Selon le Petit Robert, la " Trêve des Confiseurs " signifie la suspension des activités politico-économiques durant les fêtes de fin d'année : et depuis le temps que vous et moi lisons les pages sportives des journaux, nous savons que la métaphore fait aussi florès pour désigner l'hibernation footeuse. L'expression jolie évoque ces gosses qui vont, durant quelques semaines, cesser de penser foot pour penser sucres d'orge, loukoums, pralines, sucettes ou berlingots... Et elle interpelle ces grands gosses que nous sommes restés, qui font eux aussi ceinture question football : nos confiseries à nous s'appellent quelque jour champagne, dindes aux marrons, bordeaux, foies gras, crises de foie, grande bouffe et pousse-café... Ou plutôt s'appelaient.
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Selon le Petit Robert, la " Trêve des Confiseurs " signifie la suspension des activités politico-économiques durant les fêtes de fin d'année : et depuis le temps que vous et moi lisons les pages sportives des journaux, nous savons que la métaphore fait aussi florès pour désigner l'hibernation footeuse. L'expression jolie évoque ces gosses qui vont, durant quelques semaines, cesser de penser foot pour penser sucres d'orge, loukoums, pralines, sucettes ou berlingots... Et elle interpelle ces grands gosses que nous sommes restés, qui font eux aussi ceinture question football : nos confiseries à nous s'appellent quelque jour champagne, dindes aux marrons, bordeaux, foies gras, crises de foie, grande bouffe et pousse-café... Ou plutôt s'appelaient. Car ce monde est révolu, la Trêve des Confiseurs est bel et bien flinguée, y'a partout de l'eau dans le gaz de l'hibernation footeuse ! Il n'y a pas de matches, mais la guerre du foot bat son plein comme jamais : malgré Jésus, Sylvestre et les Rois Mages ! Par le biais d'une saloperie monstrueuse ayant nom Mercato ! Tableau de famille : d'un côté le lobby des clubs affairistes, de l'autre la couardise de fédérations sans éthique. Le premier engrosse la seconde et ça donne Mercato, rejeton incestueux que je vomis. Hosanna, voici qu'est née la Trêve des Profiteurs : la compète fait relâche, et tout le monde s'en va succomber à des emplettes minables, qui n'ont rien à voir avec l'esprit du jeu ! J'en ferai un plat jusqu'à trépas : on démarre une compétition avec un groupe, on la termine avec ce même groupe, assumant tous le résultat quel qu'il soit ! Malgré les blessés, les décevants et les boudeurs sur banc, avec les jeunes derrière qui n'attendent que leur tour ! Transférer en cours de saison, c'est du recours artificiel à un adjuvant extérieur, c'est du dopage de collectivité, c'est de la triche ! Les lois autorisent les caprices de gamins gâtés, pleurnichant sur la maigreur de leur temps de jeu ou salivant à l'idée d'un salaire doublé, quittant du jour au lendemain ceux qu'ils prétendaient leurs potes pour débarquer ailleurs sans gêne aucune. Les lois autorisent les dirigeants à confondre joueurs et bétail, descente et péché mortel, gestion et indigestion, vaincre et participer. Imaginons Real-United en finale de la Ligue des Champions. Ronaldo ouvre le score, se fait transférer à la mi-temps, et égalise pour Manchester : ça atteindrait les cimes du ridicule.... alors que ce n'est jamais que le même film que maintenant, mais à vitesse accélérée ! On ne peut pas d'un côté encenser les sports d'équipes parce qu'il sont porteurs de valeurs humaines essentielles comme l'apprentissage de la solidarité ou l'acceptation de l'échec,... et d'un autre côté adhérer au principe du mercato : que tu te balades du côté de ton âme ou du côté de ta cervelle, c'est intrinsèquement contradictoire. Bien sûr, ça permet de frémir un peu par procuration, c'est toujours ça de pris : Filip DeWilde va de nouveau barrer Zvonko Milojevic... Marc Grosjean doit être sacrément motivé... Danny Boffin déclare " Je veux apporter mon expérience aux jeunes ! " et Mustapha Oussalah se taille le lendemain... Jean-Marc Guillou envoie " son " Yaya Touré pour ainsi dire en Sibérie... Mbo Mpenza et Jean-Pierre Detrem' ferrent deux gros poissons pour au moins en tirer un... Mais le mercato est d'abord un chancre : on voudrait pouvoir tout mettre sur le dos de Jean-Marc Bosman, et se dire que c'est un demi-mal puisque limité au foot pro... Hélas, Mercato est un virus qui s'insinue partout : par échelons et jusqu'en promotions, les joueurs virevoltent en ce moment comme les figurines Panini ! Même chez moi, en P1 de la Belle Province, le foot est moins bucolique qu'on pourrait croire. La lanterne rouge du moment vient d'acquérir quatre gars surgis de nulle part : il paraît que c'est réglo, quoiqu'il me faudrait un top juriste pour comprendre les subtilités fédérales en matière de transferts amateurs... N'empêche que s'ils se maintiennent et que mon club descend, je me verrai dans l'obligation de beaucoup boire pour avaler la pilule. par Bernard Jeunejean " Des EMPLETTES MINABLES qui n'ont rien à voir avec l'ESPRIT DU JEU ! "