Sacré René va ! Ta dernière sortie médiatique m'a bien fait marrer. Parce que sincère, authentique. Venue du coeur et surtout venue d'un constat. Tellement évident, tellement vrai mais tellement pas à dire. Tellement pas téléguidée par un service presse de club, c'est-à-dire un conseiller en banalités. René, c'est Weiler. Le coach d'Anderlecht. Sa déclaration ? " Anderlecht, un club de vedettes... Quelles vedettes ? "
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Sacré René va ! Ta dernière sortie médiatique m'a bien fait marrer. Parce que sincère, authentique. Venue du coeur et surtout venue d'un constat. Tellement évident, tellement vrai mais tellement pas à dire. Tellement pas téléguidée par un service presse de club, c'est-à-dire un conseiller en banalités. René, c'est Weiler. Le coach d'Anderlecht. Sa déclaration ? " Anderlecht, un club de vedettes... Quelles vedettes ? " Implacable et tellement pas dans son intérêt. Car faut bien être conscient que depuis qu'ils ont lu ça, ses joueurs se murmurent tous les jours dans le vestiaire : " Mais il est qui lui ? " C'est un mec venu d'ailleurs. C'est un entraîneur suisse qui a travaillé en Allemagne. En deuxième division. Quoi, seulement en D2 ? Ben oui, une D2 à la moyenne de... 23.600 spectateurs. A Nuremberg, son club, véritable institution du foot allemand, ils étaient 30.000 à chaque match. Donc vous comprenez. Si on remet tout en perspective, le championnat belge...Pour lui, comme pour les Allemands, Anderlecht c'est bien un club qui a brillé, il y a des décennies mais pas grand-chose d'autre. Tout ça pour vous dire qu'on est tous, de Liège à Bruges, en passant par Bruxelles, les naseaux dans le nombril à se prendre pour ce que l'on n'est pas. Anecdote personnelle : quand je jouais en Allemagne, à Alemannia Aachen, un match amical est organisé contre le Standard. Les jours qui précèdent, certains de mes coéquipiers m'ont demandé en quelle division, il évoluait. Véridique et Aachen c'est pas à la frontière polonaise hein ! C'est à 10 km de la Belgique. Aucune arrogance. Simplement pas intéressés. Il y a, chez eux, tout ce que le foot a de meilleur à offrir. Alors pour en revenir à René Weiler, il n'est pas arrogant, il n'est tout simplement pas pris dans ce conditionnement séculaire. Dans ces impressions de village. Dans ces attitudes de roitelets de proximité. Parfois, quand vous demandez une interview dans certains clubs, on a l'impression de demander un entretien avec Obama. Voire le Pape. De stars, il y en a qui en ont les attitudes, mais à part ça... Exemple avec le joueur belge le plus cher de notre championnat. Il se faisait " liker " à la vitesse d'un clic pour ses performances au bras d'une " pépéte " mais il se traînait là où il devait être à la hauteur de l'effort fait par son club. Et surtout, l'attente de ses supporters. Pour moi, une vedette, c'est plutôt un certain Simons. Trop souvent moqué mais rarement égalé. Toujours titulaire. Partout. Un mec qui en est à 95 % de temps de jeu sur plus de 20 ans de carrière. Ça, ça le fait. Timmy, c'est du concret. C'est quoi une star ? Est-ce qu'on en est une parce que des milliers d'autres humains rêveraient d'être à notre place ? Est-ce parce qu'on passe à la TV ? Les malheureux qu'on enferme dans une étable appelée téléréalité sont-ils des stars ? Dramatique. J'ai 3000 " like ", donc j'existe. Au nom de qui ? Au nom de quoi ? Les temps changent. OK, c'est bien. C'est le processus normal de la vie. Le malheur, c'est que l'évolution tend à la négation des vraies valeurs. Celles qui ont un sens, celles qui ont du fond. Moi, ma star, elle est dans mon village. C'est mon fermier préféré. Un génie qui ne le sait pas et qui s'en fout. Compétent dans tout, charlatan en rien. Son prénom c'est Céleste. Y a pas de hasard. Il fait son taf, mieux que tous. Avec plaisir. Pour faire plaisir. Pour nourrir les siens mais aussi tous ceux qui ont besoin de lui. Devrait-il passer par la médiatisation pour être ma star ? Surtout pas. Son oeuvre, c'est sa vie. La reconnaissance, il la reçoit. Tous les jours. L'essentiel est là. En fait, on est tous des stars pour les bonnes et les moins bonnes raisons. Il y a celles qui brillent et celles qui aveuglent faute d'arc-en-ciel à offrir. Merci à vous Dali, Iggy, Tony le roi de la pizza, Francis Bacon, Lauren Bacall, Malala Yousafsai, Canto, Arno, MJ, John Kennedy Toole, Docteur King, et bien sûr Céleste. Vous êtes des stars. PAR FREDERIC WASEIGE