37 heures de vol, trois escales et un jetlag carabiné, voici le programme qui attendait Axel Witsel pour rejoindre la Chine et son club de Tianjin au soir du match de Sotchi du 28 mars avant qu'une solution un peu moins fatigante ne soit trouvée. Autant dire que cet amical en Russie fait grincer les dents de plusieurs joueurs alors que la Fédération est, elle, toute heureuse de palper les quelque 300.000 euros versés par un pays hôte qui prend également en charge tous les frais. Notons aussi que la communication n'est pas très bien passée chez tout le monde puisque la semaine dernière encore, certains Diables pensaient jouer cette rencontre à Moscou. On ne serait pas non plus étonnés de voir naître quelques pépins physiques qui permettraient d'éviter ce long déplacement. Cette rencontre devrait aussi être l'occasion pour Roberto Martinez de tester son réservoir, qu'il prétend suffisamment fourni, trois jours seulement après la rencontre face à la Grèce dans un match qui doit logiquement asseoir notre première place et pratiquement valider notre billet pour la prochaine Coupe du Monde - la Belgique n'a plus disputé une troisième grande compétition d'affilée depuis le triptyque 1980-1982-1984 prolongé jusqu'en 1986.
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37 heures de vol, trois escales et un jetlag carabiné, voici le programme qui attendait Axel Witsel pour rejoindre la Chine et son club de Tianjin au soir du match de Sotchi du 28 mars avant qu'une solution un peu moins fatigante ne soit trouvée. Autant dire que cet amical en Russie fait grincer les dents de plusieurs joueurs alors que la Fédération est, elle, toute heureuse de palper les quelque 300.000 euros versés par un pays hôte qui prend également en charge tous les frais. Notons aussi que la communication n'est pas très bien passée chez tout le monde puisque la semaine dernière encore, certains Diables pensaient jouer cette rencontre à Moscou. On ne serait pas non plus étonnés de voir naître quelques pépins physiques qui permettraient d'éviter ce long déplacement. Cette rencontre devrait aussi être l'occasion pour Roberto Martinez de tester son réservoir, qu'il prétend suffisamment fourni, trois jours seulement après la rencontre face à la Grèce dans un match qui doit logiquement asseoir notre première place et pratiquement valider notre billet pour la prochaine Coupe du Monde - la Belgique n'a plus disputé une troisième grande compétition d'affilée depuis le triptyque 1980-1982-1984 prolongé jusqu'en 1986. Cette trêve internationale arrive au milieu d'une actualité particulièrement intense en club. L'approche du money time correspond également avec les traditionnelles supputations de transferts. Et les derniers jours l'ont confirmé, de nombreux Diables sont occupés par leur future destination. Le dernier mercato hivernal avait déjà fait tourner pas mal de têtes, le nouvel eldorado chinois avait invité les joueurs et leur entourage à réfléchir au tournant qu'ils souhaitaient donner à leur carrière. C'est un secret de polichinelle que plusieurs Diables ont eu des touches avec la Chine : Axel Witsel, Marouane Fellaini, Dries Mertens, Mousa Dembélé, Christian Benteke ou Romelu Lukaku alors que dans le camp de Steven Defour, on a multiplié les appels du pied vers cette destination particulièrement rémunératrice. L'un des agents des joueurs cités évoque même une proposition salariale allant au-delà des 20 millions d'euros. Axel Witsel est le seul jusqu'ici à avoir mordu à l'hameçon. Un choix lourdement critiqué et avec excès par une bonne partie de l'opinion publique mais que Roberto Martinez a défendu la semaine dernière dans différents médias. Le débat autour de son éventuelle sélection n'a d'ailleurs pas lieu d'être selon le technicien espagnol. Il continue à affirmer sa volonté de sélectionner et pour longtemps encore celui qu'il juge être le cerveau de l'équipe, des louanges qui succèdent à celles de Marc Wilmots qui répétait, à qui voulait l'entendre, que l'ex-joueur du Zenit Saint-Pétersbourg était un des meilleurs " six " au monde. Pour certains Diables, par contre, le passage de Witsel en Chine doit le sortir de son rôle d'indiscutable. Pas question de s'asseoir sur le banc au profit d'un joueur du championnat chinois nous dit-on en substance. Car si la Chinese Super League tend à grandir, le retard reste abyssal avec les plus grands championnats européens où évoluent 90 % de l'équipe nationale. Mais Martinez a tenu une nouvelle fois à rappeler que " Witsel ne doit pas son succès au fait qu'il évolue pour un grand club italien ou anglais. Il le doit à sa classe individuelle, à sa capacité à se mettre au service du collectif. Je ne pense pas que son passage du championnat russe au championnat chinois fasse une grande différence. " " Je n'ai pas d'inquiétude quant à sa forme avec les Diables, il est capable de se mettre à niveau en seulement quelques jours ", nous raconte un des ses ex-équipiers. " Il a de grandes facultés physiques, il peut par exemple se permettre un écart et récupérer très vite. " Witsel veut mettre toutes les chances de son côté en sélection, c'est pourquoi il s'est adjoint notamment les services d'un préparateur physique personnel. Le principal reproche que continuent à lui faire ses détracteurs, c'est d'avoir toujours privilégié l'argent avant le sportif, que ce soit lors de son transfert de Benfica vers le Zenit Saint-Pétersbourg et bien plus encore depuis le passage au FC Tjianjin. Par contre, l'équipe nationale a toujours été une priorité et une bulle d'air pour Witsel dans une carrière médiatiquement moins grande (il suffit de voir sa relative faible présence sur les réseaux sociaux - qui devrait toutefois s'envoler avec le public chinois) en comparaison avec les internationaux évoluant en Premier League. Au sein du giron des Diables, il y a de nombreux pro-Nainggolan qui ironisent sur ses non-sélections passées pour des motifs qui restent très nébuleux. Dans le débat public, on a souvent la mauvaise idée d'opposer Radja Nainggolan à Axel Witsel pour occuper ce poste de numéro 6. Un débat totalement obsolète car les suiveurs du Calcio vous le diront, ça fait bien longtemps que le Ninja ne joue plus les essuie-glaces devant la défense. L'a-t-il d'ailleurs déjà réellement occupé ce rôle, lui qui depuis de nombreuses années est porté vers l'avant par une fougue difficilement canalisable ? Depuis son arrivée à la Roma, Nainggolan n'a fait que grimper dans le jeu pour aujourd'hui évoluer à gauche du trois offensif de Luciano Spalletti, dans un système tactique assez similaire à celui de Roberto Martinez chez les Diables et dont le rôle de Nainggolan est occupé par Eden Hazard. Seuls Fellaini et Dembélé pourraient tenir ce rôle de vrai milieu défensif, sauf que le premier est bien trop aventureux et utile en position offensive alors que le second semble (ses équipiers s'en inquiètent même) démotivé ou plutôt désabusé dès qu'il revêt le maillot des Diables, pourtant déjà porté à 67 reprises mais pour de trop rares prestations concluantes. Dans cette formation très offensive où les flancs Carrasco et Meunier sont régulièrement portés vers l'avant, la sécurité et la rigueur tactique de Witsel semblent indispensables aux yeux de Martinez. La discipline de groupe est l'autre cheval de bataille du coach espagnol qui a affiché son autorité envers le milieu romain lors des précédentes convocations. Radja Nainggolan est d'ailleurs le premier conscient que son train de vie animé peut difficilement l'amener en Premier League où le Chelsea d'Antonio Conte lui fait les yeux doux depuis l'été dernier. Romelu Lukaku est l'autre Diable dans le viseur de Chelsea. L'échec du transfert l'été dernier du buteur d'Everton n'a pas refroidi les élans du club londonien qui serait prêt à faire une nouvelle fois monter les enchères (Chelsea avait déjà formulé une offre dans les dernières heures du mercato estival qui aurait fait de Lukaku le joueur le plus cher de l'histoire du football belge). Lukaku a accusé le coup d'autant que cette déception faisait suite à un EURO peu concluant. Quelques semaines avant de se rendre en France pour préparer le championnat d'Europe, Romelu nous avait reçus chez lui. Il clamait déjà ses hautes aspirations et son besoin d'étoffer son CV anglais. Pour lui, il était peu probable que cela passe par son aventure chez les Toffees. Lors d'un second entretien en décembre, sa décision était prise. Pas question de prolonger son contrat à Everton d'autant que plusieurs promesses n'avaient pas été tenues notamment dans le renforcement de l'effectif. La semaine dernière, Romelu Lukaku a tenu à mettre les choses au point dans les médias anglais lors d'une sortie très cash, très lukakienne et attendue. Morceaux choisis : " Everton a aussi eu la possibilité d'enrôler de grands noms mais il ne l'a pas fait et ces types jouent ailleurs aujourd'hui.... Everton a un grand passé mais quel est son avenir ? Ici, on ne parle que de l'équipe des années 80. Moi, je veux qu'on se souvienne de moi et pas seulement pour mes buts mais pour les trophées que j'aurai gagnés... Moi, mon rêve, c'est de jouer dans des clubs où Suarez, Lewandowski, Benzema et Cavani pourraient jouer. Je peux faire aussi bien qu'eux. Je suis un des meilleurs attaquants de Premier League et je peux devenir un des meilleurs joueurs du monde. Mais pour cela, il me faut un théâtre : la Champions League." Romelu Lukaku est extrêmement ambitieux, trop selon certains qui voient ces envolées verbales comme de l'arrogance. L'intéressé rétorque qu'il est conscient de ses qualités et veut les étaler sur les plus belles scènes. Pas question de la Chine mais l'ambition de rejoindre l'un des plus grands clubs européens ; Chelsea ayant toujours sa priorité. Ce qui est plus étonnant par contre, c'est le discours de Mino Raiola qui il y a un mois déclarait encore que " les chances étaient de 99 % que son joueur prolonge chez les Toffees. " Et pourtant, Raiola savait pertinemment bien que la décision de quitter le navire en fin de saison était déjà prise par Romelu. Raiola, qui s'est à nouveau enrichi cet été sur les transferts de Zlatan Ibrahimovic et surtout de Paul Pogba n'a pas encore réussi de grosses opérations financières sur le dos de Romelu Lukaku depuis qu'il l'a récupéré des mains de Christophe Henrotay (l'agent numéro un des Diables avec Carrasco, Courtois, Dendoncker, Tielemans et Mirallas dans son portefeuille) avec qui la fin fut particulièrement conflictuelle. Le voir signer un nouveau contrat avant de le faire signer ailleurs, c'était l'assurance pour Raiola de toucher deux commissions. Ce discours publiquement divergeant entre le joueur et son agent a naturellement mis de la friture su la ligne. Il ne serait d'ailleurs pas étonnant de voir Lukaku se séparer de son illustre conseiller. Par contre, la communication est limpide entre Roberto Martinez et son attaquant numéro. Ils n'hésitent pas à échanger régulièrement concernant notamment les choix de carrière. Même chose pour Tielemans, en qui Martinez croit beaucoup et à qui il a conseillé d'opter cet été, en vue de la Coupe du Monde, pour un club dans lequel il aurait du temps de jeu. L'entraîneur espagnol communique bien plus avec ses joueurs que ne le faisait son prédécesseur par exemple. Les joueurs n'hésitent pas à le joindre non plus pour connaître son ressenti comme ce fut le cas pour Witsel peu avant d'accepter l'offre chinoise. D'autres n'hésitent pas non plus à l'appeler pour lui dire leurs vérités. La communication est franche même si " Martinez est un beau parleur, il a réussi rapidement à vous enfumer, vous les médias ", raconte un des internationaux belges. Aujourd'hui, sa mission numéro un est d'arriver à mobiliser les troupes pour le choc de cette cinquième journée face à une Grèce deuxième du groupe qui ne pointe qu'à deux unités. Pour cela, il faudra arriver à évacuer des têtes les diverses sollicitations et rumeurs qui entourent nos Diables. Au sein du groupe, difficile de trouver quelqu'un qui n'imagine pas rapidement valider la qualification pour la Coupe du Monde. Dans ce groupe assez faible, l'excès de confiance est l'un des derniers dangers. PAR THOMAS BRICMONT - PHOTOS BELGAIMAGEIl ne serait pas étonnant de voir prochainement Romelu Lukaku se séparer de son illustre conseiller, Mino Raiola. " Je n'ai pas d'inquiétude quant à la forme de Witsel avec les Diables. Il est capable de se mettre à niveau en seulement quelques jours. " - UN EX-COÉQUIPIER DE WITSEL