Les grands clubs cherchent de nouvelles pièces au puzzle. Après avoir loupé le transfert de Thorgan Hazard, au terme d'un feuilleton beaucoup trop long, Anderlecht semble affolé. Hazard devait notamment lui apporter son don de meneur. Un footballeur de vingt ans qui dirige le club le plus prestigieux de Belgique, c'eût été inédit. Sans même se demander si le RSCA n'avait pas besoin de renfort à d'autres positions.
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Les grands clubs cherchent de nouvelles pièces au puzzle. Après avoir loupé le transfert de Thorgan Hazard, au terme d'un feuilleton beaucoup trop long, Anderlecht semble affolé. Hazard devait notamment lui apporter son don de meneur. Un footballeur de vingt ans qui dirige le club le plus prestigieux de Belgique, c'eût été inédit. Sans même se demander si le RSCA n'avait pas besoin de renfort à d'autres positions. Pendant ce temps, le Club Bruges, qui possède déjà quatre avants-centres, cherche désespérément un cinquième attaquant et a passé de nombreux joueurs en revue. Il y a peu de chances de trouver la perle rare à l'étranger, en cette période de l'année, mais le Club a grand besoin d'un renfort dans le compartiment offensif et il brûle plus que jamais de l'ambition d'enlever un premier titre depuis 2005, d'autant qu'il a éveillé l'illusion que tout allait changer avec Michel Preud'homme. Même le Liégeois, qui a pris 24 points sur 45, n'est pas un faiseur de miracles et il doit bien constater qu'il n'a pas beaucoup progressé. Cela confirme le fait qu'on surestime les entraîneurs. Ceux-ci dépendent du matériel mis à leur disposition. Le Club Bruges veut maintenant déposer son avenir sportif dans les mains de Preud'homme en lui offrant le titre de manager à l'anglaise. L'actuel directeur sportif, Arnar Gretarsson, en poste depuis un an à peine, se verrait attribuer un autre rôle au sein de l'organigramme. Le président Bart Verhaeghe regorge de projets, il cherche, tâtonne et tente de délivrer le Club comme lui-même de ses frustrations mais la vérité se trouve sur le terrain, pas ailleurs. Jadis, le Club était le symbole de l'unité et du caractère. Les temps changent partout, il est de plus en plus difficile d'unir les egos sous la même bannière. Initialement, Michel Preud'homme semblait avoir rallumé cet enthousiasme. Il n'est pas resté grand-chose de cette mentalité face à Anderlecht. Certains joueurs ont évolué en dessous de leur niveau, à commencer par Maxime Lestienne, qui fait l'objet de tant de louanges. Preud'homme, lui-même passionné, a dû commettre l'une ou l'autre erreur. L'été prochain, on peut s'attendre à une nouvelle opération de nettoyage à grande échelle au stade Jan Breydel. Anderlecht va également partir à la recherche de renforts. Le champion a certes méritoirement gagné l'affiche mais il s'est créé peu d'espaces et, malgré tout son talent, il n'a pas eu assez de finesse pour démanteler la défense du Club. Ce sommet, disputé sous un climat rude, a donc été décevant. Les deux clubs se trouvent logiquement dans l'ombre d'un Standard très décisif, qui est actuellement la meilleure équipe du pays, de loin. Les Rouches, qui ont souvent été un foyer de troubles, traversent le championnat avec la plus parfaite sérénité. Ils ne se sont énervés qu'en découvrant qu'Anderlecht comptait recruter Michy Batshuayi. Aux yeux du Standard, c'était là une tentative de déstabilisation. Mais ensuite, la vie a repris un cours normal dans les couloirs de Sclessin. Le Standard se promène à travers le championnat sous différents visages. Parfois brillant, parfois hésitant, souvent prudent et froid mais toujours très efficace. Il concède peu d'occasions, comme on l'a encore vu vendredi soir à Lokeren. Ce n'est pas un hasard si les Rouches possèdent la meilleure défense et la deuxième attaque, avec le meilleur duo de pointe du championnat, Batshuayi et Imoh Ezekiel, qui ont marqué 23 buts et délivré dix assists, ensemble. Le Standard, qui bénéficie d'un programme relativement facile - hormis le déplacement au Club Bruges - peut encore creuser son avantage et entamer les PO1 avec une marge confortable, malgré la division des points par deux. L'entraîneur Guy Luzon a donc raison et les supporters qui avaient honni Roland Duchâtelet en été vont lui dérouler le tapis rouge. Reste à savoir si le président, qui avait annoncé vouloir vendre le club, en pleine tempête, changera d'avis. La révolte née l'été dernier l'a profondément touché. PAR JACQUES SYSLe Standard va encore creuser son avantage.