Tout le monde est bien d'accord, la mouvance est énorme dans le secteur des footballeurs professionnels. L'arrêt Bosman a fait énormément pour détricoter les certitudes des entraîneurs mais augmenter la liberté des joueurs. Si, au début, les dirigeants des clubs ont beaucoup pleurniché, ils se sont rapidement pliés aux nouvelles lois du marché et ont fait comprendre à leurs entraîneurs qu'il ne servait à rien de s'en faire si des bons joueurs les quittaient trop souvent. Au contraire, le compte en banque du club s'en trouvait mieux et "on trouvera toujours le joueur qui nous convient".
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Tout le monde est bien d'accord, la mouvance est énorme dans le secteur des footballeurs professionnels. L'arrêt Bosman a fait énormément pour détricoter les certitudes des entraîneurs mais augmenter la liberté des joueurs. Si, au début, les dirigeants des clubs ont beaucoup pleurniché, ils se sont rapidement pliés aux nouvelles lois du marché et ont fait comprendre à leurs entraîneurs qu'il ne servait à rien de s'en faire si des bons joueurs les quittaient trop souvent. Au contraire, le compte en banque du club s'en trouvait mieux et "on trouvera toujours le joueur qui nous convient". Prenez Anderlecht. On verra cette saison à quel point Koller était important pour l'équipe. Sauf si l'entraîneur imagine un autre système de jeu, plus performant que le jeu simpliste assaisonné par l'exhausteur de goût tchèque. Le club champion a foi en son nouvel avenir et n'a pas estimé devoir conserver le double mètre à tout prix. Et puis, comment refuser un demi-milliard de francs? Si on additionne les sommes de transferts engrangées aux bénéfices de la Ligue des Champions, Anderlecht doit avoir encaissé 1,5 milliard environ ces derniers mois. Et il a de la réserve car il n'aurait réinjecté qu'un cinquième environ de cette somme dans le noyau actuel. Non, il n'a pas engagé une star euroépenne.On verra si c'est suffisant. Une observation qui vaut également pour les autres clubs-phares du championnat. Dans le grand supermarché du foot professionnel, les seuls garde-fous sont les entraîneurs. Les dirigeants craquent pour le nombre de zéros que peut rapporter telle ou telle vente, mais les coaches restent le plus près de la vérité du jeu.Pour s'en tirer, ils n'ont guère de possibilités : ils doivent s'attacher à développer le plus vite possible un système de jeu clair. Et à l'enraciner dans tous les types de mémoires de leurs joueurs. C'est indispensable car de la sorte, il y aura toujours une majorité de joueurs capables de fonctionner et d'intégrer le ou les nouveaux venus. Pour remplacer le ou les partant(s), l'entraîneur ne sera pas totalement à la merci, non plus, de ses dirigeants et de leurs managers préférés toujours à la recherche de la "super affaire". Au contraire, il pourra exactement leur demander ce dont il a besoin. C'est pour cela que les observateurs ont tendance à dire que Sollied est moins désavantagé qu' Anthuenis ou Preud'homme. Pas nécessairement parce que le Norvégien a moins de nouveaux joueurs à intégrer (ce qui serait en principe un avantage car on transfère pour s'améliorer), mais parce que son système est bien en place. Anthuenis doit encore effectuer une authentique transition vers un 4-3-3 (avec un vrai rôle pour Stoica). Une transition que Preud'homme a déjà engagée depuis qu'il est revenu à Sclessin. La saison dernière, Sollied a estimé que Bruges a continué à bien jouer -même en perdant son leadership-, mais qu'il ne parvenait pas à concrétiser toutes les occasions qu'il se créait. Anderlecht a manqué beaucoup d'occasions aussi... sauf en Ligue des Champions où la réussite fut de son côté. Et le Standard doit maintenant fournir la preuve qu'il est capable de pratiquer un foot un peu moins physique mais un peu plus inspiré que la saison dernière, sous peine de ne pas pouvoir enregistrer les progrès qui s'imposent.Outre ce trio d'entraîneurs, le championnat de Belgique recèle d'autres bons professionnels dont les représentants de l'école française, le duo Leclerq- Remy. Tous ces coaches savent très bien qu'ils vivent en première ligne, qu'ils sertont visés par les supporters si les résultats ne suivent pas et oubliés (au profit des joueurs) si les points s'accumulent. Ils sont sans aucun doute les acteurs les plus fragiles du championnat. A condition de prôner un foot positif, ils doivent avoir droit à toute notre considération. C'est de la compétence de leur secteur que dépend la réussite d'un championnat et la valeur de tout un pays. Wouah! Bonjour la pression. John Baete