Depuis qu'Europol a parlé de quelque 700 matches falsifiés, dont la moitié en Europe, le match fixing fait la une des pages sportives. Les enquêteurs ont cité des joutes de Ligue des Champions et des matches internationaux, sans vouloir dire de quelles parties il s'agissait. Mais au fond, de quelles informations dispose le quartier général d'Europol, à La Haye, au sujet des manipulations de grands matches internationaux ? Une grande partie de l'enquête européenne est basée sur le brillant travail effectué en Allemagne.
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Depuis qu'Europol a parlé de quelque 700 matches falsifiés, dont la moitié en Europe, le match fixing fait la une des pages sportives. Les enquêteurs ont cité des joutes de Ligue des Champions et des matches internationaux, sans vouloir dire de quelles parties il s'agissait. Mais au fond, de quelles informations dispose le quartier général d'Europol, à La Haye, au sujet des manipulations de grands matches internationaux ? Une grande partie de l'enquête européenne est basée sur le brillant travail effectué en Allemagne. Depuis 2009, la police allemande traque des criminels du secteur de la prostitution, une redoutable bande de Croates et de Turcs. La mise sur écoute de leurs téléphones donne un résultat étrange. Brusquement, les enquêteurs entendent parler de Liverpool et de la Fiorentina. Heureusement, nos voisins prennent la mafia des paris au sérieux. Ils poursuivent leur écoute et, pour la première fois de l'histoire, prennent des truqueurs en flagrant délit : ils sont en train de trafiquer un match de Ligue des Champions. Tout commence par le coup de fil d'un Néerlandais, Paul Rooij. Il téléphone de Noordwijk. Il est en colère. Son correspondant, le Croate Marijo Cvrtak, qui a corrompu l'UR Namur et moult matches de notre D2, n'est pas content non plus. Ils se téléphonent en septembre 2009, après un match de Ligue des Champions ayant opposé Liverpool à Debrecen. C'est la première journée d'une édition qui va aboutir à la finale entre le Bayern et l'Inter. Pour les parieurs, la saison internationale de football ne pouvait commencer plus mal. Un maigre 1-0 pour les Anglais. Dirk Kuijt profite de la maladresse du gardien adverse, qui a lâché un bête tir de Fernando Torres. L'attaquant ne sait pas que le gardien des Hongrois a été approché pour fausser le match. Il pique un sprint, en brandissant un poing triomphant à l'adresse de ses supporters mais Liverpool ne trouve plus le chemin des filets. Les deux truqueurs enragent car cela leur coûte une fortune. " Steven Gerrard aurait dû tenter sa chance plus souvent ", aboie Cvrtak dans son gsm. On peut bien sûr corrompre le gardien mais tous ces footballeurs anglais, grassement payés, ne font pas partie de la combine. Les truqueurs n'en ont pas tenu compte. Heureusement pour eux, ce n'est que le premier tour et ils auront encore de nombreuses occasions de se... racheter. Debrecen semble être une cible de choix pour la mafia des paris. Nul ne s'étonnera que cette modeste formation hongroise perde des matches sur des scores étranges. Après tout, les spécialistes ne lui accordent pas l'ombre d'une chance, dans une poule qui comporte également Liverpool, la Fiorentina et l'Olympique Lyon. Au pays, nul ne lui en voudra non plus de ne pas glaner le moindre point. La qualification de Debrecen pour le tournoi le plus prestigieux a éveillé l'intérêt de la pègre. Pour les escrocs qui gagnent leur vie en truquant des rencontres, les affiches sont particulièrement intéressantes. Le bookmaker asiatique moyen enregistre x fois plus de paris sur un match de Liverpool que sur une rencontre de Deuxième Bundesliga, où la bande allemande est également active. Rien qu'en Asie, les paris s'élèvent à des dizaines de millions par match. On a même misé un total d'un milliard sur la finale de la Ligue des Champions. Quelques billets de plus ou de moins passent donc inaperçus alors que, s'il s'agissait d'un petit match, les bookmakers seraient immédiatement sur leurs gardes. La manipulation de grands matches n'est pas encore simple car les grands joueurs gagnent des fortunes et ne s'intéressent pas aux pots-de-vin. Par contre, la qualification d'un petit club de l'Est pour la Ligue des Champions est un cadeau du ciel pour les truqueurs. Les salaires sont nettement inférieurs en Hongrie. Selon une enquête du syndicat des joueurs, 22 % des joueurs y sont payés trop tard, voire pas du tout. Ils sont donc plus facilement corruptibles. Après le déplacement à Liverpool, le gardien de Debrecen fait encore parler de lui. Toujours à l'écoute, les détectives entendent clairement la voix du chef de bande Ante Sapina. Il s'agit encore d'un grand match. Cette fois, c'est la confrontation avec la Fiorentina. Tromperie en Ligue des Champions ! Impossible de frapper plus haut. Les mafieux ont choisi l'acteur chargé de falsifier le match : Vukasin Poleksic. Compte tenu de ses 23 sélections nationales, le Monténégrin est le meilleur gardien de son pays. Debrecen a conquis le titre 2009 grâce à ses performances. Le 20 octobre 2009, toute la Hongrie est rivée à son petit écran pour le match contre la Fiorentina. Le stade Ferenc Puskas de Budapest est quasi comble. Après quelques minutes, le marquoir affiche déjà le score de 1-3. Il n'est que 20.55 heures mais le stade est plongé dans la stupeur et l'affliction. Les supporters ont perdu une illusion de plus. Adrian Mutu, auteur de deux buts, est la star de la soirée. Quelque part en Allemagne, un Croate et un Turc suivent la partie avec un autre regard. Les deux hommes ne reculent devant rien. Ils ont cherché à approcher des joueurs. Ils ont une hotline. Le jour du match, le 20 octobre, ils téléphonent, de même que le 21 octobre puis le 5 novembre. Chaque fois, il s'agit de Debrecen-Fiorentina, qu'ils ont tenté de manipuler. Le match s'achève sur le score de 3-4 et six des sept buts ont été marqués en première mi-temps. Les enquêteurs de Bochum soupirent. Il est très difficile de prouver une falsification de match. Sur base de ces entretiens, la police ne peut pas déterminer quel résultat la mafia des paris visait. Peut-être même la tromperie a-t-elle échoué. Une chose est certaine : des membres haut placés du cartel ont approché des joueurs. Les criminels parlent d'un gardien et d'un défenseur. Les enregistrements constituent une sorte de puzzle. On ne peut tout reconstituer sur base des seules données téléphoniques car les criminels se rencontrent et quand ils doivent se contacter, ils ont recours à Skype. La police comprend cependant que l'UEFA est confrontée à une sale affaire et elle envoie les meilleurs extraits des enregistrements au siège central de celle-ci, à Nyon. Marijo Cvrtak, arrêté depuis, parle manifestement du match Debrecen-Fiorentina à Ante Sapina, également condamné : " Ils ont marqué trois buts avant même que le match ait commencé. " " Mutlin (...) est seul contre trois (...) et (...) ok, il n'a pas pu arrêter le troisième(...). " " Mais trois (...) est autour de lui. Tu comprends ? ! " " Mais je ne peux pas voir l'autre. Je n'ai pas pu distinguer le numéro. Je n'ai vu que le 17. " Le numéro 17 est le défenseur Norbert Meszaros. Les Allemands le soupçonnent de falsifier le match, comme le gardien, surtout après l'analyse des communications entre les gangsters croates. La plus importante date du 21 octobre 2009. Il est 20.49 heures. Le lendemain du match. Marijo Cvrtak envoie un message à un comparse du nom d'Ivan Panic : " Broj 17 je bio na kavi. " En français : " Le numéro 17 était au café. " Les enquêteurs mettent le sms en rapport avec les rencontres dont a eu vent leur agent infiltré. Son identité est tenue secrète, pour sa protection. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il travaille pour la justice allemande. Dans les dossiers, il explique que la mafia et les joueurs se sont rencontrés dans un bar avant et après le match. Ce sale petit jeu prend des contours plus nets. La police n'a plus aucun doute quant à l'implication des joueurs. Plusieurs joutes internationales sont dans la visière de la bande. Plus tard, Sapina avouera avoir tenté d'acheter un match d'Europa League. Il explique aux enquêteurs de Flankengott comment il commande un arbitre en Ukraine : " Il s'agissait d'un match à Bâle, le 5 novembre 2009. Une recherche sur internet m'a appris que c'était un arbitre de catégorie deux et qu'il allait diriger de beaux matches. " Sapina approche sa cible, un certain Oleg Oriekhov. " Je me suis rendu en Ukraine pour le rencontrer mais ça ne s'est pas déroulé comme je l'avais imaginé. " L'homme a des exigences plus élevées. Il ne veut pas seulement de l'argent mais de plus belles affiches. Sapina explique qu'un proche de l'arbitre a eu une idée. " Il m'a suggéré de le convaincre de truquer un match en échange d'une promotion dans une catégorie supérieure à l'UEFA. " Il sait donc que le criminel entretient d'excellents contacts avec certaines personnes, au siège de Nyon. Ils trouvent rapidement un accord financier. " À ce stade, nous avions déjà discuté argent. Il s'agissait de 30 ou de 40.000 euros. " Les deux hommes se rencontrent à nouveau le lendemain, non loin du stade où se déroulera la finale de l'EURO 2012. " Dans un restaurant de Kiev. Durant notre entrevue, j'ai assuré Oriekhov de sa promotion. " Le truc capote. " Il m'a dit que ça ne l'intéressait pas car il était déjà trop âgé. C'était difficile. Je lui ai demandé s'il pouvait me certifier qu'il y aurait deux buts en deuxième mi-temps. " Une semaine avant le match, une bonne nouvelle : l'arbitre accepte mais il veut d'abord voir son argent. Il faut amener le liquide en Ukraine. On répartit l'argent dans plusieurs valises. " Nous avons convenu que trois personnes lui apporteraient l'argent pour éviter tout problème avec la douane. " Le paiement est effectué. Il ne reste plus qu'à parier. Satisfaits, les mafieux voient l'arbitre désigné pour le match du FC Bâle contre le CSKA Sofia. Comble de l'ironie, le match se déroule donc en Suisse, non loin des sièges de la FIFA et de l'UEFA. Sapina confie aux membres de son réseau que cet Oriekhov est peut-être bien un bon pion. En pleine nuit, il est en réunion avec ses copains Cvrtak et Tuna Akbulut, qui sont également en contact avec le fameux Paul des Pays-Bas. Ils discutent du match à venir et tiennent à l'oeil les sites de paris. Ils savent que les cotations des bookmakers sont en baisse. " Cela ne change rien. Ils ne parient que sur le nombre de buts. " Cvrtak confirme avoir rencontré l'arbitre et lui avoir apporté de l'argent. " Ils parient sur le nombre de buts en seconde période. Mais il (l'arbitre, ndlr) a besoin de trois buts. Il y aura un but en première mi-temps et deux en seconde. " Le soir suivant, 15.000 personnes sont présentes au stade de Bâle. D'après le compte-rendu de l'UEFA, le CSKA est plus fort durant la première demi-heure puis le cours du match change " de manière dramatique ". Bâle ouvre la marque puis l'arbitre siffle penalty, ce qui scelle le match. Au début de la mi-temps, Sapina s'empare de son gsm et téléphone à Cvrtak. Ils discutent de l'arbitrage. Ils n'apprécient pas le penalty accordé : il aurait mieux valu qu'il tombe en seconde mi-temps. Les 45 prochaines minutes vont être décisives. Le score est déjà de 2-0 mais ils s'en fichent. Ils ont parié sur deux buts inscrits après le repos. 4-0, 3-1 ou 2-2, peu leur chaut. Au grand soulagement des truqueurs, le score passe à 3-1. L'affaire est vite réglée, avec des buts à la 61' et à la 67'. Le pari est gagné. Les hommes ne sont pourtant pas vraiment satisfaits : cet Ukrainien ne manque pas d'audace. En accordant un penalty en première mi-temps, il s'est privé de la latitude d'en accorder deux en seconde période. Heureusement pour Oriekhov, tout s'est bien déroulé cette fois-ci mais ils lui font savoir, par un intermédiaire, qu'il vaudrait mieux ne plus les ennuyer la prochaine fois. Car il y en aura une : une fois que vous avez accepté de l'argent, vous êtes pris dans les rets de la mafia. Quatre jours après le match, le cartel confie une autre mission à l'arbitre. Il n'y a pas de nouveau trucage. Avant la rencontre, la police arrête les meneurs de la bande. Seul Paul lui échappe. L'UEFA, qui n'a pas encore la moindre idée de ces activités illégales, suspend immédiatement l'arbitre. Celui-ci proteste quand il est confronté à Peter Limacher, le responsable de la commission disciplinaire : " Ils ont dit que je pouvais devenir millionnaire en l'espace de deux ou trois ans en manipulant des matches. " Il raconte qu'il ne l'a pas fait et qu'il ne voulait pas être mêlé à ça. Pourquoi n'a-t-il pas prévenu l'UEFA, dans ce cas ? " Parce que j'avais peur pour ma famille. " On en apprend davantage au fil des arrestations. Le 14 mai, le chef du réseau, Ante Sapina, apporte un éclairage sur les étranges conversations téléphoniques concernant les matches de Ligue des Champions de Debrecen. Nous sommes à huit jours de la finale. Cette date est historique pour le football. Pour la première fois, un criminel confirme qu'il y a eu corruption en Ligue des Champions. Il reconnaît avoir effectué une tentative mais elle a échoué. " Les joueurs ont refusé de collaborer. " Il parle de 100.000 euros, emballés dans un sachet en plastique. Le gardien devait aller le chercher chez un homme de confiance à Vienne mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Après l'enregistrement de ces déclarations, les enquêteurs allemands avertissent leurs collègues étrangers. Les Hongrois réagissent directement. Le lendemain, la police de Budapest interroge huit joueurs et un manager qui représente de nombreux footballeurs de Debrecen. Personne n'avoue. L'enquête piétine également à Bochum. L'interrogatoire de Marijo Cvrtak n'apporte rien. " Le match n'était pas truqué. " Les Allemands s'arrêtent là. Le match n'a pas eu lieu sur leur territoire et l'UEFA n'a qu'à s'en occuper. Ils envoient leurs preuves à Nyon mais là, les gens ne pensent qu'au voyage à Madrid, d'où ils vont suivre la finale depuis la tribune d'honneur. De délicieux buffets, des jeunes dames à hauts talons et entre les coups, l'affiche entre le Bayern et l'Inter. Voilà que ces fanatiques d'Allemands viennent gâcher la fête. Des matches truqués ? Quelle mauvaise nouvelle. Avec plus de cent millions de téléspectateurs, la finale est l'événement sportif le plus suivi du monde. Les intérêts financiers en jeu sont énormes. L'UEFA n'a vraiment pas envie qu'on apporte des preuves de corruption à ce moment. Les dossiers sont renvoyés à la commission disciplinaire, qui est chargée de les étudier en cercle restreint, de manière confidentielle. Le 22 mai, ses membres sont installés dans la tribune d'honneur, le visage de marbre. Plus tard, quand Wesley Sneijder brandit la coupe, les dirigeants se lèvent pour le féliciter. Ils applaudissent quand le canon à confettis projette des papiers noirs et bleus dans le ciel, sous le regard de 109 millions d'amateurs de football. Le mois suivant, les interrogatoires commencent, loin des regards. Alors que la Coupe du Monde débute en Afrique du Sud, dans le plus grand secret, l'UEFA fait la connaissance de monsieur X, l'agent allemand infiltré. X parle des rencontres des criminels avec le gardien de Debrecen. Ils se sont retrouvés dans un bar, deux jours avant le match contre la Fiorentina et, oui, même quelques heures avant le match. Cela ne peut quand même pas être vrai ? Les vieux bonzes de l'UEFA sont terrassés. Ils demandent au staff de Debrecen l'emploi du temps ce jour-là. Ils y lisent ce qu'ils redoutaient : les joueurs étaient libres de 15.45 heures à 18.30 heures. Cela ne fait plus le moindre doute : Poleksic et Meszaros collaborent avec la mafia. L'UEFA les suspend. Poleksic deux ans et demi, Meszaros un an et demi. Elle n'a pas la preuve que les ordres de la mafia ont bel et bien été exécutés mais peu importe : " Nous exigeons la loyauté totale des joueurs, y compris leur franchise dans des situations de corruption et de falsification de matches. D'où cette tolérance zéro. Si on détermine le nombre de buts, les supporters n'auront plus envie de suivre les matches et ce sera la fin du football. " Michel Platini, le président de l'UEFA, demande l'aide de l'Europe. Tous les experts le préviennent que bien d'autres faits de ce genre vont émerger. Qui sait jusqu'où ces mafias ont pu pénétrer. La liste noire de Bochum comporte déjà 24 matches internationaux et elle ne concerne qu'un seul cartel, en l'espace d'une année. Nul ne sait combien de mafiosi sont impliqués. On a découvert ce réseau par hasard mais il n'y a jamais eu de véritable enquête et personne ne connaît l'ancrage réel de la pègre dans le football. Des sanctions lourdes, qui font peur, constituent la meilleure option. Les joueurs ne comprennent pas. Comme les criminels de Bochum, ils disent que le Fiorentina Fiks n'a finalement pas eu lieu. Confiants, ils vont en appel. D'abord devant l'UEFA, qui maintient les sanctions, puis devant le TAS, le tribunal international du sport. Avec succès. Meszaros parvient à semer la confusion à propos du sms envoyé par les gangsters croates. Il pourrait tout aussi bien signifier : " Le numéro 17 a été boire un café. " Il demande à son camarade de chambre de confirmer que, le jour du match, il a passé son temps libre à l'hôtel et non dans un bar, en compagnie de criminels. Le juge du TAS opine et demande à la fédération : " Avez-vous plus de preuves ? " Non, l'UEFA n'a que les enregistrements téléphoniques, les sms interceptés et les déclarations d'un agent infiltré. Si cela ne suffit pas... Peu après, un Meszaros soulagé sort du tribunal. Il est acquitté. En mai 2011, le TAS annule sa suspension. Debrecen peut recommencer à lui verser son salaire. Le défenseur renfile son maillot au numéro 17. Il rate les matches d'Europa League contre le PSV mais il est à nouveau qualifié pour les tours préliminaires de la Ligue des Champions. L'appel de Meszaros met cruellement à nu l'impuissance de l'UEFA. Elle a rarement bénéficié d'une telle collaboration avec la police et même ainsi, les réseaux semblent invincibles. Comment pourra-t-elle jamais gagner son combat contre les truqueurs ? Sans forces de police spéciales, c'est impossible. La sanction de Poleksic est maintenue. L'international monténégrin ne peut remonter sur le terrain que le 1er juillet 2012. Il n'a que 29 ans et il est immédiatement repris dans la sélection. Le 23 août, les deux joueurs sont sur le terrain. Contre le Club Bruges, qui s'impose 0-3 à Debrecen. Tous les buts sont inscrits en deuxième mi-temps, quand l'équipe locale est réduite à dix, après un vilain coup du Hondurien Ramos sur la jambe de Refaelov. Des buts de Blondel, Refaelov et Bacca dans les arrêts de jeu scellent la qualification du Club, avant même le match retour. Si Europol a clarifié une chose, c'est bien l'invisibilité de la tromperie. Les écoutes remontent à plus de trois ans. Bien que l'affaire pue et que les journaux en parlent, ni la fédération internationale ni la justice ne sont parvenues à démontrer de manière irréfutable la falsification de matches de Ligue des Champions. En pratique, il est extrêmement difficile d'opérer le lien entre la tricherie sur le terrain et les afflux d'argent. Dans ce cas-ci, la mission est partie de Berlin mais a été exécutée à Liverpool et à Debrecen. Pour autant que la police des pays concernés s'intéresse au phénomène, elle n'en discerne jamais qu'une infime partie. La presse internationale s'est emparée de l'affaire parce qu'Europol l'a dévoilée. Debrecen apparaît à quatre reprises dans les dossiers de Bochum. Un troisième match international, contre le club suisse des Young Boys, y figure. Jusqu'à présent, on ne sait pas si la Fiorentina s'est imposée grâce à un brillant Mutu ou grâce à un gardien corrompu. En tout cas, Debrecen n'a pas gagné le moindre point. La Fiorentina a terminé première de sa poule et a été éliminée par le Bayern, le futur finaliste. L'UEFA est parvenue à confondre Oriekhov. Les enregistrements fournis par la police ont prouvé que l'arbitre avait accepté de l'argent. Vous vous demandez combien d'Oriekhov continuent à siffler des matches internationaux. Sans la déclaration d'Ante Sapina, cet arbitre corrompu n'aurait sans doute jamais été sanctionné. Le rôle de la commission arbitrale de l'UEFA reste trouble. Les gangsters ont-ils obtenu de l'aide au sein même de l'UEFA ? Sinon, comment Sapina aurait-il pu promettre une promotion à l'arbitre ? Cet aspect n'a jamais été éclairci. IWAN VAN DUREN & TOM KNIPPING - PHOTOS: IMAGEGLOBEDès qu'un arbitre a accepté de l'argent, il est pris dans les rets de la mafia. La présence en phase des groupes de la Ligue des Champions d'un modeste représentant de l'Est, comme Debrecen, est un cadeau du ciel pour les truqueurs.