Après le Beerschot en 1971 (contre Saint-Trond) et en 1979 (contre Bruges déjà), puis le Germinal Ekeren en 1997 (contre Anderlecht), le Germinal Beerschot a remporté son premier trophée depuis la fusion : 2-1 contre Bruges en finale de la Coupe de Belgique, samedi soir.
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Après le Beerschot en 1971 (contre Saint-Trond) et en 1979 (contre Bruges déjà), puis le Germinal Ekeren en 1997 (contre Anderlecht), le Germinal Beerschot a remporté son premier trophée depuis la fusion : 2-1 contre Bruges en finale de la Coupe de Belgique, samedi soir. " C'est une grande soirée pour le GBA ", s'est exclamé l'entraîneur MarcBrys (43 ans). " Mais surtout une belle récompense pour le groupe qui a essuyé de nombreuses critiques cette saison. On a traité mon équipe de sourisgrise de la D1, voire de honte du championnat de Belgique. Malgré cela, il n'y a jamais eu de véritable tension au sein du groupe. J'ose même affirmer que l'on a souvent produit un football attractif. Simplement, les résultats n'ont pas toujours suivi, et on a tendance à analyser un même match de façon différente selon qu'on l'ait gagné ou perdu. C'est toute la différence entre un poteau intérieur et un poteau extérieur. Lorsque j'ai été nommé à la tête de l'équipe il y a deux ans, un plan de trois ans avait été établi : la première saison, il fallait surtout procéder à un assainissement ; la deuxième, il fallait essayer de réduire l'écart avec le Top 5, ce à quoi û je l'avoue û on n'est pas parvenu ; et la troisième, c'est-à-dire la saison prochaine, il fallait essayer de briguer une place européenne afin de séduire le monde des affaires. L'Europe, on y est. Dans le même temps, il est acquis que l'Antwerp restera en D2. Ce n'est pas de la provocation à l'égard de notre voisin, c'est une simple constatation. Mais cela signifie que le GBA est aujourd'hui en position de force pour attirer les sponsors " Marc Brys, un ex-policier d'un abord par ailleurs très sympathique, ne manie pas la langue de bois. Qui est donc cet entraîneur (à succès) du Germinal Beerschot qui, lorsqu'il succéda à FrankyVanderElst en 2003, faisait figure d'illustre inconnu du grand public ? Son seul titre de gloire (méritoire tout de même) était la première place de D3 conquise la même année avec Berchem, qui n'avait toutefois pas obtenu la licence pour évoluer en D2. Comme joueur, il a fait ses classes dans les équipes de jeunes du Beerschot (un choix logique car il est né à 500 mètres du Kiel) mais il n'est jamais parvenu à briller au plus haut niveau. Il dut donc se rabattre sur des équipes comme Wilrijk (à deux reprises), Merksem et Willebroek pour réaliser une carrière dont le sommet se situa au niveau de la D3. A 35 ans, il cumula les fonctions de joueur/entraîneur au Delta Londerzeel, en Provinciale brabançonne. Le virus, déjà, était en lui : " Il était présent depuis longtemps, car à 20 ans je dispensais déjà des entraînements aux jeunes de Wilrijk. Je me suis rapidement rendu compte que j'avais plus d'avenir dans le métier d'entraîneur que dans celui de footballeur. Quoi qu'en disent certains, ce sont deux métiers totalement différents. Ma carrière de joueur fut, en effet, fort modeste. Si vous me demandez mon meilleur souvenir, je serais incapable de vous citer un match où j'aurais brillé d'un éclat particulier, ou un trophée important que j'aurais brandi. Je citerais plutôt l'expérience humaine que j'ai vécue, l'enrichissement personnel que la pratique sportive et la vie de groupe m'ont procuré. J'étais un milieu défensif sans grand éclat, mais j'ai directement senti que comme entraîneur, le courant passait bien avec les joueurs. J'ai eu l'opportunité de faire mes gammes au Delta Londerzeel. En Provinciale, une erreur est plus rapidement pardonnée. Lorsqu'on n'est pas techniquement doué, on doit compenser en trouvant d'autres solutions : dans le placement, l'intelligence de jeu. C'est ce qui explique peut-être que beaucoup d'entraîneurs sont d'anciens joueurs à vocation défensive : les attaquants sont généralement plus intuitifs et éprouvent dès lors plus de difficultés à enseigner des gestes qu'eux-mêmes réalisent presque naturellement. Ils sont aussi plus individualistes alors qu'un défenseur réfléchit plus en fonction du groupe ". Le groupe est une notion essentielle dans la philosophie de Brys : " Le football est un sport collectif, c'est une notion qu'on ne peut jamais perdre de vue. Si tout le monde travaille en fonction de l'équipe, on est déjà très loin ". Son souci de l'intégration se manifeste à tous les niveaux. Au point qu'il a demandé à ses joueurs d'apprendre le... portugais : " Je trouve cela normal et cela a été facilement accepté. On a cinq joueurs brésiliens dont la langue maternelle est le portugais. Ils forment une petite île au sein du groupe, et il faut essayer de la rapprocher du continent. L'inverse est vrai également, bien sûr : j'ai demandé à mes joueurs brésiliens de suivre des cours de néerlandais, qui reste la langue véhiculaire du club, mais j'estime qu'une démarche dans l'autre sens est intéressante aussi. Je ne demande à personne de connaître le portugais à la perfection. Simplement les rudiments, le langage propre au football. Cela peut être très utile. Et c'est aussi un signal de bienvenue ". Au début de son mandat, beaucoup d'observateurs étaient étonnés que Brys exige de ses joueurs qu'ils passent beaucoup de temps au club. Toujours cette notion de team building ? " Je pense que cela a été mal interprété. On m'a parfois comparé à SergioBrio. C'est fortement exagéré. Au GBA, on s'entraîne deux fois par jour, une fois la veille du match, mais après l'entraînement les joueurs sont autorisés à rentrer chez eux directement. Je ne leur demande pas de rester au stade à tout prix si leur présence n'est pas requise par une activité ". On a aussi comparé Marc Brys à EmilioFerrera, sans doute parce qu'il réussit comme entraîneur sans avoir un grand passé de joueur. Mais l'approche des deux hommes est totalement différente : au contraire du Bruxellois, l'Anversois est un adepte des activités extra-footballistiques ou des dîners au restaurant, avec épouses et enfants : " Je pense que ces activités créent des liens et soudent le groupe. S'il n'y a jamais eu de vives tensions dans le groupe, c'est peut-être dû en partie au fait que chacun avait appris à se connaître. Mais chaque entraîneur a ses méthodes. Je ne tiens pas à être comparé à qui que ce soit, mais si l'on voulait me comparer à Ferrera, je considérerais cela comme un compliment car c'est un très grand entraîneur. Tactiquement, il prépare les rencontres à la perfection ". Le modèle de Brys ? " Aucun entraîneur en particulier. Etre un bon entraîneur consiste, selon moi, à maîtriser toutes les facettes propres à ce métier. Il y a l'aspect tactique, technique ou physique, mais aussi d'autres aspects comme la manière de gérer le groupe ou de se comporter vis-à-vis de la presse, ou encore le dosage des entraînements qui permet d'éviter des blessures. Certains entraîneurs maîtrisent mieux certaines facettes que d'autres. Eric Gerets est passé maître dans l'art de motiver ses joueurs, Ferrera est un maître tacticien et je pourrais citer d'autres exemples. JoséMourinho ? Il a connu de beaux succès à Porto, et a pu les confirmer à Chelsea grâce aux moyens financiers dont il disposait, mais je ne pense pas qu'il puisse être considéré comme un modèle pour la corporation des entraîneurs. Même si c'est un cliché, j'essaie de prendre le meilleur de chacun et d'y ajouter ma touche personnelle ". Brys préfère-t-il se fondre dans le groupe ou garder ses distances ? " Ici aussi, il faut trouver le juste milieu. Je me considère dans une certaine mesure comme un élément du groupe, mais c'est tout de même moi qui dois prendre les décisions finales " Sa méthode n'a pas changé depuis Berchem : " Certes, on ne travaille pas de la même façon avec des amateurs qu'avec des professionnels, mais je n'ai pas opéré un virage à 180° dans ma manière de travailler. J'essaie de maîtriser toutes les facettes du métier d'entraîneur et de bien gérer le groupe ". S'est-il heurté à un certain scepticisme dû au fait qu'il provient de D3 ? " Les doutes qu'on pouvait avoir, c'était sur le fait qu'avec mon modeste passé de joueur de D3 et de Promotion, je n'avais jamais dû gérer des situations de stress liées à des événements dont l'aspect financier est important. Ce handicap me poursuivra tout au long de ma carrière. J'ai aussi dû acquérir une certaine crédibilité, mais je n'ai jamais considéré cela comme un handicap. Au contraire : cela m'oblige à ne jamais me relâcher, à remettre sans cesse l'ouvrage sur le métier. Je ne peux pas me reposer sur des lauriers qui n'existent pas. La crédibilité, on l'acquiert bien sûr grâce aux résultats, et je pense que ceux que j'ai obtenus sont très honorables : en deux ans, mon équipe a remporté la Coupe de Belgique et a terminé deux fois à la septième place ou plutôt û cette saison û, elle aurait terminé à la septième place si on ne nous avait pas ôté trois points dans l'affaire DanielCruz, aligné à La Gantoise lors de la première journée alors qu'il n'était soit disant pas en règle administrativement... Pourtant, au soir d'une défaite au FC Brussels, Brys a failli se retrouver sur un siège éjectable. Mais les dirigeants lui ont proposé une prolongation de contrat ! " Après cette défaite au FC Brussels, on a modifié notre système de jeu et on a évolué davantage comme une équipe menacée de relégation. Cela nous a rapporté des points précieux et on s'est rapidement retrouvé à l'abri. On a pu se concentrer sur la Coupe, et on a essayé d'atteindre notre pic de forme pour les quarts de finale contre Genk, les demi-finales contre Lokeren et la finale contre Bruges. Je voudrais, à ce propos, souligner le travail effectué par le staff médical. Il s'est révélé très efficace, on est à chaque fois arrivé en forme quand il le fallait ". Ces dernières années, les clubs belges semblent vouloir accorder plus facilement une chance à des entraîneurs qui n'ont pas été internationaux : Emilio Ferrera, PaulPut, PhilippeSaint- Jean et Marc Brys en sont les plus beaux exemples. " Saint-Jean a surtout gagné ses galons grâce à son travail chez les jeunes ", précise Brys. " Mais c'est vrai : les clubs semblent avoir étendu leur champ de recrutement et se montrent moins frileux lorsqu'il s'agit de faire confiance à d'anciens joueurs de niveau moyen. Je pense que chaque entraîneur doit plaider sa cause à sa manière, par son travail et ses résultats. Mais, je le répète : joueur et entraîneur, ce sont deux métiers totalement différents. Ce n'est pas parce qu'on a été un grand joueur qu'on devient forcément un grand entraîneur ". La plus belle satisfaction de Marc Brys ? " Voir que l'équipe tourne. Je ne cherche pas à tirer la couverture à moi, ni à apparaître à tout prix sous les feux de l'actualité. Mon leitmotiv, c'est de faire fonctionner le groupe. Lorsque le collectif est au point, les joueurs en retirent individuellement les bénéfices. La convocation de CarlHoefkens en équipe nationale en est le plus bel exemple. Elle constitue la preuve que lorsqu'on pense collectivement, on en recueille toujours les fruits sous la forme de récompenses individuelles. Aujourd'hui c'est Hoefkens, demain ce sera un autre. Tôt ou tard, cela se vérifiera avec moi aussi, j'en suis sûr... ". Daniel DevosMarc Brys a demandé à ses joueurs d'APPRENDRE LE PORTUGAIS ! " Je travaille selon d'autres méthodes, mais si l'on veut ME COMPARER à FERRERA, c'est un compliment "