Dilbeek, à la périphérie de Bruxelles. C'est ici que Sven Kums (26 ans) a grandi, qu'il a été à l'école et qu'il fait aujourd'hui construire sa maison. Le milieu de terrain de Gand a réussi à faire de son hobby son métier. Formé à Anderlecht, il n'a pas trouvé sa voie directement : le Lierse, Courtrai, Heerenveen aux Pays-Bas, Zulte Waregem et désormais La Gantoise furent autant d'étapes dans sa carrière. Au centre d'entraînement de Gand, il écoute les conseils du nouvel assistant Bernd Thijs, autrefois le régisseur de l'entrejeu, dans un style pas nécessairement comparable mais avec le même calme que lui.
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Dilbeek, à la périphérie de Bruxelles. C'est ici que Sven Kums (26 ans) a grandi, qu'il a été à l'école et qu'il fait aujourd'hui construire sa maison. Le milieu de terrain de Gand a réussi à faire de son hobby son métier. Formé à Anderlecht, il n'a pas trouvé sa voie directement : le Lierse, Courtrai, Heerenveen aux Pays-Bas, Zulte Waregem et désormais La Gantoise furent autant d'étapes dans sa carrière. Au centre d'entraînement de Gand, il écoute les conseils du nouvel assistant Bernd Thijs, autrefois le régisseur de l'entrejeu, dans un style pas nécessairement comparable mais avec le même calme que lui. Kums est déjà le capitaine de l'équipe, alors qu'il vient d'arriver et que le vestiaire est réputé pour être parfois chaud. " J'ai déjà connu pire ", assure-t-il. Qu'il y ait des joueurs déçus au sein d'un noyau large, est tout à fait normal, estime-t-il. " Les joueurs qui prennent place sur le banc ou dans la tribune ne sont forcément pas contents. Mais ils continuent à travailler. A l'image de HabibHabibou. Ils savent que, tôt ou tard, ils recevront leur chance. " Si son intégration est aussi facile, Kums le doit aussi à son passé courtraisien. Il a retrouvé dans le vestiaire certaines figures connues : Brecht Dejaegere, Karim Belhocine, Rami Gershon et Mustapha Oussalah. Certains d'entre eux et l'entraîneur sont aussi liés par le manager MogiBayat. " En outre, j'ai connu certains de mes actuels coéquipiers en tant qu'adversaires, dans le passé ", se souvient Kums. " Aux Pays-Bas, j'avais connu quelques difficultés d'adaptation liées au jeu. J'étais habitué à jouer en zone, et là-bas il faut suivre son homme partout. " Pourtant, ces deux années à Heerenveen n'ont pas été inutiles. Lorsqu'il a débarqué à Anderlecht à 18 ans, Kums était très timide. Quand ils l'ont revu dans le vestiaire de Gand après deux années aux Pays-Bas et une à Waregem, Gershon, Belhocine et Oussalah n'en ont pas cru leurs yeux. " Ils trouvaient que j'avais changé ", explique Kums. " J'étais devenu plus direct et plus brutal. Sur ce plan-là, j'ai beaucoup appris aux Pays-Bas. A plus forte raison en Frise. Ils ont aussi une incroyable mentalité de vainqueur. Même lors d'un petit match à l'entraînement, ils veulent toujours gagner. Et ils discutent sans arrêt. Si j'étais devenu un peu hollandais plus tôt, je serais peut-être resté plus longtemps à Anderlecht. " Kums rêve-t-il encore d'Anderlecht ? " J'ai longtemps rêvé de pouvoir montrer au Sporting ce dont j'étais capable, mais aujourd'hui c'est du passé. J'ai suivi ma propre voie. Il existe d'autres clubs dans le monde. " Est-il vraiment devenu plus brutal ? Nous allons le savoir. Est-il capable de faire ce que fait Steven Defour ? La réponse est un " Oui " très prudent. Mais, avec la réflexion qui suit, il démontre qu'il n'est pas encore aussi brutal que cela : " Six millions d'euros, c'est tout de même beaucoup d'argent. " Gand, qui avait déjà essayé d'attirer Kums à plusieurs reprises par le passé, a payé beaucoup moins : un million et demi, plus l'abandon de 50 % des droits de transfert d'IbrahimaConte. " Ce n'est tout de même pas rien pour un footballeur qui n'avait coûté que 50.000 euros à Zulte Waregem il y a un an ", estime Kums. Kums tient à rectifier un malentendu : il est faux d'affirmer qu'il avait critiqué les entraînements de FranckyDury. " Simplement, Hein Vanhaezebrouck analyse le match, regarde ce qui n'a pas été et travaille en conséquence lors des entraînements qui suivent, alors que Dury préfère la continuité et s'en tenir à un programme fixe. Ce sont simplement des choix d'entraîneur. " Kums a un lien intense avec Vanhaezebrouck. " Et cela ne date pas d'aujourd'hui. Lorsque je suis parti à Heerenveen, nous sommes restés en contact. Lorsque j'ai pris la décision de revenir en Belgique il y a un an, il m'aurait volontiers accueilli. Mais, à mes yeux, Zulte Waregem était un meilleur choix. La Coupe d'Europe, une très bonne équipe... " Vanhaezebrouck lui-même ne tarit pas d'éloges à propos de Kums : " C'est un leader, il pense toujours à l'équipe et perd rarement le ballon. " Jusqu'où peut aller Gand ? Le premier objectif est déjà atteint : l'équipe n'a pas loupé son début de saison. Certes, tout n'a pas été parfait dès le départ : un partage blanc au Cercle pour commencer (0-0), une petite frayeur ensuite contre Malines (3-1, après 0-1). La saison dernière, Gand n'avait pris qu'1 point sur 21 contre les grands dans sa nouvelle Ghelamco Arena. Vanhaezebrouck l'a rappelé à ses joueurs avant la réception de Zulte Waregem (3-1). Gand est-il un grand club ? " Pour moi, oui ", assure Kums. " Gand a le public, le stade et les joueurs d'un grand club. Mais, ces dernières années, cela ne s'est pas concrétisé au niveau des résultats. Lorsque j'ai signé, j'ai eu un bon pressentiment. Et il se confirme. " Kums joue un rôle clef, il est en quelque sorte l'agent de liaison entre les lignes. " J'ai toujours joué comme n°6 ou n°8. Je préfère avoir le jeu devant moi. Et je n'ai pas assez le sens du but pour jouer plus haut. La tâche de marquer incombe à d'autres. Je fais tourner l'équipe, je donne le rythme. On a encore une belle marge de progression. N'oubliez pas que le club a beaucoup transféré. A Zulte Waregem, cela a aussi duré un certain temps avant que Thorgan Hazard, et moi soyons sur la même longueur. Ici à Gand, je dois encore m'accorder avec RenatoNeto, qui aime s'infiltrer. " PAR PETER T'KINT ET FRÉDÉRIC VANHEULE - PHOTOS :BELGAIMAGE/ STOCKMANS" Si j'avais eu la mentalité hollandaise plus tôt, je serais peut-être resté plus longtemps à Anderlecht. "