Silvio Proto

Avant de donner sa pleine mesure, il a eu besoin d'un temps d'adaptation logique, dû à la fois aux péripéties qui ont émaillé son passage de La Louvière à Anderlecht, ainsi qu'au nouveau contexte footballistique au sein duquel il était appelé à s'exprimer. A partir du moment où il a pris du galon, il s'est étoffé au fil des matches, avant de subir un coup d'arrêt contraint et forcé, récemment, en raison de ses déboires au genou. Dès qu'il sera redevenu pleinement opérationnel, il devra veiller à poursuivre son apprentissage car, s'il excelle sur sa ligne et fait preuve d'une grande force mentale, il demeure encore perfectible dans le jeu au pied ainsi que dans les sorties aériennes.
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Avant de donner sa pleine mesure, il a eu besoin d'un temps d'adaptation logique, dû à la fois aux péripéties qui ont émaillé son passage de La Louvière à Anderlecht, ainsi qu'au nouveau contexte footballistique au sein duquel il était appelé à s'exprimer. A partir du moment où il a pris du galon, il s'est étoffé au fil des matches, avant de subir un coup d'arrêt contraint et forcé, récemment, en raison de ses déboires au genou. Dès qu'il sera redevenu pleinement opérationnel, il devra veiller à poursuivre son apprentissage car, s'il excelle sur sa ligne et fait preuve d'une grande force mentale, il demeure encore perfectible dans le jeu au pied ainsi que dans les sorties aériennes. Il a été lancé pour la toute première fois dans le grand bain à l'occasion de notre match de LC à Chelsea. Et, d'emblée, il s'est tiré d'affaire comme un grand. Par la suite, il est invariablement parvenu à confirmer tout cet allant, avant d'être à son tour écarté des terrains en raison d'une blessure tenace au pied. A 22 ans à peine, il s'affiche comme le digne successeur de Hannu Tihinen. A l'instar du Finlandais, il fait montre d'une sobriété de tous les instants et d'un sens inné du placement. Pour faire l'unanimité, il lui reste à acquérir l'étoffe d'un patron. Jusqu'à présent, en raison d'une connaissance très approximative des langues, le Hongrois est toujours resté discret. A partir du moment où il donnera lui-même de la voix, ses propres performances ainsi que celles de ses partenaires iront immanquablement crescendo. Cette dimension-là vaut aussi pour Mark De Man, qui hésite encore à haranguer ses coéquipiers. Après une toute petite période de flottement consécutive à la titularisation de Silvio Proto, il a repris du poil de la bête, au point de redevenir l'égal du keeper autoritaire qu'il était avant l'arrivée de son nouveau concurrent au Parc Astrid, en début de saison. Le Tchèque a prouvé naguère, face au Standard, qu'il était prêt à assumer la relève suite à l'indisponibilité de celui qui l'avait entre-temps supplanté au goal. Souverain dans les airs, il a gagné en assurance dans son petit rectangle aussi, où il fait mieux le ménage qu'à son arrivée au Sporting. Son seul manquement concerne ses dégagements du pied droit. Il est toujours susceptible de s'améliorer en la matière. Sa progression a été sérieusement perturbée cette saison, suite à ses blessures au dos et à l'épaule. Par là même, après avoir fait montre de ses aptitudes comme défenseur, il n'a pas pu s'épanouir dans l'entrejeu, comme le club et lui-même l'auraient souhaité. A l'une ou l'autre reprises, il a pu être essayé, malgré tout, au sein de la ligne médiane, tout en n'étant jamais en pleine possession de ses moyens. Est-ce pour cette raison, peut-être, qu'il n'a pas toujours su tirer son épingle du jeu dans ces circonstances ? Le futur le dira si, du moins, il poursuit sa carrière dans cette aire. A sa place, je continuerais à développer ses qualités de défenseur. C'est là, selon moi, qu'il est le plus performant et promis à un tout grand futur. C'est un formidable joueur, au potentiel évident, mais qui n'a sûrement pas terminé son apprentissage derrière. Son jeu de tête, sa concentration : ces deux aspects-là, pour ne citer qu'eux, peuvent encore être sensiblement bonifiés.Il avait tiqué le jour où Hugo Broos avait dit qu'Anderlecht ne disposait pas d'un mais de deux bons gardiens, avec Daniel Zitka et Tristan Peersman. Sans le citer, lui. Il avait raison d'être fâché car à chacun de ses intérims, il a témoigné d'un savoir-faire évident. Aussi, même s'il n'a pas été utilisé en championnat cette saison, je m'en voudrais de ne pas le mettre en exergue. C'est un pro jusqu'au bout des ongles, qui se double d'un mentor hors pair pour la jeune classe qu'il entoure dans le cadre des matches de l'équipe Réserve. Formé dans l'entrejeu chez les jeunes, c'est dans ce secteur qu'il pensait bel et bien faire son trou. Ses premières rencontres en équipe A, cette saison, abondaient d'ailleurs en ce sens, car il livra des prestations sans tache au Sparta Prague et à Chelsea notamment. Les absences de Vincent Kompany, Hannu Tihinen et Roland Juhasz l'ont amené à saisir sa chance à l'arrière. Au départ, il ne pensait pas s'éterniser à une place qui, a priori, ne lui était pas destinée. Personnellement, j'ai dû le convaincre que son avenir se situait sur cette portion du terrain où sa vitesse, son placement et son intelligence devaient logiquement faire merveille. Méfiant au début, il a eu tôt fait de se piquer au jeu, au point de se rendre indispensable dans l'axe central. Doté d'une bonne passe, aussi bien courte que longue, il doit simplement veiller à être plus intransigeant dans le marquage. Il lui faut encore apprendre aussi à jouer plus haut, de manière à éviter une trop grande distance entre les lignes. C'est un des aspects que nous travaillerons dans les mois à venir. Personne n'a fait mieux que lui, à l'arrière, sur le plan du temps de jeu. Des stats qui en disent long sur sa solidité et son caractère précieux pour nous. Incontournable à son poste, Oli s'est singularisé par une constance à toute épreuve d'un bout à l'autre de la saison. Défensivement, il s'est aguerri tant et plus. Dans les duels et à la course, il est pour ainsi dire souverain. Offensivement, par contre, il peut encore mieux faire. D'une saison à l'autre, sa progression n'a sans doute pas subi la même courbe ascendante dans ce registre spécifique. S'il y avait plus de concurrence à son poste, il serait peut-être plus enclin à s'appliquer davantage dans ce domaine aussi. C'est pourquoi la venue d'un bon défenseur gaucher, capable de jouer à la fois à l'arrière latéral ou dans une position plus centrale, constituerait une bonne chose. A mes yeux, Oli est capable de plus qu'il ne le montre actuellement. Mais, pour ce faire, il doit être poussé dans ses tout derniers retranchements. S'il franchit ce palier, Anderlecht ne devrait pas être sa destination finale en tout cas. Il faut toutefois qu'il s'en convainque. Pour moi, seule la rivalité peut l'amener à dépasser ses limites. En l'espace de quatre ans chez nous, il a été mis à toutes les sauces avant de trouver enfin sa voie au back droit. Malheureusement, c'est au moment précis où il atteint sa plénitude qu'il faudra faire sans lui, puisqu'il a choisi de poursuivre sa trajectoire à l'Olympiacos. Mike a tout pour persévérer sur le bon chemin. Il est habile des deux pieds, possède un excellent jeu de tête et le sens du placement. Je ne lui vois qu'une mince tare : il n'est pas toujours assez loquace sur le terrain. Quoi qu'il en soit, son départ est à coup sûr une perte pour nous. En proie lui aussi à des tracas physiques, il n'a pas livré sa meilleure campagne en 2005-2006. Pour exprimer tout son potentiel, il a besoin d'être au sommet de sa condition. Or, il a rarement été en possession de tous ses moyens, surtout au premier tour. Depuis trois mois, il est enfin délivré de ses tourments et carbure à nouveau à plein régime. C'est ce qui explique pourquoi, sur les 12 matchs avant Gand, l'équipe est parvenue à conserver à 8 reprises le zéro au marquoir. Nonobstant une moindre passe cette année, par rapport à ses trois premières campagnes, il va de soi que c'est un garçon qui nous manquera. Et qui fera évidemment l'affaire de son futur employeur, car je ne lui vois qu'un seul manquement : une relance approximative. Pour le reste, il a tout. Aussi bien au plan footballistique qu'humain.Il a traîné comme un boulet son match à domicile contre Chelsea, au cours duquel il n'avait pas été à l'abri de tout reproche. Par la suite, il n'a jamais réussi à reprendre le dessus. Au contraire, il a gambergé tant et plus, au point de perdre sa place au profit de Michal Zewlakow. Celui-ci s'est révélé particulièrement performant sur le flanc droit de la défense, alors que son concurrent est manifestement plus à l'aise dans un rôle plus avancé, comme il l'a prouvé par intermittences. L'ennui, c'est qu'à partir du moment où le 4-3-3 a été instauré chez nous, il n'y a plus eu de place sur l'échiquier pour Anthony. A 18 ans, il lui faut tirer à présent les leçons de son échec et tenter vaille que vaille de repartir de plus belle. Il en a bien sûr les capacités. Reste que son avenir, pour moi, se situe davantage dans l'entrejeu, où il peut plus faire valoir son coffre, sa vitesse et ses dons de footballeur, que dans un rôle purement défensif où il reste friable. Le Burkinabé a rarement déçu mais il lui a toujours manqué ce petit fifrelin qui aurait pu faire de lui un titulaire indiscutable. Chaque année, depuis son incorporation dans l'effectif professionnel, en 2001, il a dû composer avec des garçons qui, comme arrières centraux, le supplantaient toujours dans l'un ou l'autre domaine. Comme cette situation n'était pas appelée à changer, il a vraisemblablement pris la bonne décision en optant de changer d'air, puisqu'il est acquis qu'il défendra les couleurs de Gençlerbirligi la saison prochaine. C'est un club de très bon niveau en Turquie mais pas le top comme Besiktas, Galatasaray ou Fenerbahçe, des clubs comparables au RSCA en Belgique. A ce niveau, je suis sûr qu'il constituera une bonne recrue. Dans le marquage à la culotte, il est très fort. Par contre, ses passes manquent de précision.Lancé dans l'arène au Betis Séville, il a d'emblée marqué des points. Le contexte était évidemment favorable dans la mesure où, pour les deux formations en présence, il n'y avait strictement plus rien à gagner en Ligue des Champions à ce moment. Depuis cette date, l'Ivoirien s'est fait discret, indéniablement. Et ce, pour deux raisons : la première, c'est qu'il plafonne un peu. A force de s'époumoner, il est manifestement à la recherche d'un nouveau souffle. La deuxième, c'est qu'il canalise mal sa fougue sur le terrain également. Il en veut tellement qu'il dépasse par moments les limites autorisées. Mais dès qu'il aura appris à se maîtriser et à mieux doser ses efforts, il nous sera d'un concours précieux. Walt n'a malheureusement pas compris qu'un médian moderne ne pouvait pas seulement se contenter de régner en maître dans le rond central mais qu'il devait également se multiplier aux quatre coins du terrain. Cent fois plutôt qu'une, Hugo Broos d'abord, puis le staff actuel, nous avons essayé de le corriger. Mais il a toujours fait la sourde oreille, arguant que ces mêmes injonctions ne l'avaient jamais empêché de bien tenir son rang auparavant. De fait, ce n'est qu'après son passage dans les rangs de Trévise qu'il a réalisé la gravité de la situation. Là-bas, après un mois, il avait soudain perdu ses cinq kilos superflus. Chez nous, c'était peine perdue de le raisonner à ce propos. Pour bien faire, Walt aurait dû être prêté il y a deux ou trois ans déjà. Dans ce cas, il se serait rendu compte plus tôt qu'il faisait fausse route. Chez nous, il s'est à la longue embourgeoisé, répugnant de plus en plus à se faire violence. Pour moi, un Walter Baseggio complètement requinqué reste le bienvenu. Mais en revenant dans un environnement qui lui est familier, qui dit qu'il ne retombera pas très vite dans ses travers ? Je ne pense pas que la direction voudra courir ce risque. Contrairement à Laurent Delorge, transfuge du Lierse comme lui, le Roumain n'était pas encore parvenu à s'imbriquer totalement chez nous au moment de sa mise à pied. Il faisait invariablement primer l'individuel sur le collectif à ce moment. En cas de perte de balle, sa reconversion laissait toujours à désirer, même s'il s'était amendé à la longue. On ne saura jamais, malheureusement, s'il aurait pu faire l'affaire au Sporting. Une saison en deux volets. Au départ, il ne faisait pas partie des priorités et n'était pas à prendre avec des pincettes. Par la suite, il a repris sa place au sein du 11 de base et, automatiquement, il s'est fait moins bougon. Au fil des semaines, son impact est devenu de plus en plus grand et si Anderlecht a pu décrocher le titre, en définitive, c'est sûrement en bonne partie grâce à lui. Yves a marché à la fois à l'énergie et au moral, entendu qu'un nouveau sacre allait être assorti, pour lui, d'un nouveau bail d'un an. Mais sous prétexte qu'on s'est coiffé des lauriers suprêmes, faut-il réellement récompenser des garçons comme lui, ou comme Grégory Pujol, qui n'ont pas toujours été partie prenante dans le 11 de base cette saison ? D'accord, il y a eu un sursaut bénéfique chez eux, dont les retombées ont été positives au niveau de l'équipe. Mais que se passera- t-il avec Yves si d'aventure, dans quelques mois, il doit une nouvelle fois s'effacer au profit d'un autre ? A 36 ans, il n'est quand même pas éternel. Est-il disposé à rentrer dans le rang ? Il faut s'interroger à ce sujet. Ce qu'il doit encore améliorer ? Son démarrage, pardi (il rit). C'est à l'instigation de Frankie Vercauteren que l'ex- Lierrois avait été recruté l'été passé. Non sans succès parce qu'il avait démontré, après quelques mois d'apprentissage, qu'il était prêt à accéder à l'échelon supérieur. A cet instant, hélas, il a été rattrapé par l'affaire que l'on sait. C'est dommage car au contact des autres Sportingmen, il avait rehaussé la qualité de son jeu et trouvé son rythme de croisière. Dans ces conditions, je le vois réussir à l'ADO La Haye, qui se situe entre les niveaux du Lierse et le nôtre. Un seul mot me vient à l'esprit à son propos : chapeau ! Zet a terminé la saison sur les chapeaux de roue, animé de l'envie de rafler son neuvième titre personnel. Il aura réellement dû souquer ferme pour y parvenir car, de semaine en semaine, sa langue pendait toujours un peu plus à l'entraînement. Vu la qualité de ses matches, c'est sûr que tout le monde voudrait le voir jurer fidélité une saison de plus. Mais je pense qu'il a pris la bonne décision de s'arrêter au moment propice. A bientôt 36 ans, après quasi 20 saisons au sommet, le Suédois est logiquement vidé. C'est sûr qu'il aurait encore pu nous être utile par intermittences la saison prochaine. Mais il était exclu qu'il brille de manière durable. Dès lors, il faut le féliciter d'être sorti par la grande porte. Il va nous manquer, c'est certain. Car personne, au sein du noyau actuel, ne peut se gausser du même impact sur le jeu. La direction devra aller dénicher ailleurs cet oiseau rare. Ce ne sera pas une mince affaire. Après un premier exercice mi-figue mi-raisin, j'avais insisté personnellement pour que la direction lui accorde un rabiot, convaincu que ses qualités nous seraient utiles un jour. Hélas, ses soubresauts n'ont jamais été que des feux de paille. Psychologiquement, le Français n'était pas armé pour faire face à la concurrence. Dans l'adversité, au lieu de se secouer, il cherchait toujours refuge chez des gars qui n'étaient pas mieux lotis que lui. Comme Walt par exemple. Ce n'était pas la meilleure façon pour espérer sortir du trou. Voici peu, nous l'avons invité à partager un repas avec l'ensemble du groupe. C'est assez dire si, malgré son transfert à Lokeren durant le mercato, l'Albanais fait toujours partie de la grande famille anderlechtoise. Et ce, même s'il nous a mené la vie dure, avec Svonko Milojevic et Olivier Doll, lors de la visite de l'équipe de Daknam au Parc Astrid. Pendant les six années qu'il a passées avec nous, Besnik n'aura laissé que de bons souvenirs. A tous points de vue, il était un pro exemplaire. Je ne cache pas que ce fut un crève-c£ur de devoir lui annoncer cet hiver que son avenir se situait ailleurs si, du moins, il voulait encore signer un contrat de longue durée. Il l'a bien compris et a rebondi entre-temps chez les Coalisés waeslandiens. Par sa droiture, sa collégialité et son amour du football, c'est quelqu'un qui doit être montré en exemple. Un très bon joueur et un tout grand monsieur ! Transfuge d'Alemannia Aix-la-Chapelle, il constitue, à 19 ans, une traite sur l'avenir. Introduit au jeu à l'une ou l'autre reprises, à La Louvière notamment, c'est un droitier vif-argent, redoutable aux abords des 16 mètres. Il a démontré qu'il avait sa place dans le noyau élargi. Son temps de jeu devrait logiquement croître la saison prochaine.Il a entamé la saison sur les chapeaux de roue avant de connaître un creux. Depuis l'entame du deuxième tour, il a cependant retrouvé tout son tranchant. Même au cours de sa moindre période, Bartje s'est avéré des plus précieux pour nous par son abattage. A défaut de briller, il ne s'est jamais fait faute de mouiller son maillot comme nul autre. A ce titre, il impose le respect. Son talent seul n'a pas toujours fait la différence, c'est vrai. Mais son rendement n'a jamais été pris en défaut. Aussi bien sur l'aile que dans une position plus centrale, il s'est montré utile au collectif. A 33 ans, son expérience a fait la différence. Malgré son âge respectable, je suis d'avis qu'il peut encore parfaire certains aspects de son jeu. Sur les phases arrêtées, ses services ne sont pas toujours très bien calibrés par exemple. Ce n'est pas une question de compétence mais de concentration. Au même titre que Sami Allagui, c'est un jeune loup aux dents longues. Doté d'une pointe de vitesse non négligeable lui aussi, le Camerounais est habile des deux pieds mais possède un sens du but plus développé que son compère. Il est appelé à un bel avenir lui aussi. Il a repris les entraînements avec l'un ou l'autre kilo excédentaire et a couru après sa meilleure forme dès cet instant. Sur ces entrefaites, d'autres se sont manifestés et ont pris logiquement sa place. Dans une certaine mesure, à l'instar d' Anthony Vanden Borre, lui aussi a été victime du passage du 4-4-2 au 4-3-3. Ses qualités de travailleur infatigable, qui lui avaient permis de se forger une place dans l'équipe de base, la saison passée, se retrouvent dans le chef de Bart Goor à présent. Et c'est lui qui a obtenu la préséance. A Charleroi, où le médian serbe a repris le collier, il a prouvé qu'il pouvait toujours nous être utile. Un marathonien de sa trempe ne se refuse pas. Dommage que son temps de réaction et sa vitesse d'exécution ne soient pas à l'aune de son souffle. Dans le rectangle adverse, peu ont l'instinct du but aussi aiguisé que lui. Mais en regard de cette qualité-là, il convient d'évoquer aussi, chez lui, un caractère irascible, un altruisme peu évident et des problèmes extra sportifs récurrents, qui pesaient de plus en plus sur lui comme une chape de plomb. Dans ces conditions, une séparation devenait inéluctable.En fin de saison passée déjà, il avait émis le désir de partir. A l'époque, Frankie Vercauteren et moi l'en avions dissuadé car nous étions tous d'eux d'avis qu'il avait encore une marge de progression au Sporting. A présent, nous ne pourrons plus tabler sur les mêmes arguments pour le retenir. Car Chippen est prêt à effectuer le grand saut. En l'espace de quelques mois, il s'est complètement métamorphosé. Aujourd'hui, il n'est plus obnubilé par ce désir irrépressible de dribbler qui était son label depuis ses débuts chez nous, en 2003. Ces derniers mois, il s'est vraiment mis au service du groupe, en assumant régulièrement sa part de travail défensif. Ce même comportement s'est d'ailleurs vérifié d'un bout à l'autre de la saison aussi chez son copain Serhat Akin. C'est ce qui nous a permis d'opter résolument pour le 4-3-3. Car si les hommes de couloir ne se soucient pas de la récupération du cuir, l'équipe court au suicide. Nous sommes arrivés quasiment ensemble au Parc Astrid, autrefois. C'est assez dire si je connais Tchouki comme ma poche. S'il n'avait pas été freiné par de sempiternelles blessures, c'est certain qu'il aurait fait partie de la cour des grands. Chaque fois que l'opportunité se présente, le staff n'hésite jamais à le lancer dans le bain. Et il est rare qu'il déçoive dans ces conditions. En raison de sa fragilité musculaire, il n'a hélas jamais pu s'inscrire dans la durée chez nous. C'est regrettable. Il a commencé la saison en force avant d'être freiné par des tracas physiques divers. Or, c'est un garçon qui a besoin d'être en possession de tous ses moyens pour donner sa pleine mesure. Après l'arrivée de Nicolas Frutos, et eu égard à l'état de forme de Serhat Akin et de Christian Wilhelmsson, il a dû se contenter le plus souvent d'un statut de doublure pour l'un de ces joueurs. Mais chaque fois qu'il est monté sur la pelouse, dans ces circonstances, il n'a jamais déçu. C'était le cas contre Westerlo, où il a inscrit un but sur un service de Grégory Pujol, et contre le Standard, où il avait été près de parapher un troisième but. Reste à voir dans quelle mesure ce rôle de joker l'agrée. Car avec sa vitesse, sa disponibilité envers les autres et son dash, il mérite davantage qu'un rôle de substitut. Malheureusement, il n'y a pas moyen de contenter tout le monde. J'ai dit d'emblée qu'il était meilleur que Jan Koller à son arrivée et je ne me suis donc pas fourvoyé à son sujet. L'Argentin s'est rapidement rendu indispensable chez nous. C'est incontestablement l'apanage des grands. Jeu de tête, frappe des deux pieds, gestes techniques insoupçonnés : il ne manque pas de qualités. On n'a toutefois pas encore tout vu chez lui car, jusqu'à présent, il ne s'est jamais livré à 100 % de ses moyens. Sans bobo, je suis convaincu qu'il peut encore largement se bonifier. En matière de passing, entre autres, où l'on relève encore du déchet chez lui. Il s'est ressaisi au deuxième tour après avoir souvent ruminé sa déception lors de la première tranche. Dans ces conditions, il a démontré son utilité en tant que pivot et buteur. Le Français est un joueur très intelligent, habile technicien, qui choisit toujours judicieusement sa position de surcroît. Pour le typer, je dirais qu'il constitue l'intelligence en mouvement. Barré par Nicolas Frutos lorsque l'Argentin est opérationnel, Greg s'impose comme une alternative de choix. Il n'est pas interdit de penser qu'ils pourraient former tous deux une paire intéressante, d'après le contexte, en front de bandière. Une expérience qui pourrait être tentée la saison prochaine à condition que l'ancien Nantais demeure chez nous, évidemment. Une vingtaine d'actions déterminantes, sous forme de buts ou d'assists : l'ex-attaquant de Fenerbahçe a sans conteste répondu à l'attente chez nous, même s'il n'a pas toujours fait preuve de régularité. Face aux sans grade, il a parfois eu des absences étonnantes. En revanche, à l'occasion des sommets du calendrier, il a prouvé qu'on pouvait toujours compter sur lui. Deux buts contre le Club Bruges, un autre face au Standard : ces chiffres sont suffisamment éloquents. Toujours collectif, et personnel lorsqu'il le faut, seule la constance peut le propulser à un échelon supérieur encore. Chez nous ou ailleurs, entendu qu'il n'a guère envie de se retrouver orphelin des ses potes Vincent Kompany et Christian Wilhelmsson. Et il y a bien sûr peu de chances qu'ils jouent encore de concert au RSCA la saison prochaine. bruno govers