" Cette année-là, tout se précipite pour moi. Excellent durant toute la saison 1983-1984, le FC Seraing est décimé par des problèmes financiers. Finalement, Léon Van Rymenam trouvera les sous pour reprendre le club et le maintenir en D1 jusqu'en 1987 mais je suis contacté par Lille. Avant que je ne réponde à l'invitation des Nordistes, mon T2 au Pairay, René Taelman (également responsable de la promotion et de la vente chez Nike), me propose d'aller voir deux matches de l'EURO 84, dont France-Belgique (5-0) à Nantes. Sur place, je me rends encore mieux compte qu'il se passe quelque chose d'important en France. Après des années de galère et malgré un bon Mondial 82, tout le foot français a réfléchi et s'est restructuré en profondeur. Rien n'est laissé au hasard, certainement pas la formation.

Durant cet EURO, j'ai discuté pour la première fois avec Michel Hidalgo, l'entraîneur des Bleus. Et quand on a ce bonheur, c'est toujours une source d'enrichissement car un coach de cette qualité place la barre de l'échange à un très haut niveau. Hidalgo a un grand passé de joueur, surtout au légendaire Stade de Reims, et ses joueurs se sont régalés en travaillant avec lui. En France, on respecte le travail des entraîneurs. Quand on se souvient du succès des coaches français en Belgique ( Pierre Sinibaldi à Anderlecht et René Hauss au Standard), je m'étonne désormais de leur absence et de l'envahissement de l'élite par des T1 néerlandais. Je suppose que les Français sont plus chers et surtout effrayés par l'empirisme qui règne en Belgique.

En 1984, la France avance, apprend à gagner et Michel Platini emmène son équipe vers le titre européen. A Lille, j'ai mesuré l'impact positif qu'un tel succès suscite dans tous les clubs. La L1 en a profité pour acquérir le statut de grand championnat européen et les autres succès des Bleus (3e CM 86, 1er CM 98 et EURO 2000) ont renforcé cette évidence.

Le triomphe de 1984 me fait penser à la formidable ascension de la star de cet EURO qui préside aujourd'hui l'UEFA. Platini s'est essayé sans bonheur au métier d'entraîneur avant d'entamer une magnifique carrière de dirigeant qui sait de quoi il parle. Le football belge a lamentablement raté le coche en snobant Michel Preud'homme quand il se présenta à la présidence de l'Union belge. Il aurait fait son trou au haut niveau international. A la FFF, il y a longtemps qu'on a donné la parole aux footballeurs, impliqués dans toutes les grandes décisions... "

PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC

" Cette année-là, tout se précipite pour moi. Excellent durant toute la saison 1983-1984, le FC Seraing est décimé par des problèmes financiers. Finalement, Léon Van Rymenam trouvera les sous pour reprendre le club et le maintenir en D1 jusqu'en 1987 mais je suis contacté par Lille. Avant que je ne réponde à l'invitation des Nordistes, mon T2 au Pairay, René Taelman (également responsable de la promotion et de la vente chez Nike), me propose d'aller voir deux matches de l'EURO 84, dont France-Belgique (5-0) à Nantes. Sur place, je me rends encore mieux compte qu'il se passe quelque chose d'important en France. Après des années de galère et malgré un bon Mondial 82, tout le foot français a réfléchi et s'est restructuré en profondeur. Rien n'est laissé au hasard, certainement pas la formation. Durant cet EURO, j'ai discuté pour la première fois avec Michel Hidalgo, l'entraîneur des Bleus. Et quand on a ce bonheur, c'est toujours une source d'enrichissement car un coach de cette qualité place la barre de l'échange à un très haut niveau. Hidalgo a un grand passé de joueur, surtout au légendaire Stade de Reims, et ses joueurs se sont régalés en travaillant avec lui. En France, on respecte le travail des entraîneurs. Quand on se souvient du succès des coaches français en Belgique ( Pierre Sinibaldi à Anderlecht et René Hauss au Standard), je m'étonne désormais de leur absence et de l'envahissement de l'élite par des T1 néerlandais. Je suppose que les Français sont plus chers et surtout effrayés par l'empirisme qui règne en Belgique. En 1984, la France avance, apprend à gagner et Michel Platini emmène son équipe vers le titre européen. A Lille, j'ai mesuré l'impact positif qu'un tel succès suscite dans tous les clubs. La L1 en a profité pour acquérir le statut de grand championnat européen et les autres succès des Bleus (3e CM 86, 1er CM 98 et EURO 2000) ont renforcé cette évidence. Le triomphe de 1984 me fait penser à la formidable ascension de la star de cet EURO qui préside aujourd'hui l'UEFA. Platini s'est essayé sans bonheur au métier d'entraîneur avant d'entamer une magnifique carrière de dirigeant qui sait de quoi il parle. Le football belge a lamentablement raté le coche en snobant Michel Preud'homme quand il se présenta à la présidence de l'Union belge. Il aurait fait son trou au haut niveau international. A la FFF, il y a longtemps qu'on a donné la parole aux footballeurs, impliqués dans toutes les grandes décisions... " PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC