Le PSG se cherchait une vedette, une star... Pendant des années, le Portugais Miguel Pedro Pauleta avait tenu ce rôle mais son âge avançant, son statut de vedette avait pris la poussière, le poussant à la retraite alors que son club arrachait péniblement le droit de poursuivre en Ligue 1. Les supporters les plus pessimistes prévoyaient déjà le vide que l' Aigle des Açores ne manquerait pas de laisser. Mais le fantôme n'aura plané que le temps d'un été. Une autre vedette a pris place.
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Le PSG se cherchait une vedette, une star... Pendant des années, le Portugais Miguel Pedro Pauleta avait tenu ce rôle mais son âge avançant, son statut de vedette avait pris la poussière, le poussant à la retraite alors que son club arrachait péniblement le droit de poursuivre en Ligue 1. Les supporters les plus pessimistes prévoyaient déjà le vide que l' Aigle des Açores ne manquerait pas de laisser. Mais le fantôme n'aura plané que le temps d'un été. Une autre vedette a pris place. En mal de notoriété, l'ex-président Charles Villeneuve avait pris soin de rapatrier des vieilles gloires avides de terminer leur beau parcours au pays. Il fallait cependant dépasser l'attention médiatique soulevée par les arrivées de Claude Makelele et Ludovic Giuly pour découvrir la réussite parisienne de la saison. Car, en quelques mois, Guillaume Hoarau a capté toute la lumière. A l'entame du championnat, Hoarau, 24 ans, n'avait aucune expérience du haut niveau. Mais son nom figurait dans les fiches de tous les recruteurs tant sa saison 2007-2008 avec le Havre en Ligue 2 avait suscité bien des éloges. 28 buts en 38 matches, on n'avait plus vu cela dans l'antichambre de l'élite depuis les frasques de Tony Cascarino (30 buts) avec l'OM rétrogradé suite à l'affaire VA-OM. Pourtant, ses débuts au plus haut niveau ont failli mal débuter : quand on signe son contrat trop tôt pour permettre à son club de bénéficier de l'indemnité de formation (500.000 euros), on peut avoir une mauvaise surprise. Comme celle de voir Le Havre survoler la Ligue 2 et arracher son ticket en Ligue 1 alors que le PSG, le club élu, bataillait ferme pour sauver sa peau lors de la dernière journée. Même pas peur : le petit Guillaume avait inclus une clause d'annulation de contrat en cas de descente du club parisien. " Pas de pression, restons cool ", tel est son leitmotiv. " Il est nature comme la plupart des îliens. Il continue à faire son boulot alors qu'il aurait pu choper le melon ", témoigne aujourd'hui, l'ancien médian du PSG, Alain Couriol. En France, il y a deux possibilités. Soit vous intégrez un des nombreux centres de formation qui fournissent une pelletée de joueurs de Rennes à Nantes, en passant par la D1 belge. Soit vous laissez agir la chance et transitez par la Ligue 2 en espérant le fameux déclic. Cela prend plus de temps mais rapporte davantage si on se base sur les exemples de Franck Ribéry et Didier Drogba. Comme eux, Hoarau a éclaté tard mais une fois la machine enclenchée, on n'a plus pu l'arrêter. Originaire de la Réunion, Hoarau a écumé les deux plus grands clubs de la capitale de l'île (EF Saint-Pierre et la JS Saint-Pierroise) avant de profiter du partenariat de ce dernier avec Le Havre pour suivre Florent Sinama-Pongolle et découvrir la métropole à 19 ans. En Normandie, tout n'allait pas couler de source. Le temps de s'habituer, le temps de gommer toutes les imperfections dues à l'absence de passage par un centre de formation et le voilà déjà âgé de 22 ans. Et là : miracle. Un prêt à Gueugnon plus que prolifique. C'est bien connu : c'est en forgeant qu'on devient forgeron (surnom de Gueugnon). Une demi-saison et huit buts plus tard, le voilà titulaire au Havre. La suite est connue : 28 buts et un transfert au PSG. Aujourd'hui, Hoarau est le hit à la mode. Deuxième meilleur buteur du championnat français, des prestations remarquées sur la scène européenne (notamment contre Wolfsburg) et un lobbying intense pour qu'il intègre l'équipe de France, qu'il aurait déjà dû rejoindre pour le match amical contre l'Argentine ( Raymond Domenech avait renoncé à le sélectionner parce que le match se disputait à... Marseille). " Hoarau est un grand (1,92m) qui sait conserver un ballon et le transmettre proprement, même si c'est probablement dans les airs que le PSG mesure avant tout son apport ", écrivait récemment L'Equipe. Hoarau, c'est donc le pivot version moderne. Celui qui revient en défense sur toutes les phases arrêtées, celui qui sert de point d'ancrage à toute action offensive. " Son profil offre une arme offensive dont l'équipe de France se trouve dépourvue ", renchérit l'ancien joueur Christophe Dugarry. " Il ne fait pas que marquer. Il fait marquer les autres et il défend aussi ", observe le meilleur buteur de la Coupe du Monde 1958, Just Fontaine. Quant au bihebdomadaire France Football, il concluait avec une formule certes banale mais très juste : " Attaquant complet, généreux et altruiste, Hoarau est un rêve pour son entraîneur et un cauchemar pour ses adversaires. " par stéphane vande velde - photo: reporters