Les interviews d'après match ne mentent jamais. Les questions ne sont pas toujours lumineuses, mais les réponses souvent lourdes de sens si on est capable de comprendre entre les lignes et - surtout - de scruter la physionomie des interviewés. Après Anderlecht-Standard, ce fut exemplaire. Silvio Proto ne peut plus cacher qu'il en a marre de ce micro sous le pif après une défaite. Les autres se planquent et, chaque fois, il doit plus ou moins expliquer ce qui n'a pas été sans s'exonérer complètement. Il tente quelques phrases passe-partout qui se terminent toujours par -On va devoir beaucoup travailler... Les grimaces de Silvio valent le détour : il est torturé et se force à ne pas dire ce qu'il pense vraiment (" X a joué comme un manche, Y devrait plutôt aller jouer au tennis, Z...

Les interviews d'après match ne mentent jamais. Les questions ne sont pas toujours lumineuses, mais les réponses souvent lourdes de sens si on est capable de comprendre entre les lignes et - surtout - de scruter la physionomie des interviewés. Après Anderlecht-Standard, ce fut exemplaire. Silvio Proto ne peut plus cacher qu'il en a marre de ce micro sous le pif après une défaite. Les autres se planquent et, chaque fois, il doit plus ou moins expliquer ce qui n'a pas été sans s'exonérer complètement. Il tente quelques phrases passe-partout qui se terminent toujours par -On va devoir beaucoup travailler... Les grimaces de Silvio valent le détour : il est torturé et se force à ne pas dire ce qu'il pense vraiment (" X a joué comme un manche, Y devrait plutôt aller jouer au tennis, Z dormait encore et la tactique était nulle" ?) Le coach, parlons-en. Ariel Jacobs est obligé de subir la question et, en vieux routier, cache mieux ses émotions que son gardien. Mais c'est significatif : plus le masque est dur, fixe et froid, plus le match est à oublier. Dimanche, Jacobs était aussi impassible que Toutankhamon. Mauvais signe ! Ariel, c'était pas du Seck pour ton bec : " Comment ai-je pu oublier que Wasyl pouvait jouer au stopper et que GuillaumeGillet ne sera jamais un milieu ". Avec ce qu'il reste d'Anderlecht cette saison (sans Van Damme, Polak et Boussoufa), Jacobs ne fait rien de bon. Lukaku, Suarez et Kanu sont moins bons qu'avant et Kljestan est en train de devenir l'un des pires achats de l'histoire. Sans Biglia (et Mazuch ?), le champion est tombé très bas. Et c'est avec cette équipe-là que Jacobs va aller jouer au Club Bruges ce week-end pour redresser la tête ? Au Standard, face caméras, on cachait mal sa surprise d'être venu gagner aussi facilement chez le champion et de devenir du coup un peu mieux qu'un simple challenger dans ces PO. En plus, il joue mercredi sa place en finale de la Coupe de Belgique. SébastienPocognoli et Dominique D'Onofrio cachaient leur joie pour rester concentrés. Habitués à tant de médiocrité, les Rouches sentent aussi qu'ils ne pouvaient plus décevoir. S'ils passent Gand mercredi, on considérerait comme normal de battre Genk à Sclessin le week-end ! Bonjour les responsabilités et les doutes ! A force de jouer tous les dimanches sans nombre de blessés, le Standard s'alignait toujours en ayant déjà une belle excuse à faire valoir. Ce n'est plus le cas. Pour faire mal, il aura besoin d'un peu de réussite. Comme à Anderlecht. Un mot encore sur l'éc£urante affaire Eupen et sa plainte tous azimuts sur base de la non-affiliation du joueur du Lierse Jason Adesanya lors du match à Malines... où il n'a pas joué une seconde ! Où est le préjudice d'Eupen ? Où est l'esprit sportif ? Les Pandas respectent le règlement, certes, mais c'est de la perversion... provoquée par les clubs du G4, qui ont humilié les petits dans une nouvelle réforme inique du championnat. Et ce n'est pas parce que la Ligue pro est prête à payer l'astreinte de 500.000 euros imposée par le juge des référés d'Eupen que tout va bien. Qui a encore quelque chose à redire à notre couverture " Putains de play-offs " ? Pour terminer : le regain des Diables avec un sacré casse-tête pour le couple Leekens-Wilmots. Il sait pertinemment que cette talentueuse génération n'aura les résultats qu'elle mérite qu'à une condition : renier à jamais le jeu à la belge, jouer constamment dans le camp de l'adversaire et se créer des tonnes d'occasions de but. Il n'y a qu'un entraîneur fédéral qui y serait parvenu : Paul Van Himst. On va voir comment Long Couteau et Willie vont s'y prendre. Pour eux, gérer Axel Witsel semble plus facile qu'un Eden Hazard, qu'ils veulent continuer à éduquer. Intéressant à suivre : en 1994, snobé par Van Himst, Wilmots avait décidé de ne plus jouer en équipe nationale... jusqu'au moment où Waseige lui avait promis d'être toujours titulaire. PS : Cher Georges, ton écharpe jaune porte-bonheur est très classe ! Mais pas avec un complet veston noir stp. Amitiés... PAR JOHN BAETEPour faire mal, le Standard aura besoin d'un peu de réussite. Comme à Anderlecht.