uvre d'un individu particulièrement bien conseillé, à l'affût des bonnes opportunités et des moindres bruits. Au c£ur du mois de juillet dernier, cela faisait une poignée de jours que le buzz concernant l'absence d'un accord entre Abdessalam Benjelloun et le Sporting d'Anderlecht courait encore quand le manager sportif des Zèbres se manifesta pour l'attaquant marocain du Hibernian FC.
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Un reproche ne pourra jamais être adressé à Mogi Bayat : celui de méconnaître le sérail du football, ses arcanes et rouages. A maintes reprises, depuis son entrée en fonction, le bouillant manager du Sporting de Charleroi gratifia l'auditoire de flux migratoires, plus retentissants les uns que les autres, qui ne peuvent être que l'£uvre d'un individu particulièrement bien conseillé, à l'affût des bonnes opportunités et des moindres bruits. Au c£ur du mois de juillet dernier, cela faisait une poignée de jours que le buzz concernant l'absence d'un accord entre Abdessalam Benjelloun et le Sporting d'Anderlecht courait encore quand le manager sportif des Zèbres se manifesta pour l'attaquant marocain du Hibernian FC. Pour les patients et opportunistes, à l'image des directions de Westerlo et de Charleroi, qui s'entretinrent d'emblée avec le joueur, il importait de suivre l'évolution de ce transfert annoncé. En réalité, partant du principe qu'il tardait à se concrétiser, celui-ci ne pouvait qu'avorter. Chacun sait qu'une opération commerciale de premier ordre s'opère dans les plus brefs délais et avec discrétion. Et non pas sur la place publique comme ce fut le cas avec Anderlecht... La lenteur de mise dans la gestion du dossier peut-elle être imputée aux hautes instances du Sporting d'Anderlecht ? Difficile de le croire à la lumière des événements qui se sont succédé et des éléments en notre possession. Le patronyme Benjelloun attira déjà l'attention des recruteurs belges au cours de la saison 2006-07. Outre le fait qu'il se produisit pour le compte de l'équipe nationale marocaine Espoirs le 14 novembre à Molenbeek face aux joueurs de Jean-François de Sart (4-4, premier but de... Benjelloun), il trouva le chemin des filets à 14 reprises durant cette première campagne écossaise. En inscrivant deux des cinq réalisations utiles au triomphe des Hibbes face à Kilmarnock lors de la finale disputée à Hampden (5-1), il assura une part prépondérante dans le succès final enregistré en Coupe de la Ligue cette saison-là. Pour s'acquitter de la tâche rigoureusement, Anderlecht délégua des scouts à Easter Road tout au long de la saison 2007-08. Enfin, pour sa première sélection avec les Lions de l'Atlas, contre la Belgique à Bruxelles le 26 mars dernier, Benji inscrivit son premier but pour le Maroc A. Dès lors, le scouting des Mauves savait précisément à quoi s'en tenir par rapport à cet élément occupé de vivre une saison frustrante, puisque tracassé par une répétition de blessures à un genou et au tendon. Restait alors à mener la tractation dans le sens désiré. Le mercredi 11 juin dernier, en soirée, profitant de l'escale bruxelloise des Lions de l'Atlas, appelés à se rendre au Rwanda, Anderlecht retrouvait Benji au Stade Fallon à Woluwé. De prime abord, ce rendez-vous laissait entendre que les Bruxellois étaient prêts à accepter la part de risque inhérente au transfert d'un élément pourtant loin de tenir la plénitude de ses moyens à ce moment précis. Mais il n'en était rien... Vu ses blessures à répétition, Anderlecht était à ce moment désintéressé. Le dossier anderlechtois s'écrasa définitivement, laissant peu d'espoirs à un garçon désireux de quitter les Iles pour le Vieux Continent et un club évoluant sur la scène européenne. Tout n'était pas perdu pour autant pour tout le monde... A peine le chapitre anderlechtois refermé, l'étoile montante du football marocain prit la direction de Casablanca. Plus souvent qu'à son tour, il fut aperçu en compagnie de Mounir El Hassouni au lobby de l'hôtel où logeaient les Zèbres, alors en stage d'avant saison et préoccupés par la Morocco Summer Cup. Bien qu'il ne soit pas repris dans la liste officielle des 14 agents de joueurs marocains agréés par la FIFA, El Hassouni s'est forgé sa réputation dans le giron du football. Celui qui représentait encore la Fédération Marocaine en France en 2006 mise sur les éléments de l'équipe nationale et les pros marocains d'Europe. A son tableau de chasse et, par conséquent celui du bureau de management d' EricCastagnino, pour lequel il £uvre, figurent des Lions de l'Atlas illustres et connus. Parmi eux, Youssouf Hadji, Marouane Chamakh, Michael Chrétien. En Belgique, il est connu pour des activités ayant pour dénominateur commun le Sporting de Charleroi. L'homme du Sud y conseille Salaheddine Sbai, représente Majid Oulmers, orchestre le transfert controversé de Mohssine Yajour. Avant d'effectuer une dernière opération concernant le talentueux Tarik Bendamou, blessé aux ligaments croisés et laissé libre par le Kawkab de Marrakech, Mounir El Hassouni a attiré l'attention de la direction du Sporting de Charleroi par rapport à la situation d'Abdessalam Benjelloun. Tuyauté, Mogi Bayat fut rapidement mis au parfum et marqua son opportunisme en contactant son homologue au Sporting d'Anderlecht Herman Van Holsbeeck. " Je voulais m'assurer que le club bruxellois était bel et bien désintéressé par le joueur, ce qui m'a été confirmé ", confirme Bayat, ajoutant que Charleroi entretient de bonnes relations avec le Sporting mauve. " Je ne voudrais pas que la surenchère soit de mise. Pour ce qui concerne un Benjelloun en pleine possession de ses moyens, il est à mes yeux un élément de la qualité de Dieumerci Mbokani. Et puisqu'il évolue à Charleroi, Anderlecht garde un £il sur le joueur... " Restait à convaincre Benjelloun d'accepter un transfert à Charleroi. Mogi Bayat avança ses pions. Sbai et Yajour n'ont-ils pas évolué aux côtés de Benjelloun chez les Lionceaux ? Les noms de Mounir El Hassouni et Abdessalam Benjelloun sont intimement liés depuis janvier 2006 quand le premier orchestra le transfert du second de Mahgreb de Fes, au Maroc, vers Edimbourg, en Ecosse. Comme tant d'autres au Maroc, Benjelloun ne possédait pas de contrat digne de ce nom avec le club qu'il fréquentait depuis janvier 2005. Etant entendu qu'il provenait des équipes de jeunes d'un club amateur voisin, tout au plus tenait-il une convention de joueur amateur certes reconnue par la Fédération Marocaine de Football mais pas par la FIFA. Donc, plus ou moins libre, il pouvait envisager un transfert en Europe. L'Ecosse fut la destination choisie en janvier 2006 et Hibernian le club qui accepta de patienter durant les démarches visant l'obtention d'un permis de travail. Quant au club de la cité impériale, qui voyait s'envoler un joyau de moins de 21 ans, il obtint pour seule compensation financière des indemnités de formation. Est-ce justement parce qu'elle avait acquis l'athlétique joueur pour une bouchée de pain en 2006 que la direction écossaise accédait à sa volonté de rejoindre le Vieux Continent ? Pour services rendus ou en raison de pépins physiques récurrents ? Nul ne le sait. Toujours est-il que l'attaquant de l'équipe nationale marocaine pouvait quitter l'Ecosse. Puisqu'il avait clairement affirmé vouloir à tout prix un transfert vers l'Europe, Benjelloun devait donc choisir entre Edimbourg, où il aurait vu sa position affaiblie et son aura chuter, et un transfert à Charleroi. Coincé entre le marteau et l'enclume, l'attaquant marocain préféra jouer la carte de la fierté en accédant à la proposition formulée par le club carolo. Reste à voir, à présent, combien de temps - et de matches - Benjelloun prestera pour le compte de Charleroi, auquel il a été prêté pour une durée d'une saison, avec option d'achat. Le seul élément tangible dont on dispose aujourd'hui, consiste à dire que le Marocain paraît moins libre de ses mouvements qu'il ne le prétendait le 23 août au micro du journaliste de Studio 1. Pour rappel, au soir de la victoire des Zèbres sur Roulers (1-0), face à qui il inscrivit son premier but quelques minutes après être monté au jeu, il affirma être maître de choisir la destination qu'il prendrait en janvier prochain. Est-ce à dire qu'un accord avait déjà été trouvé entre trois parties - Benjelloun, El Hassouni et le Sporting - à ce moment ? Pas le moins du monde. Quelques jours plus tard, l'attaquant indiquait en effet " qu'il serait heureux que Charleroi utilise l'option de contrat prévue dans ce prêt et l'achète avant le mois de janvier ". Une marche arrière dans le propos assez compréhensible. Il suffit en effet au Sporting de Charleroi de lever l'option - soit avant le 31 décembre 2008 en vue de bénéficier d'un tarif préférentiel, soit plus tard dans la saison - pour permettre à Mogi Bayat de rappeler qu'il est bien devenu le maître du jeu. Un élément incontournable de la stratégie sportive des Zèbres... par cédric bouillon - photo: belga