Le Real Madrid, l'Atlético de Madrid, le PSG, la Juventus, l'AC Milan, l'Inter, le Bayern Munich, Liverpool et Manchester United sont chauds à l'idée de fonder la Super Ligue européenne. Le FC Barcelone s'y est ajouté la semaine dernière. Durant son speech d'adieu à la présidence du club catalan, Josep Bartomeu a déclaré que le Barça était d'accord avec le projet. Tottenham, Arsenal, Chelsea et Manchester City auraient déjà été approchés en vue de participer à la nouvelle compétition. Il se murmure que Florentino Pérez, le président du Real, est à l'origine du plan. La FIFA suivrait les palabres avec attention. La JP Morgan Bank est prête à financer l'ensemble à concurrence de cinq milliards d'euros. Le magazine allemand Der Spiegel a de son côté révélé que les négociations éta...

Le Real Madrid, l'Atlético de Madrid, le PSG, la Juventus, l'AC Milan, l'Inter, le Bayern Munich, Liverpool et Manchester United sont chauds à l'idée de fonder la Super Ligue européenne. Le FC Barcelone s'y est ajouté la semaine dernière. Durant son speech d'adieu à la présidence du club catalan, Josep Bartomeu a déclaré que le Barça était d'accord avec le projet. Tottenham, Arsenal, Chelsea et Manchester City auraient déjà été approchés en vue de participer à la nouvelle compétition. Il se murmure que Florentino Pérez, le président du Real, est à l'origine du plan. La FIFA suivrait les palabres avec attention. La JP Morgan Bank est prête à financer l'ensemble à concurrence de cinq milliards d'euros. Le magazine allemand Der Spiegel a de son côté révélé que les négociations étaient en cours depuis plusieurs années. L'objectif: enrichir encore un peu plus les clubs les plus prospères. En quoi consiste exactement cette Super Ligue européenne? L'idée est de mettre sur pied une compétition rassemblant 18 grands clubs continentaux. Les fondateurs seraient préservés de la relégation pendant vingt ans, ce qui signifie que la compétition serait initialement fermée. Elle se déroulerait en deux phases: une régulière avec 34 journées, toutes jouées en cours de semaine, et une phase par élimination directe sur un site unique. Les meilleures formations s'y disputeraient le titre. Vous avez déjà cerné le problème: si cette Super Ligue voit le jour, la Ligue des Champions n'aura plus de place au calendrier. L'UEFA ne voit donc pas du tout ce nouveau projet d'un bon oeil: "Cette Super Ligue n'aura pas lieu." Fernando Gomes, vice-président de l'UEFA, a été aussi ferme la semaine dernière: "Je suis contre, car le monde fait actuellement face à son plus grand défi et nous n'avons vraiment pas besoin en ce moment d'une dose supplémentaire d'égoïsme et de cupidité." La déclaration officielle de l'UEFA précise: "Les principes de solidarité, de promotion, de relégation et d'ouverture d'une compétition ne sont pas négociables. Ce sont ces principes qui font de la Ligue des Champions la meilleure compétition sportive du monde." De nombreuses personnalités du football s'opposent également au projet, surtout parce qu'il mine le modèle actuel des compétitions nationales. La lutte pour les places européennes est en effet un élément crucial et les rencontres de l'UEFA constituent une source importante de revenus pour les clubs. Si la Ligue des Champions et l'Europa League disparaissent, et que seuls les clubs européens les plus riches s'affrontent dans une compétition plus ou moins fermée, les autres équipes en pâtiront énormément. Les compétitions nationales deviendront aussi moins intéressantes à retransmettre, ce qui aura des conséquences sur la vente des droits TV, une autre source de revenus importante. "Ce qui me dérange le plus, c'est l'idée qu'on dégage cinq milliards d'euros pour une nouvelle ligue alors que nous sommes en pleine pandémie et que le football est à genoux", déclare l'ancien footballeur Gary Neville, maintenant consultant pour Sky Sports. "Les clubs des divisions inférieures se saignent pour honorer le paiement des salaires et ont du mal à survivre. Je suis partisan du progrès, de nouvelles compétitions, de nouveaux formats, mais nous ne pouvons pas négliger les racines du jeu, ce qui implique de ne pas perdre de vue les intérêts de nos communautés." Arsène Wenger n'apprécie pas davantage l'idée. "Les autres compétitions européennes veulent supprimer l'avantage qu'a la Premier League. Le meilleur moyen de parvenir à leurs fins est de mettre sur pied cette Super Ligue européenne", explique-t-il au quotidien The Guardian. "C'est là l'objectif du projet: démolir la Premier League." Wenger redoute cependant que le projet ne voie le jour si les grands clubs anglais rallient celui-ci. L'avenir nous en apprendra davantage.