Il faut bien avouer que comme beaucoup de monde, on n'y croyait pas trop à cette équipe de Mouscron. A force de bricolages et de bouts de ficelle, on se demandait combien de temps cela allait tenir. Le début de championnat ne faisait que renforcer l'idée générale que Mouscron ne ferait plus de vieux os en D1. Donner les clés du club à un agent ne résonnait pas comme un chant d'espoir mais davantage comme les cris des charognards prêts à dépecer la pauvre victime. Et pourtant, après un mois d'août chaotique et le départ du directeur technique, Teni Yerima, à quelques jours de la fin du mercato, cela semble fonctionner. Le Canonnier a retrouvé de la sérénité et la sauce prend entre les joueurs issus de la première phase d'arrivées (pilotée par Roland Louf et centrée sur la prolongation de contrats de joueurs amenés par le LOSC et sur des joueurs issus de divisions inférieures), de la deuxième phase (quand l'Excel ressemblait à un hall d'aéroport et qui aboutit aux transferts de joueurs issus d'horizons lointains) et de la troisième phase (celle pilotée par Yuri Selak, le remplaçant de Yerima, et qui actionna ses réseaux - notamment Mogi Bayat - pour conclure l'arrivée de joueurs connaissant le championnat belge). Aujourd'hui, le noyau est certes très fourni (trop ?) mais il offre de réelles possibilités à Cedomir Janevski qui, alors que tout le monde s'attendait à ce qu'il saute au matin du match contre le Club de Bruges, vient de signer trois victoires et un nul en quatre rencontres, toutes compétitions confondues.
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Il faut bien avouer que comme beaucoup de monde, on n'y croyait pas trop à cette équipe de Mouscron. A force de bricolages et de bouts de ficelle, on se demandait combien de temps cela allait tenir. Le début de championnat ne faisait que renforcer l'idée générale que Mouscron ne ferait plus de vieux os en D1. Donner les clés du club à un agent ne résonnait pas comme un chant d'espoir mais davantage comme les cris des charognards prêts à dépecer la pauvre victime. Et pourtant, après un mois d'août chaotique et le départ du directeur technique, Teni Yerima, à quelques jours de la fin du mercato, cela semble fonctionner. Le Canonnier a retrouvé de la sérénité et la sauce prend entre les joueurs issus de la première phase d'arrivées (pilotée par Roland Louf et centrée sur la prolongation de contrats de joueurs amenés par le LOSC et sur des joueurs issus de divisions inférieures), de la deuxième phase (quand l'Excel ressemblait à un hall d'aéroport et qui aboutit aux transferts de joueurs issus d'horizons lointains) et de la troisième phase (celle pilotée par Yuri Selak, le remplaçant de Yerima, et qui actionna ses réseaux - notamment Mogi Bayat - pour conclure l'arrivée de joueurs connaissant le championnat belge). Aujourd'hui, le noyau est certes très fourni (trop ?) mais il offre de réelles possibilités à Cedomir Janevski qui, alors que tout le monde s'attendait à ce qu'il saute au matin du match contre le Club de Bruges, vient de signer trois victoires et un nul en quatre rencontres, toutes compétitions confondues. Samedi soir. Le RMP, bientôt rebaptisé Excel comme au bon vieux temps, accueille le leader ostendais. Un mois plus tôt, tout le monde se serait demandé à quelle sauce les hommes de Janevski allaient être mangés. Plus maintenant. Le RMP propose de belles séquences, prend deux fois l'avantage et pousse le leader au partage (2-2). " Nous avons produit notre meilleure première mi-temps ", affirme Janevski avec fierté. " Après six rencontres, nous ne comptions que deux points. Après cela, on avait un calendrier difficile (Bruges, Ostende à domicile et Lokeren en déplacement) et on vient de signer sept points sur neuf. Notre manière de jouer évolue chaque semaine. Au niveau de la circulation de balle et de l'organisation, on progresse sans cesse. Il n'y a que physiquement que nous ne sommes pas encore à 100 % et c'est sans doute pour cette raison qu'on a laissé l'initiative à Ostende dans la dernière demi-heure. Ce n'est quand même pas mal pour un club dont tout le monde s'accordait à dire qu'il serait le relégable ! " Et c'est vrai que l'équipe commence à avoir fière allure. Noë Dussenne tient une forme éclatante, lui qui marque à chaque rencontre. Le back gauche Nikola Gulan a du métier et cela se voit. Son placement fait du bien à son équipe. L'entrejeu composé de François Marquet, Julian Michel et David Hubert est un mélange de technique, vista et physique. Mustapha Oussalah apporte également son expérience. Quant à Marko Scepovic, que l'on ne dit pas encore à 100 %, il a le sens du but. C'est ce qui manquait cruellement à cette équipe au mois d'août. " Tout est harmonieux. " La phrase est de Yuri Selak, l'ancien agent de joueurs, qui a repris le rôle de Yerima. Il n'aurait pas pu choisir autre mot. Alors que tout annonçait le chaos, l'équipe qui évolue depuis deux semaines dégage une certaine harmonie. Et surtout... un état d'esprit. " On n'a pas l'impression de voir une équipe de mercenaires, ce qu'on aurait pu craindre. Non, chacun fait les efforts pour l'autre ", nous lâche un joueur à l'issue de la rencontre. " Je suis satisfait de l'implication des joueurs ", renchérit Janevski. " Marko Scepovica fourni beaucoup d'efforts et, sur le penalty qu'on concède, on peut dire que le geste de Filip Markovic n'est pas celui d'un défenseur mais moi, je remarque qu'il a fait tout son flanc pour défendre. Et pendant toute la rencontre, il a défendu sur Jordan Lukaku. Peu de médians sont capables de faire tout le flanc inlassablement. " Selak, lui, n'a jamais douté de la qualité du noyau. " Si le club avait dû continuer avec le budget d'avant reprise, il n'aurait peut-être pas terminé la saison mais les joueurs amenés par le repreneur, même s'ils sont en manque de rythme, doivent nous permettre de rester en D1. Car, qu'on se le dise, l'objectif n'est pas autre. " La pique vise son prédécesseur, Yerima, une aubaine pour les médias, mais un cauchemar pour la direction. " Il parlait beaucoup trop et vendait du rêve aux gens ", nous explique un dirigeant. C'est pour cette raison que la direction a confié une mission de consultance à Selak pendant quatre semaines avant de lui donner le poste de Yerima. " Quand il parlait d'Europe et de top-6, il le faisait à son initiative personnelle ", reconnait Selak. Car, c'est clair qu'en construisant un noyau en quelques semaines, on ne peut pas faire de miracles. " Non, mais on peut quand même voir que le résultat n'est pas mauvais ", se défend Selak. " On a dû trouver la balance entre éléments étrangers et belges. On a apporté Mustapha Oussalah et David Hubertpour leur connaissance du championnat et pour la cohésion de groupe. On a l'impression que tout le noyau découvre la Belgique mais ce n'est pas vrai. Noé Dussenne, Thibaut Peyre, Teddy Mézague et Julian Michelconnaissent le championnat. " Or, tous ces joueurs sont titulaires. C'est à eux qu'on a confié les clés de la boutique. Eux qui doivent donner une identité à cette équipe. Mais qu'on ne s'y trompe pas. Le projet a bien aussi un côté business. Pini Zahavi n'est pas venu faire oeuvre de charité. C'est un agent qui doit mettre en vitrine ses joueurs. Et il s'est entouré de Selak, un ancien agent, qui après 15 ans dans le métier, a donc décidé de découvrir une autre facette du milieu. " Le marché des intermédiaires devient de plus en plus difficile et concurrentiel ; j'en avais fait le tour. Ce challenge m'intéresse. J'aime le fait de s'identifier à des couleurs, à un club. " Selak devra chercher le bon équilibre entre donner une identité à ce RMP et la volonté des dirigeants de dégager un retour sur investissement. " Des joueurs comme Scepovic, Markovic ou Nikola Gulanont été supervisés par nos patrons ; ils ont dépensé de l'argent et de l'énergie sur ces joueurs et ils essaient de les relancer. Ils ont acheté un club pour permettre à des joueurs de relancer leur carrière. C'est dans cette optique qu'on voit arriver des Scepovic ou Fabrice Olinga. " Le business n'est donc jamais loin et Mouscron doit servir de vitrine à ses joueurs. Pas l'inverse. Ce ne sont pas les joueurs qui doivent mettre en vitrine le club ! On estime souvent que c'est prendre le football par le mauvais bout. Mais à Mouscron, les premiers signes sont encourageants. Même si le public reste circonspect. Samedi, face au leader, il n'y avait que 2900 curieux (dont un gros contingent d'Ostendais). On est encore loin des soirs de fête de la fin des années 90-début des années 2000. Le passage lillois a fait du mal et l'arrivée d'investisseurs étrangers avec des valises bourrées de joueurs exotiques n'a pas encore convaincu le public local. Le club en est conscient et sa communication tourne autour de l'identité régionale. " Nous devons garder notre identité ", martèle Selak. " Elle doit rester Belge. Il va falloir convaincre l'extérieur que notre club n'est pas une tour de Babel mais dispose d'une réelle identité. Lors du dernier match des Espoirs, il n'y avait que trois étrangers. Le reste du onze de base était composé de joueurs formés au Futurosport ou de jeunes frontaliers. Les investisseurs ont compris cela. Ils maîtrisent le foot mais pas le foot belge. Ils sont à l'écoute et nous foutent la paix quant à la gestion du club. Ils ne sont pas intrusifs au quotidien. " PAR STÉPHANE VANDE VELDE" Quand il parlait de Top-6 et d'Europe, Yerima le faisait à son initiative personnelle " YURI SELAK