Si l'on s'en tient aux seuls chiffres, point n'est besoin de suivre de près la F1 pour comprendre que Lewis Hamilton et Mark Webber sont les grands gagnants du GP de Belgique. Le premier nommé a effacé sa défaite sur le tapis vert en 2008 (il avait été pénalisé de 25 secondes après l'arrivée pour un dépassement litigieux sur Kimi Raikkonen et laissé sa victoire à Felipe Massa) mais en plus de cette vengeance, il a profité de l'étape belge pour reprendre le leadership au championnat du monde.
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Si l'on s'en tient aux seuls chiffres, point n'est besoin de suivre de près la F1 pour comprendre que Lewis Hamilton et Mark Webber sont les grands gagnants du GP de Belgique. Le premier nommé a effacé sa défaite sur le tapis vert en 2008 (il avait été pénalisé de 25 secondes après l'arrivée pour un dépassement litigieux sur Kimi Raikkonen et laissé sa victoire à Felipe Massa) mais en plus de cette vengeance, il a profité de l'étape belge pour reprendre le leadership au championnat du monde. Le second a remarquablement limité les dégâts sur un tracé qu'il redoutait : " Même si elle a été améliorée, la vitesse maxi reste l'un des points faibles de la Red Bull-Renault ", expliquait-il en débarquant à Spa-Francorchamps. "Faut-il ajouter que sa 2e place comblait l'Australien qui se réjouissait - secrètement, cohabitation sous le même toit oblige... - des soucis ayant rejeté son équipier Sebastian Vettel à l'arrière-plan. Avec le jeune Allemand, on passe évidemment dans le clan des perdants. Comme on le craignait, Baby Shumi a confondu vitesse et précipitation durant cette course rendue délicate par la météo changeante. Il a commencé par éliminer Jenson Button au freinage de la chicane (ce qui lui a valu un drive through - passage par la pitlane - de pénalité) puis s'est imposé trop sèchement devant Vitantonio Liuzzi, toujours à la chicane. Il a été puni de cette man£uvre par une crevaison et un tour complet avec un pneu à plat qui ont ruiné définitivement ses chances de se classer en ordre utile. On vient de le voir, Button a été victime de la fougue de Vettel mais contrairement à son " agresseur ", le champion du monde n'a pas pu reprendre sa place dans la ronde, sa McLaren-Mercedes ayant été trop endommagée dans le choc : " Un accident bizarre : j'ai senti brutalement un grand choc puis j'ai vu le nez de la Red Bull qui détruisait le flanc gauche de ma voiture. Cet abandon constitue un sérieux revers dans la course au titre. C'est d'autant plus râlant que je n'en suis nullement responsable et que je me sentais capable de signer un excellent résultat ; on sait que j'apprécie les conditions délicates qui imposent de prendre certaines options parfois osées dans les choix de pneus... " Fernando Alonso pouvait aussi s'estimer lésé par la man£uvre d'un adversaire, en l'occurrence Rubens Barrichello qu'on ne peut pourtant pas soupçonner d'excès de fougue ou d'inexpérience, lui qui fêtait ce dimanche son 300e GP. Mais le Brésilien, surpris par la première averse, n'a pu maîtriser sa Williams au freinage de la chicane (encore...) et a heurté de plein fouet le pilote Ferrari. Contraint de repasser par le stand, celui-ci a pu repartir et il était remonté au 8e rang quand il s'est laissé piéger par un changement d'adhérence à la sortie du virage des Combes. Ce GP de Belgique marquait la fin du deuxième tiers de la saison, six courses restant au programme. Des cinq prétendants déclarés au titre, Button est celui qui a le moins bien négocié la période estivale : depuis Silverstone - soit en quatre manches - l'Anglais n'a inscrit que 26 petites unités ; un bilan nettement inférieur à celui de ses adversaires, qu'il s'agisse de Vettel (36), Alonso (43), Hamilton (55) et surtout Webber (76). On en vient par ce biais à l'un des attraits de la réglementation entrée en vigueur cette année : le vainqueur marque désormais 25 points tandis que son dauphin en empoche 18 et le 3e classé 15. En clair, cela signifie que 150 unités restent à prendre d'ici la ligne d'arrivée à Abu Dhabi ; c'est dire si Hamilton et Webber auraient grand tort de s'imaginer que leurs trois adversaires sont désormais hors du coup et que la fin de championnat prendra l'allure d'un duel anglo-australien. Il faudra sans doute attendre le Brésil, avant-dernier round, pour y voir vraiment plus clair. N'oublions pas aussi que certains trouble-fêtes ne manqueront pas de mettre leur grain de sel dans l'histoire. On songe notamment à Felipe Massa ou à Robert Kubica, excellent 3e à Spa-Francorchamps au volant d'une Renault qui a définitivement pris l'ascendant sur les Mercedes de Nico Rosberg et Michael Schumacher. En un mot comme en cent, le championnat est très loin d'être joué. par éric faure - photo: belga