Sur le papier, le profil est idéal. À l'heure de faire l'inventaire de son noyau, au bout d'un mercato estival à rallonge, Ivan Leko constate d'ailleurs que Didier Lamkel Zé est la seule arme lui permettant d'être dangereux à partir de reconversions rapides. Une option rangée au placard pour des raisons extra-sportives, mais immédiatement susurrée par Lucien D'Onofrio à l'oreille de Frank Vercauteren quand l'ancien Petit Prince du Parc s'installe sur le banc du Bosuil.
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Sur le papier, le profil est idéal. À l'heure de faire l'inventaire de son noyau, au bout d'un mercato estival à rallonge, Ivan Leko constate d'ailleurs que Didier Lamkel Zé est la seule arme lui permettant d'être dangereux à partir de reconversions rapides. Une option rangée au placard pour des raisons extra-sportives, mais immédiatement susurrée par Lucien D'Onofrio à l'oreille de Frank Vercauteren quand l'ancien Petit Prince du Parc s'installe sur le banc du Bosuil. Affranchi des idées de Vincent Kompany, Frankie dispose ses troupes comme il l'entend. Recroquevillées devant leur but, capables de défendre bas et de ressortir vite. Un plan dans lequel les jambes véloces, les épaules puissantes et le football aveuglément audacieux de Lamkel Zé sont une option de choix en pointe, bien plus que les jambes de plus en plus fatiguées de Dieumerci Mbokani. Contre l'avis d'une partie du groupe comme du public, le Camerounais fait donc son retour en grandes pompes sous le maillot du Great Old. Reste à se montrer décisif pour se faire pardonner. Titulaire douze fois et décisif à dix reprises depuis l'entrée en fonction de Vercauteren, Didier Super alterne entre reprises opportunistes et chevauchées fantastiques, et est l'un des hommes en vue du sans-faute réalisé par son équipe lors d'un mois de mars réduit à sa portion congrue par la trêve internationale. Face à Courtrai, alors que l'exclusion précoce d' Abdoulaye Seck met ses couleurs en difficulté et que le Matricule 1 semble tirer la langue quand les visiteurs refont leur retard aux alentours de l'heure de jeu, le numéro 7 remet l'Antwerp aux commandes sur un service de Mbokani avant de permettre à Birger Verstraete d'envoyer au fond des filets le dernier but de la rencontre. Sur la pelouse du Jan Breydel, surtout, c'est lui qui transforme en victoire le plan "0-0" de Vercauteren en profitant d'une mésentente dans la défense du champion en titre pour s'en aller tromper Simon Mignolet avec l'aisance des vrais finisseurs. Conclusion avec la tête froide, célébration avec le sang chaud, la routine n'arrache pas de sourire aux ténors du vestiaire, mais empile les points sur la route des play-offs 1. Une individualité fantasque au sommet d'un collectif robuste, voilà le plan ébauché par Frank Vercauteren depuis sa prise de pouvoir dans le club de la Métropole. À défaut d'offrir du spectacle, la méthode est efficace sur une scène nationale que le patron du centre-banane connaît par coeur. Avoir neutralisé l'armada offensive des Blauw en Zwart est probablement le fait d'armes qui a permis à Frankie de se distinguer malgré tout, devançant un John van den Brom relancé et un Hein Vanhaezebrouck encore tâtonnant au scrutin du meilleur coach du mois écoulé.