Samedi prochain, l'affrontement entre les deux Sporting figure au programme. La venue de Charleroi au stade Constant Vanden Stock signifiera aussi le retour de ChristianLeiva sur une pelouse qu'il n'a que trop rarement eu l'occasion de fouler. Sauf blessure ou choix tactique improbable, l'Argentin sera bien aligné : aucune clause, dans le prêt de six mois accordé aux Zèbres, n'inclut une interdiction d'affronter le club auquel il appartient toujours. " Je crois même savoir que, lors de son arrivée au Mambourg, JackyMatthijssen avait coché la date du 3 mars sur le tableau noir ", affirme le manager anderlechtois HermanVanHolsbeeck. " Histoire de rappeler au médian que l'heure de la revanche sonnera peut-être ce soir-là. On peut donc s'attendre à voir un Leiva particulièrement motivé contre nous ".
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Samedi prochain, l'affrontement entre les deux Sporting figure au programme. La venue de Charleroi au stade Constant Vanden Stock signifiera aussi le retour de ChristianLeiva sur une pelouse qu'il n'a que trop rarement eu l'occasion de fouler. Sauf blessure ou choix tactique improbable, l'Argentin sera bien aligné : aucune clause, dans le prêt de six mois accordé aux Zèbres, n'inclut une interdiction d'affronter le club auquel il appartient toujours. " Je crois même savoir que, lors de son arrivée au Mambourg, JackyMatthijssen avait coché la date du 3 mars sur le tableau noir ", affirme le manager anderlechtois HermanVanHolsbeeck. " Histoire de rappeler au médian que l'heure de la revanche sonnera peut-être ce soir-là. On peut donc s'attendre à voir un Leiva particulièrement motivé contre nous ". Depuis qu'il a été prêté, Leiva s'est laissé aller à quelques déclarations à l'encontre de FrankieVercauteren qui n'ont pas fait plaisir du côté du Parc Astrid. Sont-elles de nature à hypothéquer son retour à Anderlecht en fin de saison ? " Pas pour l'instant ", assure Van Holsbeeck. " Ce sont des déclarations que l'on entend régulièrement dans la bouche d'un joueur déçu. C'est clair qu'elles n'ont pas été appréciées, mais on s'efforce de les comprendre. Christian estimait que son temps de jeu n'était pas suffisant et que l'entraîneur ne lui offrait pas la chance qu'il espérait. A Charleroi, il a trouvé ce qu'il cherchait puisqu'il est titulaire. Son problème à Anderlecht est que, peu utilisé, il manquait de rythme les rares fois où une chance lui était offerte. Maintenant qu'il a l'occasion d'acquérir ce rythme, c'est à lui de démontrer qu'il avait raison de se plaindre et qu'il méritait qu'on lui fasse davantage confiance. De notre côté, nous ferons une évaluation en fin de saison afin de voir si Christian pourrait convenir dans notre effectif de la saison prochaine ". Leiva était-il victime d'un conflit personnel avec Vercauteren ou son problème était-il exclusivement d'ordre sportif ? " Lorsque nous nous sommes rendus en Argentine, nous savions quel profil nous recherchions ", explique Van Holsbeeck. " Un stoppeur, un milieu de terrain, un centre-avant... Lucas Biglia figurait en tête de liste des joueurs sur lesquels nous avions des vues. Pour le deuxième milieu de terrain, un autre joueur nous avait particulièrement séduit. Le problème, c'est qu'il est parti à Villarreal pour 4,5 millions d'euros. (NDLR : sans doute LeandroSomoza, 26 ans, de Velez Sarsfield, décrit comme un milieu de terrain très complet et de grande envergure, pouvant évoluer comme pivot ou intérieur droit). Dans ces conditions, on se rabat sur le deuxième ou le troisième choix. Nous avons vu Leiva cinq ou six fois à l'£uvre, et nous avons parfaitement pu évaluer ses qualités et ses défauts. Au sein de la direction, nous étions tous persuadé qu'il réunissait suffisamment de qualités pour s'imposer chez nous. Mais nous savions aussi que, parmi tous les transferts, il était l'un des plus risqués. Il avait déjà 28 ans, jouissait déjà en Argentine d'une réputation de joueur au tempérament de feu et ne répondait peut-être pas totalement au profil souhaité par Vercauteren ". Doit-on dès lors considérer ce transfert comme un échec ? " Il y a toujours une part de risques ", estime Van Holsbeeck. " Lorsqu'on en réalise neuf, ils ne peuvent pas tous être des réussites complètes. Attendons avant de dresser un constat définitif. Lors de ses rares apparitions, il a tout de même laissé entrevoir certaines qualités ". Et son caractère bien trempé ? " Disons qu'au début, il était assez difficile à gérer ", reconnaît Van Holsbeeck. " Il était un titulaire incontestable à Banfield, et chez nous, il s'est retrouvé dans une situation où il devait attendre sa chance sur le banc. Mais, avec le temps, il a fini par accepter sa situation et s'est calmé ". Jusqu'au stage à La Manga, où il lui est arrivé de quitter l'entraînement : " Là, il a clairement montré qu'il voulait partir. Au début, nous avions décidé de laisser partir soit Christian, soit Yves Vanderhaeghe, mais pas les deux. Nous nous sommes rendus compte que retenir l'Argentin contre son gré n'était une bonne solution. Lorsque Walter Baseggio a fait des appels du pied depuis l'Italie, nous avons réfléchi à la situation et son rapatriement a finalement permis le départ de Christian ". Werner Deraeve fait partie de ceux qui avaient visionné Leiva en Argentine : " Il a le style Gattuso. C'est un garçon dont les qualités n'apparaissent pas au premier coup d'£il. Lorsque je l'ai vu pour la première fois, il ne m'avait pas particulièrement impressionné. Mais à la deuxième ou troisième fois, je me suis dit qu'il recelait tout de même pas mal de qualités. Celles-ci se sont confirmées les quatrième et cinquième fois. Là, on se dit que s'il répète ce genre de prestations, ce n'est plus un hasard. Ce n'est pas un joueur spectaculaire, mais qui peut se révéler très utile dans une équipe. Dans son genre, c'est un diesel : plus il fonctionne, plus il se montre performant. C'est un peu comme Vanderhaeghe : plus il joue avec l'équipe, plus on se rend compte de l'importance de la tâche qu'il abat. Pourquoi Leiva n'a-t-il pas réussi à Anderlecht ? Cela, c'est une question qu'il faudrait poser à Vercauteren. Cela dit, il ne faut pas comparer ses six mois à Charleroi avec le séjour que Pär Zetterberg a effectué au Mambourg jadis. D'abord, Leiva a déjà 29 ans. Pär, lui, sortait des équipes d'âge d'Anderlecht et tout le monde y croyait, sauf l'entraîneur de l'équipe Première, Aad de Mos. Il estimait que comme diabétique, il n'avait aucune chance de réussir comme sportif de haut niveau ! A Charleroi, Pär a pu prendre le temps de mûrir. Pour Leiva, en revanche, le temps presse... " Les cas de Zetterberg et de Leiva, pas comparables ? Le Suédois n'est pas totalement d'accord : " Il y a tout de même des similitudes. On n'avait pas le même âge lorsqu'on est partis au Mambourg, mais on est tous les deux partis pour se montrer. Lui veut démontrer à Vercauteren qu'il a eu tort de ne pas lui faire confiance. Moi, je voulais démontrer à de Mos qu'il avait eu tort... et attendre l'arrivée d'un nouvel entraîneur, car je pouvais me douter qu'aussi longtemps que le Néerlandais était au Parc Astrid, je n'aurais aucune chance de jouer. Pour Leiva, c'est peut-être moins catégorique. Je ne pense pas que Frankie l'ait définitivement rayé de ses listes. Leiva a déjà une partie de sa carrière derrière lui. Mais, s'il a fait ses preuves en Argentine, il ne les a pas encore faites en Europe. Or, on sait que pour un sud-Américain, une carrière n'est pas totalement réussie s'il n'a pas rencontré le succès sur le Vieux Continent. Charleroi est donc une étape importante pour Leiva : il a eu raison de partir. Et cela a l'air de se passer assez bien pour lui. Ses deux premiers matches se sont soldés par autant de victoires, et j'ai entendu qu'il avait à chaque fois livré une excellente prestation ". Un style Vanderhaeghe ? " Je ne sais pas ", rétorque le néo-Roularien. " Pendant les six mois que nous avons passés ensemble à Anderlecht, j'ai pu constater que Leiva était un très bon footballeur. Il avait un bagage technique assez complet, gardait bien sa position, était capable de renverser le jeu avec bonheur, vers la gauche ou vers la droite. Peut-être ne correspondait-il pas au profil que Vercauteren attendait d'un milieu récupérateur ?". Les deux hommes se sont affrontés il y a dix jours au Schiervelde, mais pas longtemps, puisque Vanderhaeghe a rapidement dû quitter le terrain sur blessure : " Christian a livré une bonne prestation collective. On ne peut pas dire qu'il se soit montré transcendant, mais il n'a pas été mauvais non plus. En fait, il semble déjà s'être fondu dans le groupe, ce qui est sans doute de bon augure pour la suite ". Christian Leiva a-t-il manqué de patience ? " Je n'oserais pas dire cela ", affirme Nicolas Frutos. " Sa situation est différente de celle de Biglia ou de Pareja. Il a déjà 29 ans, c'est huit de plus que Lucas et six de plus que Nico. A son âge, il ne pouvait pas se permettre de rester une saison entière sur le banc. Il avait besoin de jouer sous peine de perdre le rythme et de ne pas retrouver son meilleur niveau. Je crois qu'il a pris une sage décision. Charleroi est une bonne équipe. On a éprouvé beaucoup de difficultés lorsqu'on a été jouer au Mambourg. Toutes les parties peuvent se retrouver gagnantes : Leiva aura l'occasion de jouer, Charleroi qui disposera d'un bon joueur et peut-être même Anderlecht qui récupérera un excellent footballeur lorsqu'il aura retrouvé le rythme et la confiance ". Avant son départ, Leiva s'était rendu coupable de quelques réactions de mauvaise humeur. " C'est normal. Enfin, je veux dire : c'est compréhensible. Il avait des fourmis dans les jambes et l'envie de jouer. Lorsqu'on se trouve dans une situation inconfortable, chacun réagit de manière différente. Christian a réagi d'une manière qui n'était peut-être pas la plus élégante, mais on peut comprendre son mécontentement : il sortait d'une période de deux ou trois saisons où il était systématiquement titulaire, et là il se retrouvait sur le banc. C'était une situation à laquelle il n'était plus habitué ". S par DANIEL DEVOS - photos: Reporters / Buissin