Commençons par la bonne nouvelle. A Lille, un journaliste de la chaîne de télévision allemande ZDF est venu vers nous pour nous dire qu'il avait apprécié les matches des Diables Rouges. Même son de cloche chez les envoyés spéciaux de L'Equipe,le quotidien sportif français par excellence. Le premier Championnat d'Europe avec 24 équipes a été globalement ennuyeux, à l'exception de quelques équipes dont la Belgique. La plupart des autres formations se sont contentées de jouer en bloc, pour compenser leur infériorité sur le plan du talent individuel. La mauvaise nouvelle : le talent offensif n'a pas rapporté grand-chose.
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Commençons par la bonne nouvelle. A Lille, un journaliste de la chaîne de télévision allemande ZDF est venu vers nous pour nous dire qu'il avait apprécié les matches des Diables Rouges. Même son de cloche chez les envoyés spéciaux de L'Equipe,le quotidien sportif français par excellence. Le premier Championnat d'Europe avec 24 équipes a été globalement ennuyeux, à l'exception de quelques équipes dont la Belgique. La plupart des autres formations se sont contentées de jouer en bloc, pour compenser leur infériorité sur le plan du talent individuel. La mauvaise nouvelle : le talent offensif n'a pas rapporté grand-chose. La fédération conservera entre deux et trois millions d'euros de la participation des Diables Rouges à l'EURO. Personne ne veut consacrer un tiers de ce montant à un coach qui, aux yeux de beaucoup, a échoué. On sait aussi, à la fédération, qu'il ne faut pas compter sur Wilmots pour faire un geste. Et s'il venait à hésiter, son CEO serait là pour remettre les points sur les i. Sa femme. Roy Hodgson s'est montré plus courageux, sur ce plan-là. A peine l'élimination de l'Angleterre était-elle scellée, qu'il présentait déjà sa démission. Car, ce que l'équipe aux Trois Lions avait fait, était " inacceptable. " Wilmots a préféré " ne pas prendre de décision à la hâte ". Un " j'assume " eût été plus adéquat. " J'ai essayé, cela n'a pas réussi. Les plus belles choses ont une fin. Un magnifique parcours s'achève ici. " Il a effectivement essayé, Wilmots, de rassembler le talent individuel sur le terrain avec un plan en tête. Un plan simple, qui avait réussi dans les qualifications parce que là, le talent individuel suffisait à faire la différence. Mais dans un grand tournoi, cela ne suffit plus. Car il y a alors autant de talent dans le camp d'en face que chez nous, et qu'eux au moins, savent ce qu'ils doivent faire. Marc Wilmots est un bon peoplemanager. Mais, quatre ans, c'était sans doute trop long. Il y a eu trop de frictions entre trop de joueurs. Wilmots est capable de rassembler, de motiver. Vincent Kompany l'a décrit, dans la chronique qu'il rédige pour The Times, comme " passionate ". Quelqu'un qui partageait tellement le quotidien des joueurs qu'il les autorisait à sortir du camp de base pour régler leur transfert. Ce n'est pas une primeur, mais ce n'est pas courant. Wilmots était au milieu de ses joueurs, pas au-dessus d'eux. Son staff était, lui aussi, au milieu des joueurs. VitalBorkelmans était tellement content d'apprendre la naissance de sa petite-fille qu'à Toulouse, il a fêté le quatrième but belge avec une tétine. Comment voulez-vous être crédible, dans ces conditions ? Un bon coach a besoin de davantage que de passion. Wilmots a commis l'erreur, au retour du Brésil, de ne pas assez écouter les remarques. Il a réitéré sa confiance en son staff, qui n'était pas capable de corriger ses lacunes. Les joueurs eux-mêmes ont commis l'erreur de ne pas le signaler à la fédération. Ils ne se sont pas soutenus non plus les uns les autres. Ainsi, après que Courtois se fut adressé au groupe en disant sa façon de penser, Kompany lui a glissé : " Ce n'est pas le moment. " Personne ne s'est levé pour prendre la défense du gardien. Même pas CaptainHazard. Kompany ne donnera pas son avis, positif ou négatif, de sitôt. ThomasVermaelen ou JanVertonghen, qui auraient le droit de le faire en vertu de leurs états de service, ne le feront pas davantage. Ils préfèrent respecter le programme de la journée et jouer aux cartes. Ils n'aiment pas qu'on les qualifie de " génération dorée " car ils n'ont encore rien gagné. Gagneront-ils un jour quelque chose ? La prochaine Coupe du Monde nous l'apprendra. Pratiquement tout le monde pourra encore participer à au moins un grand tournoi. Sans doute à deux. En théorie, ils auraient dû y participer avec Wilmots, mais l'évaluation qui sera faite après ce Championnat d'Europe pourra difficilement être positive. Ce groupe a besoin d'être aidé s'il veut, un jour, aller vraiment très loin. Il a besoin d'un général qui en impose, à l'image de DickAdvocaat. Assisté par un peoplemanager en dessous de lui. La fédération espère maintenant qu'un candidat renommé se présentera. Il y a un an, lorsque Wilmots avait flirté avec Schalke 04, cela n'avait pas vraiment été le cas. Seul Morten Olsen avait une certaine réputation. Espérons qu'il en ira autrement cet été. PAR PETER T'KINTAprès que Courtois eut dit sa façon de penser, personne ne s'est levé pour prendre sa défense.