On l'avait un peu oublié, englué dans l'anonymat de la Ligue 2 pendant quatre ans. Quelques mois après son retour au sein de l'élite française, un des géants du foot français fait un come-back fracassant. Le FC Nantes (huit titres au compteur) constitue en effet la surprise de ce début de saison puisqu'il pointe à la quatrième position. Surprise qu'on n'attendait vraiment pas, tant les Canaris étaient revenus en L1 sur la pointe des pieds.
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On l'avait un peu oublié, englué dans l'anonymat de la Ligue 2 pendant quatre ans. Quelques mois après son retour au sein de l'élite française, un des géants du foot français fait un come-back fracassant. Le FC Nantes (huit titres au compteur) constitue en effet la surprise de ce début de saison puisqu'il pointe à la quatrième position. Surprise qu'on n'attendait vraiment pas, tant les Canaris étaient revenus en L1 sur la pointe des pieds. Et c'est peut-être là que réside le succès de l'équipe actuelle. Sous la houlette de Michel Der Zakarian, ancien défenseur sans grand talent mais avec beaucoup d'abnégation au sein du grand FC Nantes d'Henri Michel, cette formation a choisi d'autres recettes que celles qui ont fait sa renommée. Elle ne porte pas la griffe de ce jeu à la nantaise, fait de passes et de mouvements, précurseur dans les années 80 et 90 du Barça d'aujourd'hui. Mais elle est davantage centrée sur l'engagement, le pressing et le coeur. " On remarque qu'il y a un vrai engouement populaire autour de cette équipe, alors que le public avait tendance à bouder le club depuis quelques années. Cela s'explique en grande partie par l'humilité de ces joueurs ", explique Loïc Folliot, journaliste à Ouest France. La réussite actuelle tient surtout à des facteurs indépendants à la volonté de la direction. Sous la menace d'une interdiction de recrutement suite à un imbroglio dans le transfert d'Ismaël Bangoura, le club nantais avait décidé de ne pas trop transférer et de reconduire le groupe qui avait réussi à s'extirper de la L2. Et ça fonctionne ! Lors de la dernière rencontre, 10 des 11 titulaires l'étaient déjà un étage plus bas. Mais ce qui surprend le public du FC Nantes, c'est qu'aux qualités d'engagement perçues la saison dernière, les joueurs ont su ajouter une touche technique. " On s'aperçoit qu'ils sont capables de se hisser aux exigences de la L1 à ce niveau, ce que personne n'attendait ", ajoute Folliot. " Ils ont fait jeu égal avec le PSG et ont battu Rennes, deux équipes jugées meilleures sur le plan technique. " Depuis le début de la saison, les Canaris s'appuient sur une colonne vertébrale composée du gardien Rémy Riou (ex-Toulouse et Auxerre, à ne pas confondre avec l'ancien gardien de Charleroi, Rudy Riou), d'une défense solide, qui prend peu de buts et d'un buteur, l'international serbe Filip Djordjevic, 20 buts la saison passée, et qui rivalise avec Edinson Cavani et Zlatan Ibrahimovic cette saison puisqu'il a déjà inscrit huit buts. Acheté alors que le club évoluait encore en L1, Djordjevic n'a jamais voulu quitter le club, la faute à un salaire conséquent, à une fidélité affichée et à l'absence d'offres plus alléchantes. Désormais, la Lazio Rome le courtise. Cette bonne série est également le résultat d'une plus grande discrétion du bouillant président Waldemar Kita, par le passé critiqué pour avoir vendu l'âme du FC Nantes, club familial par excellence. Alors qu'il gérait le club depuis Paris, il a délégué la direction générale à son fils depuis deux ans et demi et celui-ci a pris l'habitude d'être à Nantes toute la semaine. Pourtant, en interne, on refuse de s'enflammer, le club étant encore sous la menace d'une interdiction de recruter pendant deux mercatos. " Il est trop tôt pour parler de renaissance ", lâche Der Zakarian. " Pour l'instant, on a juste remis le club en état de marche en retrouvant nos valeurs fondatrices que l'on avait oubliées depuis un moment. Maintenant, il faut tenir. " PAR STÉPHANE VANDE VELDE