"Il nous fallait un homme d'expérience et d'envergure. Quelqu'un capable de redonner un élan à l'équipe. La personnalité d' Eric Gerets nous est alors apparue comme la plus opportune ", déclara Pape Diouf, président de Marseille, à la presse quand fut officialisé le choix du Limbourgeois en tant qu'entraîneur au stade Vélodrome. " Nous avions déjà songé à lui l'année passée pour remplacer Jean Fernandez. Parmi les éligibles, Gerets était le seul à posséder une longueur d'avance sur Albert Emon. Mais il n'avait pas pu se libérer du contrat le liant à Galatasaray. Sa vision du football nous a impressionnés quand nous l'avons rencontré avec Robert Louis-Dreyfus. Nous l'avons ensuite vu trois fois avec José Anigo, notre directeur sportif. Son palmarès plaide pour lui. Il était le premier sur notre liste. Il a signé un contrat de deux ans Gerets est animé par une connaissance profonde du football. En Belgique, il a remporté son premier titre avec un club moyen, le Lierse. Il s'est adapté et imposé aux Pays-Bas avec le PSV Eindhoven et en Allemagne en sauvant Kaiserslautern et Wolfsburg de la relégation. Et en Turquie, il a gagné le titre avec Galatasaray ".
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"Il nous fallait un homme d'expérience et d'envergure. Quelqu'un capable de redonner un élan à l'équipe. La personnalité d' Eric Gerets nous est alors apparue comme la plus opportune ", déclara Pape Diouf, président de Marseille, à la presse quand fut officialisé le choix du Limbourgeois en tant qu'entraîneur au stade Vélodrome. " Nous avions déjà songé à lui l'année passée pour remplacer Jean Fernandez. Parmi les éligibles, Gerets était le seul à posséder une longueur d'avance sur Albert Emon. Mais il n'avait pas pu se libérer du contrat le liant à Galatasaray. Sa vision du football nous a impressionnés quand nous l'avons rencontré avec Robert Louis-Dreyfus. Nous l'avons ensuite vu trois fois avec José Anigo, notre directeur sportif. Son palmarès plaide pour lui. Il était le premier sur notre liste. Il a signé un contrat de deux ans Gerets est animé par une connaissance profonde du football. En Belgique, il a remporté son premier titre avec un club moyen, le Lierse. Il s'est adapté et imposé aux Pays-Bas avec le PSV Eindhoven et en Allemagne en sauvant Kaiserslautern et Wolfsburg de la relégation. Et en Turquie, il a gagné le titre avec Galatasaray ". Marseille est un cas à part. Ce club a toujours été un volcan où le champagne et les larmes, la joie et les colères, les honneurs et les bannissements s'embrassent comme des amants. La lave coule pour l'instant et emporte tout sur son passage. Le public ne comprend pas que cette équipe douée se débrouille sur la scène européenne mais collectionne les affronts en championnat. Nancy étonne en tête de la D1 alors que le puissant OM tire la langue dans des zones du classement indignes de son prestige et de ses moyens. Emon était un brave homme et un Marseillais pur pastis. A la longue, sa gentillesse s'est retournée contre lui. Il a accusé la presse d'avoir demandé et obtenu sa tête. La situation est grave mais, selon des personnalités connaissant bien Marseille et le football belge, Eric Gerets est l'homme de la situation. Tout cela fera plaisir au Lion de Rekem qui a déclaré à la presse dès jeudi passé : " Je connais l'importance de la pression marseillaise. Ma première conférence de presse ressemble d'ailleurs à celle que j'ai pu vivre en Turquie. Je suis un entraîneur qui parle beaucoup. Je suis prêt à écouter longuement tous les joueurs. Ils doivent savoir que je ne suis pas un tyran. Mais je suis aussi très exigeant, notamment dans la discipline de jeu. Je serai chaque jour sur le terrain. Je sais que j'ai une grande responsabilité sur les épaules. Mais cela ne me fait pas peur. Bon, au boulot maintenant, je dois voir des tas de cassettes vidéo de nos prochains adversaires ". L'ex-défenseur international belge Michel De Wolf était arrivé à Marseille en 1994. La situation était dramatique. Suite à l'affaire VA-OM, le club du Vieux Port avait été relégué en L2. Mieux : Marseille devait obligatoirement remonter d'un étage afin de rester dans sa série. Il s'agissait d'une double relégation étalée sur deux ans. En cas de chute en National, l'OM ne s'en serait peut-être jamais remis. " La pression était énorme à l'époque ", se souvient De Wolf. " Rien n'a changé et le problème actuel réside dans le manque de continuité. L'OM a terminé deuxième la saison passée. Et quand on peut compter sur des stars comme Djibril Cissé ou Samir Nasri, entre autres, cela donne naissance à de grands espoirs. Les supporters ne comprennent pas que cette équipe soit à la peine. A Marseille, il faut mouiller son maillot. On ne pardonne rien aux profiteurs. Si on échoue dans un match, c'est avec les honneurs, et pas autrement, après 90 minutes. Moi, cela me convenait bien et ce club va comme un gant à Eric. La pression ? Il s'en fout. J'ai joué avec lui en équipe nationale et je sais comment il fonctionne. Mentalement, il est très fort. C'est le chef de la meute, un général qui va au front et ne se cache pas. Une de ses forces est de venir de l'extérieur. Il a forcément un regard différent sur le groupe et les jeunes. C'est un plus. Les réputations ne joueront pas un rôle dans son analyse. Tout ira vite. Après ses débuts sur le banc contre Liverpool, en Ligue des Champions, Eric se rendra à Saint-Etienne le 6 octobre. Ce n'est pas rien mais je ne fais pas de soucis pour lui. Marseille a fait un bon choix. La mentalité de Gerets colle avec celle du club. Marseille va ouvrir de grands yeux. A mon époque, la discipline laissait à désirer. Quand une vedette arrivait cinq minutes en retard à l'échauffement, le groupe l'attendait. Avec Gerets, les retardataires ouvriront de grands yeux ". L'ex-joueur et coach croate qui travailla beaucoup en Belgique Luka Peruzovic était l'entraîneur de De Wolf à Marseille en 1994-1995. Moustache de Velours y débarqua après le début de la saison, tint tête à Bernard Tapie et propulsa l'OM en L1. " Eric a un fameux bagage comme joueur ou coach dans de grands clubs ", souligne-t-il. " C'est un homme de métier qui connaît parfaitement la musique. Moi, j'avais connu un stade quasiment aussi enfiévré à Split. Cette chaleur méditerranéenne ne me posait pas de problème. Gerets a vécu cela au Standard et, plus tard, à Galatasaray. Il a indiscutablement la carrure de l'emploi et détient la faculté de s'adapter tout de suite à un nouvel environnement. Mais Marseille n'a pas le temps. Là, on juge tout de suite quelqu'un à sa courbe de résultats. L'OM ne vit que pour la victoire. Pour un entraîneur, il n'y a pas de secret. S'il gagne, ça va. Il suffit de trois ou quatre défaites pour le condamner. A Marseille, on ne discute pas de la manière. Personne ne refait le match. A Anderlecht, on y pinaille sur le style, l'élégance, la qualité de la circulation du ballon, etc. A l'OM, ce n'est pas important tout cela si on a remporté le match. Gerets mesure bien tout cela. C'est un homme de caractère qui travaille dans un club qui fonctionne au tempérament : c'est un beau couple ". Tomislav Ivic (actuellement au Standard comme responsable de la formation) est un des rares coaches à avoir signé deux passages à Marseille en 1991 et en 2001. Emon avait d'ailleurs été son adjoint lors de son deuxième mandat : " Gerets est le meilleur choix. Il est à son apogée en tant que coach et est le porte-drapeau de la grande génération belge des années 80. Avec Jan Ceulemans et les autres, Gerets a cultivé le goût du succès, donné un style redouté au football belge. Il est resté le même dans son travail de coach. Le nouvel entraîneur de Marseille parle français. C'est important quand il s'agit de faire passer son message dans le vestiaire. Gerets n'aura pas besoin de traducteur et ira droit au but. C'est un homme énergique. Il offrira tout ce tonus à son groupe. Albert Emon est un brave homme et certainement un bon technicien. Mais on peut bien connaître son métier sans être un coach du top. Au niveau de Marseille, il faut être un guide, un leader. Si on n'a pas de charisme ou d'autorité, on ne transmet pas son savoir technique, aussi grand soit-il, à l'effectif. Or, Gerets a tout cela : la connaissance et la présence. C'est un homme qu'on voit. A Marseille, c'est important. "Daniel Van Buyten doit beaucoup à Marseille où il a brillé de 2001 à janvier 2004 quand il prit la direction de Manchester City. Le public adorait la tour de Froidchapelle qui lui a offert pas mal de buts. Il n'avait qu'un opposant : José Anigo, ex-coach actuel directeur sportif, qui l'a poussé vers l'Angleterre : " Je dois beaucoup à Marseille où j'ai acquis une autre dimension. Quand on réussit là, on est blindé. Je ne connais Gerets que de réputation. Ce serait une main de fer dans un gant de velours. Cela convient à Marseille. C'est un grand club du sud. Il faut de la discipline qui doit être expliquée. A Marseille, les gens ne vivent que pour le football. Toute la France se passionne pour tout ce qui se passe à l'OM. Lyon peut collectionner les titres mais les regards se tournent d'abord vers Marseille. Les télés, les radios et les journaux exercent une grosse pression. Je sais que le club est très déçu par son mauvais début de championnat. Gerets sait ce qui lui reste à faire : remonter au plus vite au classement général de la D1. Les Marseillais sont malades quand ils ne figurent pas dans le haut du tableau. Si Gerets réussit, ce sera une bonne chose pour les Belges. Gerets est considéré comme un fils spirituel de Raymond Goethals. C'est quand même un sacré plus quand on se lance dans une telle aventure. Il a tous les atouts ". L'ex-Standarman Vedran Runje a défendu les filets de Marseille de 2001 à 2004. Excellent, on lui fit quand même un enfant dans le dos en rapatriant Fabien Barthez de Manchester United où il ne jouait pas. Or, Barthez devait absolument prendre part à la dernière Coupe du Monde. Coup fumant, coup fourré ? Allez savoir mais c'est Marseille. " J'ai adoré ma relation avec le public ", dit Runje qui joue désormais à Lens. " A l'OM, il faut se donner à fond. On ne chipote pas. Il faut avoir la taille, l'envie, l'ambition, la force de travail. Réussir à l'OM n'est pas donné à tout le monde. Il y a de grands joueurs qui n'ont finalement pas percé au stade Vélodrome car ils n'étaient pas animés par le feu sacré. Par contre, des gars moins doués ont laissé une trace parce qu'ils avaient la foi, le courage, le dynamisme. J'étais en Turquie, à Besiktas, quand Gerets coachait Galatasaray. Il a réussi de gros trucs là-bas. Il faut le faire car c'est chaud et même très show à Istanbul. Gerets est blindé et à la hauteur de son défi marseillais ".lpar pierre bilic - photos : reporters