Après avoir été impliqué lui-même en Ligue des Champions à l'époque pas si lointaine où il drivait Anderlecht, Aimé Anthuenis a, vécu cette épreuve par clubs interposés puisqu'il aura été, ces derniers mois, un spectateur assidu de maintes joutes ressortant à cette épreuve dans laquelle étaient impliqués l'un ou l'autre de ses Diables Rouges. Comme à Bruges-Ajax, où il eut l'occasion de voir à l'£uvre une belle brochette d'internationaux : Timmy Simons, Philippe Clement, Olivier De Cock, Gaëtan Englebert, Peter Van der Heyden et Sandy Martens côté local, ainsi que Wesley Sonck, Jelle Van Damme et Tom Soetaers dans les rangs hollandais. Un match décisif pour la survie européenne au cours duquel les Belges du Club l'ont emporté haut la main sur les Belgicains amstellodamois.
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Après avoir été impliqué lui-même en Ligue des Champions à l'époque pas si lointaine où il drivait Anderlecht, Aimé Anthuenis a, vécu cette épreuve par clubs interposés puisqu'il aura été, ces derniers mois, un spectateur assidu de maintes joutes ressortant à cette épreuve dans laquelle étaient impliqués l'un ou l'autre de ses Diables Rouges. Comme à Bruges-Ajax, où il eut l'occasion de voir à l'£uvre une belle brochette d'internationaux : Timmy Simons, Philippe Clement, Olivier De Cock, Gaëtan Englebert, Peter Van der Heyden et Sandy Martens côté local, ainsi que Wesley Sonck, Jelle Van Damme et Tom Soetaers dans les rangs hollandais. Un match décisif pour la survie européenne au cours duquel les Belges du Club l'ont emporté haut la main sur les Belgicains amstellodamois. Aimé Anthuenis : En assurant leur pérennité à ce niveau aux dépens de ce géant du football néerlandais, les Bleu et Noir n'ont nullement manqué de mérite. Il ne faut quand même pas oublier qu'au départ, à l'instar d'Anderlecht, nos représentants avaient été incorporés dans la quatrième urne réservée aux entités les moins huppées. Partant de là, la logique commanderait que tant les Flandriens que le Sporting ferment la marche lors du décompte final. Or, le couperet n'est tombé que sur le seul RSCA, et encore dans les conditions que l'on sait. Personnellement, je maintiens que quand un club censé terminer quatrième en raison de son coefficient, grimpe d'un échelon dans la hiérarchie, comme Bruges y est parvenu, on peut parler d'une performance. Et il est même permis, selon moi, de parler carrément d'exploit si, dans ces mêmes conditions, il progresse de deux rangs, obtenant le droit de poursuivre sa route en Ligue des Champions, comme Anderlecht l'avait réussi en 2000-2001. Les Mauves, tout comme Bruges d'ailleurs, auront été bien près de réaliser simultanément ce coup de maître. Les Bruxellois auraient dû cent fois plutôt qu'une ramener un point de leur déplacement au Bayern, tandis que je reste persuadé que si l'AC Milan avait encore eu besoin d'une victoire, jamais le Celta Vigo ne s'en serait retourné chez lui avec trois unités en poche. Bruges aurait pu prétendre à davantage que la défaite lors de sa confrontation at home contre Milan. Ce soir-là, pour avoir risqué le tout pour le tout dans les ultimes péripéties de la rencontre, histoire de vouloir quand même la plier à son avantage, le Club s'est trouvé exposé à un contre meurtrier, superbement clôturé par un exploit de Kaka. Ce goal-là aura, en définitive, pesé très lourd dans la balance. Anderlecht, lui, se mordra sans doute encore longtemps les doigts de ne pas avoir su préserver son acquis, sur son terrain, face au Bayern. A 11 contre dix, il aurait dû pouvoir conserver sa courte avance contre les Allemands. D'autant plus que le parcours des hommes d'Ottmar Hitzfeld a prouvé que les Bavarois n'affichaient plus la même souveraineté que jadis. C'est une équipe manifestement en fin de cycle, qui risque de souffrir mille morts devant le Real Madrid, à présent, alors qu'elle s'était muée en véritable killer de ces mêmes Espagnols dans un passé relativement récent. Manifestement, un gars de la trempe de Stefan Effenberg n'a toujours pas été remplacé, tandis qu'un Roy Makaay ne peut pas encore soutenir la comparaison avec Giovane Elber. Pour moi, au plan du jeu proposé, Lyon et Anderlecht auraient dû poursuivre leur cheminement. Avec, comme suprême cadeau pour le Sporting, l'honneur d'affronter le Real Madrid en huitièmes de finale. Quant au Celtic, il a obtenu ce qu'il méritait avec la poursuite de son aventure en Coupe de l'UEFA. Par rapport à la saison passée, lorsque je l'avais vu à l'£uvre face au FC Bâle, le club de Glasgow a enrichi sa palette. Il ne se contente plus seulement de longs ballons balancés aveuglément vers l'avant mais offre également des séquences de la meilleure veine au sol. Anderlecht l'a vérifié à ses dépens, d'ailleurs, à Parkhead. En particulier sur la phase géniale, toute en déviations, qui avait précédé le but d'ouverture d'Henrik Larsson. Les Vert et Blanc sont en passe, à mes yeux, de franchir un autre palier qui devrait faire d'eux des candidats valables en huitièmes de finale la saison prochaine. C'est une déduction qui tient la route, à première vue, puisque les statistiques attestent que les Mauves ont réalisé un mièvre huit sur 63 à l'occasion de leurs 21 sorties en Ligue des Champions. Mais les chiffres veulent à la fois tout et rien dire. Sous ma gouverne, le RSCA était allé gagner en 2000-01 au PSV Eindhoven et, l'année suivante, il avait engrangé un point au Lokomotiv Moscou et un autre encore à l'AS Rome. Pour le même prix, nous aurions toutefois pu ramener le maximum de Leeds United, la toute première année, puisqu'à une dizaine de minutes du terme, nous menions encore par 0-1 à Elland Road avant que les Anglais ne trompent à deux reprises la vigilance de Zvonko Milojevic, qui opérait alors pour la première fois à ce niveau. Comme quoi il ne faut pas se fier aveuglément aux chiffres. Je ne sais trop quelles sont les données pour le Club, mais je ne serais effectivement pas surpris si les Brugeois présentaient un meilleur bilan en la matière qu'Anderlecht. A mon sens, cette différence découle du style propre à ces deux formations. Les Flandriens sont des adeptes du power play, autrement dit un jeu physique qu'ils se plaisent à déployer en toutes circonstances. A l'ordinaire, ils sont déjà capables de gêner tout le monde aux entournures. Mais quand, de surcroît, ils limitent les déchets, ils sont susceptibles d'inquiéter les plus forts. Leurs 20 premières minutes contre l'Ajax, au stade Jan Breydel, en auront été un exemple éloquent. Les Sportingmen, en raison d'une approche plus académique, ont un football qui se dérègle sans doute un peu plus facilement lorsque les événements laissent à désirer, pour eux, sur le terrain, ou qu'ils sont pris à la gorge par l'adversaire, comme il en était allé au Celtic. Dans ces conditions, ils sont plus vulnérables. Je peux me tromper, mais je ne pense pas que dans l'enfer de Parkhead, les Brugeois auraient été tout aussi malmenés. Ils auraient imposé eux aussi un débat physique à leur opposant, comme ils s'y étaient pris jadis avec les Rangers et, dans ces conditions-là, un bon résultat n'est jamais à exclure. Je reste persuadé que, forts de leur méthode respective, ces deux clubs sont tout autant à même de franchir ce cap. Le Club a prouvé contre le Borussia Dortmund, au dernier stade préliminaire, qu'il était capable de réaliser un formidable résultat à domicile. Si, par la suite, ses prestations n'ont pas toujours été probantes au stade Jan Breydel, il ne faut tout de même pas oublier qu'il a payé un lourd tribut à la poisse avec les blessures de plusieurs éléments clés comme Gaëtan Englebert et Nastja Ceh, entre autres. Si Trond Sollied avait pu disposer en toutes circonstances du maximum de ses forces vives, il n'est pas utopique de penser que le Club serait toujours en course en Ligue des Champions, aujourd'hui. Quant à Anderlecht, qui a démontré qu'il ne devait vraiment redouter personne dans ses installations, lui qui y a pris la mesure de phalanges comme Manchester United, le Real Madrid, la Lazio Rome, le Celtic et Lyon, il devrait peut-être tirer une fois pour toutes les leçons de la brillante réplique qu'il vient de donner au Bayern sur ses terres. Il y a trois ans, exposé à un même cas de figure û à savoir l'obtention d'un point au minimum au PSV Eindhoven û, les Mauves, sous ma férule, avaient réalisé un match absolument dantesque. Contraints de s'enhardir, ils n'avaient pas joué avec le frein à main, comme cela s'était vérifié un peu plus tôt au Dynamo Kiev, pour ne citer que ce seul exemple. Dans le cas présent, les Sportingmen n'ont pas procédé autrement, en hardiesse, à l'Olympiastadion. Et même si ce déplacement s'est soldé par les mêmes chiffres que lors de leur visite à Lyon, où ils s'étaient montrés nettement moins entreprenants, les Mauves auront été beaucoup plus proches de toucher au but en affichant ce plus grand esprit d'entreprise. Ce souci doit être plus constant. Le jour où ils auront dépouillé une fois pour toutes leur jeu de tout calcul, ils récolteront plus de bons souvenirs de leurs voyages aux quatre coins de l'Europe qu'ils ne l'ont fait jusqu'à présent, c'est sûr. Celui qui a incontestablement effectué le plus grand bond en avant durant la première phase de la Ligue des Champions, c'est Olivier Deschacht. Hormis dix petites minutes de flottement à domicile contre le Bayern et une entrée en matière pénible au Celtic, le jeune back gauche a effectué des sorties très autoritaires. Par rapport à Peter Van der Heyden et Jelle Van Damme, il a marqué des points extrêmement précieux au niveau de la concurrence en sélection. Walter Baseggio, lui, m'avait essentiellement plu à domicile avant de livrer une deuxième mi-temps absolument enthousiasmante au Bayern. Ses passes millimétrées dans la ruelle à destination d'Aruna Dindane étaient vraiment des petites merveilles. Avec lui, le jeu du Sporting gagne en vitesse. Le troisième larron au RSCA, Vincent Kompany, a confirmé tout le bien qui a été dit et écrit sur lui. A 17 ans, il peut se targuer d'être devenu déjà incontournable au Parc Astrid et il ne saurait évidemment tarder à faire son trou également en équipe nationale. Chez les Brugeois, deux noms ont crevé l'écran : Timmy Simons, pierre angulaire de la défense, et Philippe Clement, véritable prolongement de son coach sur le terrain. Gaëtan Englebert, de son côté, a prouvé son caractère précieux en conférant une nouvelle dimension à son team dès son retour de blessure. Quant à Peter Van der Heyden et Sandy Martens, ils ont alterné les bonnes et les moins bonnes choses. Pour le titre, tout est d'ores et déjà joué. La seule inconnue, c'est l'avance qu'Anderlecht aura sur ses poursuivants au bout de la compétition : 12 points, 15 ou plus encore ? A présent que ses joueurs peuvent se concentrer à fond sur le championnat et la Coupe de Belgique, je m'attends à ce qu'ils répondent présents sur ces deux tableaux. Pour la deuxième place, je prévois une lutte jusqu'au finish entre le Standard, Bruges et Genk. En principe, les Rouches devraient être sur le velours avec leurs huit points d'avance, mais je crains qu'ils ne continuent à souffler le chaud et le froid jusqu'à la fin de la saison.. Bruges a également été versatile jusqu'ici mais avec le come-back de Gaëtan Englebert et l'extraordinaire adjuvant moral que représente sa qualification en Coupe de l'UEFA, où il est appelé à abattre une carte favorable avec Debrecen, je suis certain qu'il réalisera un deuxième tour d'enfer. Peut-être arbitré par mon ancien employeur, Genk, qui ne manque pas d'arguments non plus pour réaliser une performance, par moments, mais qui ne s'inscrit pas non plus dans la régularité. Bruno Govers" Anderlecht aurait mérité de rencontrer le Real Madrid en huitièmes de finale "