Arsenal doit son statut actuel à un seul nom : Arsène Wenger. Lorsque l'Alsacien, aujourd'hui âgé de 59 ans, est arrivé en 1996, il a découvert un club en plein doute. Tant sur le plan sportif qu'extra-sportif puisque venait d'éclater le scandale des pots-de-vin au centre duquel se trouvait l'ancien manager Georges Graham. Wenger a changé la mentalité et le jeu en faisant évoluer certains joueurs. Tony Adams a pu combattre son alcoolisme et le vaincre alors que Wenger apprenait aux Anglais les vertus de la diététique. D'autant moins facile de changer les habitudes qu...

Arsenal doit son statut actuel à un seul nom : Arsène Wenger. Lorsque l'Alsacien, aujourd'hui âgé de 59 ans, est arrivé en 1996, il a découvert un club en plein doute. Tant sur le plan sportif qu'extra-sportif puisque venait d'éclater le scandale des pots-de-vin au centre duquel se trouvait l'ancien manager Georges Graham. Wenger a changé la mentalité et le jeu en faisant évoluer certains joueurs. Tony Adams a pu combattre son alcoolisme et le vaincre alors que Wenger apprenait aux Anglais les vertus de la diététique. D'autant moins facile de changer les habitudes que l'Angleterre découvrait ce coach, venu de Nagoya et dont personne ne soupçonnait le travail en profondeur accompli à Monaco où il était resté neuf ans. Les médias se gaussèrent de cette arrivée en titrant- Arsène Who ? (Arsène qui ?). Pourtant, Wenger ne tarda pas à se faire un nom, en critiquant notamment avec fermeté et politesse le calendrier favorable à Manchester United. Ses premières décisions se portèrent sur les transferts. Il réclama deux Français : Rémi Garde et Patrick Vieira. Si le premier, déjà expérimenté, n'a pas laissé de trace, le deuxième allait s'avérer un coup dans le mille et symboliser la politique de transfert du club. Les choix de Wenger furent souvent gagnants à tel point qu'aujourd'hui, il est le seul manager du championnat anglais à dégager du profit de toutes ses campagnes de transfert (à peu près 5 millions d'euros par saison). Si sur le plan économique, Wenger gère son club en bon père de famille, il en alla de même sur le plan sportif. Petit à petit, le Français a imprimé sa griffe. Ses premiers succès portent encore la marque de fabrique anglaise (lors notamment du doublé en 1998) mais petit à petit, le jeu d'Arsenal allait se continentaliser (cela s'est remarqué lors du deuxième doublé de 2002 et surtout lors de la saison 2003-2004 lors de laquelle les Gunners restèrent invaincus). Mais c'est surtout la rivalité avec Manchester United et le duel avec Sir Alex Ferguson qui marquèrent la fin des années 90 et le début des années 2000. Lorsque l'Ecossais affirmait que son équipe pratiquait le meilleur football, Wenger répliquait avec humour : " Chacun pense avoir la plus belle femme à la maison ". La rivalité culmina en octobre 2004 avec le pizzagate lorsqu'à la suite d'un affrontement entre les deux formations, un morceau de pizza vola à la face de Ferguson. L'arrivée de José Mourinho aboutit à une trêve entre les deux hommes, chacun réservant ses piques au nouveau venu portugais. Wenger, marié à une ancienne joueuse de basket suédoise qui lui a donné une fille, est avant tout un passionné de football. Ses propos portent surtout sur le jeu, à tel point que les tabloïds anglais ont renoncé à le faire parler de sa vie privée. Un jour, à une question d'un journaliste qui lui demandait ce qu'il aimait à Londres, il a répondu : " Je ne connais que Totteridge (son lieu de résidence), Highbury (l'ancien stade) et le chemin pour Colney (le centre d'entraînement). " Et la seule chose que les journalistes savent, c'est qu'il met de la musique classique pour ses trajets en voiture. PETER T'KINT