Samedi, Lokeren a conquis sa deuxième coupe en l'espace de trois ans, dans une ambiance d'unité. Le stade Roi Baudouin s'est coloré de blanc, de noir et de jaune. Ravi, Peter Maes a regardé ses joueurs fêter leur succès et les supporters déborder de joie. Depuis plusieurs années, l'entraîneur insiste sur la force du collectif, de l'unité. Un jour, il aurait soumis ses joueurs à une expérience : ils pouvaient, individuellement, aisément briser un crayon mais pas une poignée de ceux-ci. C'était la preuve qu'un groupe était plus fort qu'un individu.
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Samedi, Lokeren a conquis sa deuxième coupe en l'espace de trois ans, dans une ambiance d'unité. Le stade Roi Baudouin s'est coloré de blanc, de noir et de jaune. Ravi, Peter Maes a regardé ses joueurs fêter leur succès et les supporters déborder de joie. Depuis plusieurs années, l'entraîneur insiste sur la force du collectif, de l'unité. Un jour, il aurait soumis ses joueurs à une expérience : ils pouvaient, individuellement, aisément briser un crayon mais pas une poignée de ceux-ci. C'était la preuve qu'un groupe était plus fort qu'un individu. Il n'y a pas si longtemps, Lokeren était un club turbulent. De 2003 à 2010, soit en l'espace de sept ans, il a procédé à 14 changements d'entraîneur. Jusqu'à l'arrivée de Peter Maes, qui a relevé le défi sans tabou, mû par son engagement sans borne et dans un contexte qui lui permettait de travailler très directement. Lokeren s'est alors mué en foyer de stabilité et de continuité. Quatre qualifications consécutives pour les PO1 et deux coupes : Peter Maes a retiré le maximum de Lokeren. Reste à savoir quelle est encore la marge de progression du club waeslandien, dont le budget avoisine les 30 % de celui de son voisin gantois, pour ne citer que cet exemple. Comme tant d'autres clubs belges, Lokeren voit son expansion freinée par une infrastructure lacunaire. Pour ses matches de Coupe d'Europe, il devra sans doute à nouveau déménager, probablement au stade Roi Baudouin. À l'exception de Gand, les projets de construction de stades restent empêtrés dans les rets de la politique. C'est une réalité avec laquelle le président et mécène de Lokeren, Roger Lambrecht, très ému samedi, doit vivre. Il a émis l'espoir de pouvoir poursuivre sa route de la même manière, malgré tout. Il est fort peu probable que ce soit avec Peter Maes. Le Limbourgeois s'est hissé parmi l'élite de notre pays. Il y a belle lurette que ses explosions de colère sur la ligne de touche ne sont plus le baromètre de ses aptitudes à entraîner. Peter Maes, qui est resté assis exactement 20 secondes pendant la finale, a déjà expliqué dans nos colonnes, la semaine dernière, qu'il souhaitait voir quel pourrait être son apport dans d'autres clubs. C'est là une ambition logique, malgré le montant de l'indemnité qu'il faudra débourser pour le recruter. Sans Peter Maes, le vainqueur de la coupe risque de s'effondrer. Maes a une telle présence qu'il y a un monde de différence à l'entraînement, selon qu'il est sur le terrain ou pas. Quand un tel entraîneur s'en va, les joueurs, libérés de leur sévère maître, ont tendance à relâcher leurs efforts. C'est comparable à l'apport de Francky Dury à Zulte Waregem. Il est parvenu avec maestria à maintenir parmi le (sub)top un club qui a failli perdre son âme l'été dernier en se laissant tenter par un déménagement à Anvers alors que tout le monde s'attendait à ce qu'il subisse un fameux contrecoup. Zulte Waregem et Lokeren n'interviendront pas dans la lutte pour le titre, même si les statistiques que nous publions dans ce numéro indiquent que ces deux clubs ont eu une plus grande possession du ballon que le Standard ou le Club Bruges, jusqu'à présent, et même si Lokeren, par son style de jeu dénué de complexe, peut réaliser quelques exploits. Par exemple vendredi, au Club Bruges, lors du coup d'envoi des play-offs 1. La semaine dernière, les supporters se sont rués sur les abonnements. Après des années de frustration, tout le monde à Bruges rêve du titre. Toutefois, cela ne signifie pas que le supporter moyen de football apprécie ce concept, comme on pourra le constater dans d'autres stades. Les play-offs 1, avec la division par deux des points obtenus dans le championnat régulier, restent une formule injuste, même s'ils seront à l'origine de suspense. Même Anderlecht peut revenir dans la course au titre, moyennant une victoire au Standard. Ce serait très bizarre au terme d'une saison ponctuée de neuf défaites et ce serait également un nouveau coup de griffe à un concept qu'on n'a pas encore évalué en détails après cinq ans. En tout cas, il n'a pas amélioré l'attractivité du jeu ni les prestations européennes des clubs belges, alors que c'était l'objectif poursuivi. PAR JACQUES SYSL'expansion de Lokeren est freinée par des installations lacunaires.