Le Club Bruges a causé la surprise en engageant Jérémy Perbet (32 ans). L'annonce du transfert, le samedi 1er juillet à 20h02 sur www.clubbrugge.be, a pris tout le monde de court. Même l'agence Belga dont le titre du communiqué en néerlandais était : Le Club Bruges surprend en engageant Perbet.
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Le Club Bruges a causé la surprise en engageant Jérémy Perbet (32 ans). L'annonce du transfert, le samedi 1er juillet à 20h02 sur www.clubbrugge.be, a pris tout le monde de court. Même l'agence Belga dont le titre du communiqué en néerlandais était : Le Club Bruges surprend en engageant Perbet. L'attaquant français avait en effet reçu son bon de sortie à Gand, où il était arrivé un an plus tôt. Il n'avait pas pu accompagner l'équipe en stage et avait été renvoyé dans le noyau B. Le Sporting Charleroi, son ancien club, voulait le récupérer et d'autres clubs ayant disputé les play-offs 2 pensaient également avoir une chance de l'engager. Personne ne s'attendait à ce qu'un joueur qui n'avait rejoint un grand club que sur le tard et n'y était resté qu'un an intéresse un club encore plus huppé. Sur le site du club, Ivan Leko explique que comme Wesley Moraes sera encore absent pendant un mois ou deux en raison d'une maladie et qu'AbdoulayDiaby revient à peine après une longue absence due à une blessure, il voulait un attaquant qui puisse lui rendre service immédiatement dans l'optique du troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions. C'est compréhensible. Mais Wesley mesure 1 mètre 93 pour 93 kg et il est solide au duel tandis que Diaby est un petit attaquant rapide et mobile qui joue en profondeur. Perbet, lui, n'est ni l'un ni l'autre : il ne va pas au duel et n'est pas explosif. Il a davantage le profil de Jelle Vossen. Pourquoi, dès lors, engager un type de joueur qu'on possède déjà ? Emmanuel Bonaventure Dennis est un attaquant explosif mais pourquoi ne pas renforcer le noyau par un pivot, rôle dans lequel Perbet ne s'était pas affirmé à Gand ? À moins que le système de jeu que Leko veut mettre en place n'exige pas la présence d'un tel profil. Il y a beaucoup de mouvements, de permutations, de combinaisons, de supériorité numérique et de percées par les flancs. Beaucoup de monde dans le rectangle, aussi. Est-ce une bonne chose pour Jérémy Perbet ? Oui, car plus il y a de mouvement autour de lui, plus il parvient à se libérer. Il ne doit pas porter le poids de l'attaque à lui tout seul et il peut éviter les duels pour faire ce qu'il fait le mieux : se démarquer. C'est la raison pour laquelle il a souvent répété qu'il préférait jouer avec un deuxième attaquant à ses côtés. Cela lui permet de se faire oublier et de surgir de nulle part. C'est aussi la raison pour laquelle il répète régulièrement qu'il préfère jouer dans une équipe qui combine plutôt que dans une formation qui balance de longs ballons et l'oblige à aller se frotter aux défenseurs centraux. Comme ce n'est pas un dribbleur, comme il n'est pas explosif et comme ce n'est pas un pivot qui aime les duels, il a besoin d'un collectif solide autour de lui. Et du mouvement, à Bruges, il y en aura car Leko a opté pour un triangle offensif dans l'entrejeu ; avec Hans Vanaken et Ruud Vormer en soutien de l'attaquant de pointe, deux médians offensifs qui peuvent s'infiltrer. Car Perbet sent très bien les mouvements autour de lui, c'est ce qui lui permet de marquer autant. Des buts, il en a inscrit partout, y compris à Villarreal (Espagne) et à Basaksehir (Turquie). En Belgique, il a été deux fois meilleur buteur : à Mons en 2012 avec 25 buts et à Charleroi en 2016 avec 24 buts. Même à Gand, il a marqué 10 fois en championnat, deux fois en coupe et quatre fois en Europa League, dont deux fois contre Tottenham, à domicile et en déplacement. Sa principale qualité, c'est le sens du but. Depuis tout petit, il ne pense qu'à marquer. C'est sa spécialité et, même s'il n'est pas un attaquant complet, c'est incontestablement la qualité principale d'un centre-avant. Techniquement, ce n'est pas toujours parfait -c'est Jérémy Perbet, pas Lionel Messi ou Luis Suarez - et il loupe également régulièrement de belles occasions. Mais la plupart du temps, il est à la bonne place. Ce n'est pas parce qu'il ne marquait pas suffisamment que Jérémy Perbet a dû quitter Gand mais parce qu'il ne répondait pas tout à fait aux attentes du coach. Vanhaezebrouck lui demandait d'être plus impliqué dans le jeu et de combiner davantage. Perbet ne se sentait pas suffisamment apprécié et respecté. Comme il est sensible, cela l'énervait et cela se voyait. Selon Perbet, Vanhaezebrouck était le seul à ne plus vouloir de lui à Gand. Que cela soit vrai ou pas, cela en dit long sur la relation que les deux hommes entretenaient. Vanhaezebrouck est très exigeant et les joueurs n'ont d'autre choix que de se soumettre à ses idées. Il parle peu avec eux. Rob Schoofs s'en est d'ailleurs plaint la semaine dernière après son départ pour Malines. Ce qui est sûr, c'est que le pressing qu'il veut appliquer est exigeant, mentalement et physiquement. Et qu'il travaille beaucoup les systèmes de jeu offensifs. Peut-être gère-t-il mieux les relations humaines. Peut-être est-il plus empathique mais ça reste à vérifier car il n'en est encore qu'au début de sa carrière. Le 1er juillet, sur le site du Club Bruges, Leko évoquait des " discussions préliminaires " avec Perbet. Au pluriel. Il disait aussi que le Français était garant de buts mais également qu'il s'agissait d'un très bon attaquant et d'un homme doté d'une très bonne mentalité chez qui il avait décelé une grande motivation. Depuis, il a ajouté que Perbet se débrouillait également sur le plan technique. Leko ne dit pas uniquement cela par psychologie : en mars, lorsque Sport/Foot Magazine lui avait demandé de préfacer les play-offs 1, le Croate avait déclaré qu'à ses yeux, Perbet était incontestablement le meilleur attaquant de Gand. Il n'était pas du même avis que Vanhaezebrouck et le transfert de Perbet au Club Bruges n'est donc pas tout à fait une surprise. D'un point de vue personnel et psychologique, Jérémy Perbet a une revanche à prendre sur sa période gantoise. Le Club Bruges lui offre une nouvelle chance de prouver qu'il peut s'imposer dans un grand club. Et si jamais il n'était pas titulaire, ce qu'il a vécu sous les ordres de Vanhaezebrouck l'aidera peut-être à se glisser plus facilement dans un rôle de supersub. Car une chose est certaine : même la saison dernière, il a justifié sa réputation de buteur et son surnom : Perbut. Cela, on ne le lui enlèvera jamais. PAR CHRISTIAN VANDENABEELE - PHOTO PHOTONEWSÀ Gand, dans un contexte difficile, Perbet a continué à justifier sa réputation de buteur.