La 24e phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations s'est soldée par une finale inédite entre la Tunisie et le Maroc. Peut-on parler d'un renouveau maghrébin ?

Etait-ce un one shot ou ces deux équipes s'inscriront-elles dans la durée ? Seul l'avenir, à commencer par les qualifications pour le Mondial 2006, permettra de répondre à cette question. Personnellement, je doute que cette CAN aurait accouché d'une même finale si l'épreuve s'était terminée en Afrique noire en tout cas. La Tunisie a eu l'avantage de se produire sur ses terres et le Maroc, tout comme l'Algérie d'ailleurs, de par leur situation géographique, ont pu compter sur le soutien inconditionnel de milliers de partisans. Les conditions climatiques auront également joué en faveur des représentants du Maghreb dans la mesure où les températures à Tunis, Sfax, Sousse et Bizerte, ont oscillé entre 12 et 18 degrés. Il y a deux ans, au Mali, les matches s'étaient disputés dans la même période par 30 à 35 degrés à l'ombre. Et, comme par hasard, les quatre demi-finalistes étaient tous subsahariens : le Sénégal, le Nigeria, le Mali et le Cameroun. C'est pourquoi je me refuse à tirer trop vite des conclusions. Même si, dans le chef de la Tunisie, il y a quand même lieu de dénoter une continuité puisque les Aigles de Carthage étaient déjà présents lors de la Coupe du Monde 2002. Dans le même groupe que la Belgique.

Par rapport à cette phalange qui avait réalisé le nul (1-1) face aux Diables Rouges, que vous inspire la Tunisie actuelle ?

Grosso modo, elle s'appuie toujours sur la même ossature puisque des éléments porteurs comme le gardien Ali Boumnijel, le défenseur Khaled Badra, le demi Slim Benachour et l'attaquant Ziad Jaziri faisaient déjà partie de la sélection. L'énorme différence, c'est que les Aigles de Carthage se sont dotés aujourd'hui d'un vrai puncheur en la personne de l'ancien Standardman Francileudo Dos Santos, un Brésilien naturalisé dans l'optique de cette compétition, précisément. Au même titre que Luigi Pieroni à Mouscron, voilà donc un autre ex-sociétaire de Sclessin qui se sera réalisé complètement ailleurs. Peut-être y a-t-il là de quoi se poser quelques questions du côté de Sclessin. L'attaquant de Sochaux aura été le grand artificier des siens, avec quatre buts. Soit autant que Youssef Mokhtari, son homologue chez les Marocains. Deux éléments de l'Afrique du Nord qui terminent meilleurs buteurs avec le Camerounais Patrick Mboma, le Malien Frédéric Kanouté, le Guinéen Titi Camara et le Nigérian Jay-Jay Okocha û quatre buts chacun û c'est peut-être là que se situe le renouveau. Car, par le passé, les Maghrébins ont rarement fourni des buteurs. Le Maroc doit déjà remonter à Merry Krimau pour retrouver la trace d'un réalisateur patenté et la Tunisie n'a jamais eu de véritable goal-getter dans ses rangs. En revanche, l'Afrique noire a toujours été bien fournie avec Roger Milla, Rachidi Yekini, François Omam-Byick et j'en passe.

Le titre de meilleur joueur du tournoi est revenu au Nigérian Jay-Jay Okocha. Quels autres joueurs vous ont-ils séduit tout au long de cette CAN ?

Okocha était l'un des grands noms au départ de l'épreuve. Et il faut bien avouer que le médian de Bolton a été l'un des seuls de sa catégorie à faire honneur à sa réputation. D'autres, dont on attendait beaucoup, se sont carrément plantés. Je songe à l'Egyptien Mido Hossam ou encore au Sénégalais El Hadj Diouf, notamment. Le maître à jouer des Super Eagles n'a pas été le seul à se mettre en valeur dans son équipe. Pour moi, la révélation de cette CAN, au niveau des individualités, c'est Peter Odemwingie. Le hasard fait parfois bien les choses puisque l'avant de La Louvière a su profiter des dérapages des attaquants Victor Agali et Yakubu Ayegbeni (et du défenseur Celestine Babayaro), renvoyés tous deux par mesure disciplinaire, pour se faire une petite place au soleil à l'attaque au côté du Lensois John Utaka et de Nwankwo Kanu, le joueur d'Arsenal. Inconnu au bataillon avant l'épreuve, Odemwingie a frappé les imaginations avec ses trois buts et son jeu tout en déviations. A ce train-là, il ne devrait pas faire de vieux os au Tivoli.

Avez-vous relevé des éléments négatifs lors de cette CAN ?

La semaine dernière déjà, j'avais dit que je déplorais le jeu dur. J'ajouterai également que les hautes instances du football international doivent absolument sévir en ce qui concerne les simulations, qui auront été une autre plaie de cette Coupe d'Afrique des Nations. La manière dont le Congolais Lomana Trésor Lua-Lua a été exclu après une vaste comédie du Tunisien Jaohar Mnari est un véritable scandale. Le soi-disant agressé aurait dû être sanctionné lourdement lui aussi au lieu de s'en tirer sans dommage. n

Propos recueillis par Bruno Govers

les commentaires de René Taelman

Etait-ce un one shot ou ces deux équipes s'inscriront-elles dans la durée ? Seul l'avenir, à commencer par les qualifications pour le Mondial 2006, permettra de répondre à cette question. Personnellement, je doute que cette CAN aurait accouché d'une même finale si l'épreuve s'était terminée en Afrique noire en tout cas. La Tunisie a eu l'avantage de se produire sur ses terres et le Maroc, tout comme l'Algérie d'ailleurs, de par leur situation géographique, ont pu compter sur le soutien inconditionnel de milliers de partisans. Les conditions climatiques auront également joué en faveur des représentants du Maghreb dans la mesure où les températures à Tunis, Sfax, Sousse et Bizerte, ont oscillé entre 12 et 18 degrés. Il y a deux ans, au Mali, les matches s'étaient disputés dans la même période par 30 à 35 degrés à l'ombre. Et, comme par hasard, les quatre demi-finalistes étaient tous subsahariens : le Sénégal, le Nigeria, le Mali et le Cameroun. C'est pourquoi je me refuse à tirer trop vite des conclusions. Même si, dans le chef de la Tunisie, il y a quand même lieu de dénoter une continuité puisque les Aigles de Carthage étaient déjà présents lors de la Coupe du Monde 2002. Dans le même groupe que la Belgique. Grosso modo, elle s'appuie toujours sur la même ossature puisque des éléments porteurs comme le gardien Ali Boumnijel, le défenseur Khaled Badra, le demi Slim Benachour et l'attaquant Ziad Jaziri faisaient déjà partie de la sélection. L'énorme différence, c'est que les Aigles de Carthage se sont dotés aujourd'hui d'un vrai puncheur en la personne de l'ancien Standardman Francileudo Dos Santos, un Brésilien naturalisé dans l'optique de cette compétition, précisément. Au même titre que Luigi Pieroni à Mouscron, voilà donc un autre ex-sociétaire de Sclessin qui se sera réalisé complètement ailleurs. Peut-être y a-t-il là de quoi se poser quelques questions du côté de Sclessin. L'attaquant de Sochaux aura été le grand artificier des siens, avec quatre buts. Soit autant que Youssef Mokhtari, son homologue chez les Marocains. Deux éléments de l'Afrique du Nord qui terminent meilleurs buteurs avec le Camerounais Patrick Mboma, le Malien Frédéric Kanouté, le Guinéen Titi Camara et le Nigérian Jay-Jay Okocha û quatre buts chacun û c'est peut-être là que se situe le renouveau. Car, par le passé, les Maghrébins ont rarement fourni des buteurs. Le Maroc doit déjà remonter à Merry Krimau pour retrouver la trace d'un réalisateur patenté et la Tunisie n'a jamais eu de véritable goal-getter dans ses rangs. En revanche, l'Afrique noire a toujours été bien fournie avec Roger Milla, Rachidi Yekini, François Omam-Byick et j'en passe. Okocha était l'un des grands noms au départ de l'épreuve. Et il faut bien avouer que le médian de Bolton a été l'un des seuls de sa catégorie à faire honneur à sa réputation. D'autres, dont on attendait beaucoup, se sont carrément plantés. Je songe à l'Egyptien Mido Hossam ou encore au Sénégalais El Hadj Diouf, notamment. Le maître à jouer des Super Eagles n'a pas été le seul à se mettre en valeur dans son équipe. Pour moi, la révélation de cette CAN, au niveau des individualités, c'est Peter Odemwingie. Le hasard fait parfois bien les choses puisque l'avant de La Louvière a su profiter des dérapages des attaquants Victor Agali et Yakubu Ayegbeni (et du défenseur Celestine Babayaro), renvoyés tous deux par mesure disciplinaire, pour se faire une petite place au soleil à l'attaque au côté du Lensois John Utaka et de Nwankwo Kanu, le joueur d'Arsenal. Inconnu au bataillon avant l'épreuve, Odemwingie a frappé les imaginations avec ses trois buts et son jeu tout en déviations. A ce train-là, il ne devrait pas faire de vieux os au Tivoli. La semaine dernière déjà, j'avais dit que je déplorais le jeu dur. J'ajouterai également que les hautes instances du football international doivent absolument sévir en ce qui concerne les simulations, qui auront été une autre plaie de cette Coupe d'Afrique des Nations. La manière dont le Congolais Lomana Trésor Lua-Lua a été exclu après une vaste comédie du Tunisien Jaohar Mnari est un véritable scandale. Le soi-disant agressé aurait dû être sanctionné lourdement lui aussi au lieu de s'en tirer sans dommage. n Propos recueillis par Bruno Goversles commentaires de René Taelman