Restera, restera pas ? C'est la question que l'on peut poser concernant l'avenir de Franky Vercauteren à la tête des troupes anderlechtoises. Si lui-même n'exclut rien, tout porte à croire, malgré tout, qu'à l'instar de ce qui s'était passé en 1998, lorsqu'il effectua une mission de dépannage mémorable au côté de feu Jean Dockx, l'ex-Soulier d'Or retournera en fin de saison à ses premières amours : la formation des jeunes et leur intégration dans le noyau de Première.
...

Restera, restera pas ? C'est la question que l'on peut poser concernant l'avenir de Franky Vercauteren à la tête des troupes anderlechtoises. Si lui-même n'exclut rien, tout porte à croire, malgré tout, qu'à l'instar de ce qui s'était passé en 1998, lorsqu'il effectua une mission de dépannage mémorable au côté de feu Jean Dockx, l'ex-Soulier d'Or retournera en fin de saison à ses premières amours : la formation des jeunes et leur intégration dans le noyau de Première. Mais, qu'il s'inscrive dans la durée ou non, le problème de sa succession interpelle d'ores et déjà la direction du Sporting. Avec, comme paramètre essentiel, le profil requis pour driver un club pas comme les autres, suite à l'adulation mais aussi aux jalousies et autres ranc£urs qu'il suscite. Alors, qui pour prendre un jour les rênes de l'équipe fanion après l'intermède, prolongé ou non, du Petit Prince du Parc ? Par la force des choses, le manager du RSCA doit toujours composer aujourd'hui avec l'héritage de son prédécesseur, Michel Verschueren. Mais sa griffe est de plus en plus perfectible et c'est à son instigation que des garçons comme Mbo Mpenza ou, Christophe Grégoire ont été acquis. Quant à la promotion récente de Franky Vercauteren, c'est encore lui qui l'a appuyée de tout son poids. " Quelle que soit l'orientation que Franky voudra donner à sa carrière, sa nomination comme entraîneur en chef s'imposait ", dit-il. " Il a non seulement l'avantage d'un vécu appréciable au sein du club mais, en plus, il a déjà contribué à restaurer la compétitivité de l'équipe il y a une demi-douzaine d'années. Aujourd'hui encore, malgré le temps qui s'est écoulé dans l'intervalle, beaucoup évoquent toujours avec nostalgie le football que le Sporting dispensait à l'époque, avec deux résultats sortant de l'ordinaire : un 0-6 au Standard ainsi qu'un 2-5 à Genk, futur champion. Ce jeu-là, c'est tout simplement celui que j'aimerais voir dispenser régulièrement par Anderlecht. Et qu'on ne me dise pas que le contexte a changé : avec des joueurs comme Aruna Dindane, Pär Zetterberg, Vincent Kompany et Christian Wilhelmsson, il y a parfaitement moyen de proposer un football léché. Voyez les prestations réalisées cette saison contre Benfica et le Club Bruges. Ces soirs-là, les bulles ne manquaient pas dans le champagne (sic). Mais deux soirées de gala en l'espace de quelques mois, c'est insuffisant. Il faut davantage gâter notre fidèle public et, par le biais de Franky, nous espérons un retour à l'académisme. Celui-ci a longtemps été la caractéristique principale du club, même s'il s'est étiolé ces dernières années, suite à un changement de cap voulu par les entraîneurs en place. Grégoire se rapproche beaucoup plus de la philosophie anderlechtoise qu'un Mark Hendrikx ou un Gert Verheyen, même si tous deux ont remarquablement rebondi par la suite. Ce fameux jeu à l'anderlechtoise, que nous voulons à présent restaurer avec Franky, doit demeurer notre label au cours des années à venir. Et il faudra veiller à ce que le futur coach ou le futur joueur transféré épouse désormais ce critère. Nous aurons désormais une ligne de conduite, des plus jeunes à l'équipe fanion, et il s'agira de la préserver en toutes circonstances. Plus question, par exemple, d'acquérir un élément sous prétexte qu'il a flambé quelque part, comme Ode Thompson, sans se demander s'il présente réellement le profil requis par le RSCA. Et ce qui vaut pour les joueurs sera d'application aussi à celui qui les encadre : il devra se fondre dans les caractéristiques de la maison. Qui ? Je crois qu'en Belgique plusieurs entraîneurs ont imposé un style, même s'il diffère du nôtre. Reste à savoir si cette réalité peut être transposée chez nous, avec les critères que nous jugeons primordiaux. A défaut, d'autres exemples, étrangers dans ce cas, méritent réflexion. Franky lui-même a toujours été sous le charme de ce qu'il avait vécu autrefois à Nantes, sous la conduite de Coco Suaudeau ou de Raynald Denoueix. Plus près de nous, les résultats de l'équipe de France, ou encore des formations françaises de clubs sont intéressantes. A des degrés différents, des hommes comme Daniel Leclercq ou Albert Cartier ont prouvé qu'il y avait moyen de réaliser du bon travail en un court laps de temps. Idem pour Trond Sollied,Sef Vergoossen ou encore Emilio Ferrera dans d'autres registres. Mais il ne faut pas nécessairement aller chercher midi à quatorze heures : la meilleure solution, nous l'avons peut-être bien avec Franky. A nous, dans ce cas, de veiller à ce qu'elle se prolonge le plus longtemps possible ". De 1989 à 96 d'abord, puis de 1998 à 2003, Bertrand Crasson a traversé pas moins de 12 saisons au plus haut niveau au Parc Astrid. D' Aad de Mos à Hugo Broos en passant entre autres par Johan Boskamp, Raymond Goethals, René Vandereycken et Aimé Anthuenis, il a vu défiler bon nombre d'entraîneurs. Pas toujours très convaincants ces dernières années. " Je serai mitigé pour ce qui est d'Aimé Anthuenis, en ce sens qu'il a quand même obtenu deux titres tout en réalisant en 2000-2001 un parcours d'enfer avec le Sporting en Ligue des Champions ", observe-t-il. " A mon goût, toutefois, l'équipe était beaucoup trop dépendante du duo d'attaque formé de Tomasz Radzinski et Jan Koller. Quand ils étaient mis sous l'éteignoir, le reste manquait de répondant. L'actuel entraîneur des Diables n'était sûrement pas des plus modernes. Mais sous la coupe d'Hugo Broos, Anderlecht s'est carrément retrouvé en plein Moyen Age. J'ai souvent eu l'impression que pour lui, le temps s'était arrêté à l'époque où il était encore lui-même joueur au Sporting et que des gars comme Robby Rensenbrink, Jan Mulder ou Paul Van Himst faisaient la différence. Désolé, mais les temps ont changé, au Sporting comme ailleurs. Aujourd'hui, il ne suffit plus de tabler sur un exploit hypothétique de l'un ou l'autre artiste, il faut une ligne de conduite. Or, avec Hugo, Anderlecht n'en avait guère. Quand j'entends que mes anciens partenaires se sont déplacés la saison dernière au Celtic Glasgow sans avoir consacré des séances entières au trafic aérien, je suis pantois. Cette saison, rebelote : je n'ai pas vu la moindre idée directrice face à Valence, par exemple. En revanche, les Espagnols en savaient manifestement un bout sur leur adversaire, puisque Aruna Dindane avait droit à une double voire une triple garde serrée. Dans ces conditions, je ne suis pas surpris de la réplique inexistante du Sporting en coupe d'Europe. Si Franky Vercauteren avait déjà eu les coudées franches à ce moment, jamais les Mauves n'auraient subi pareille humiliation. Avec lui, on peut être sûr qu'Anderlecht empruntera enfin la voie du modernisme. Pour le remplacer, le cas échéant, je ne vois pas 36 solutions côté belge. A part René Vandereycken, qui a plutôt bien évolué, et Emilio Ferrera, un grand en devenir, je ne vois personne. A la place des responsables du club, j'irais voir ailleurs. Un type comme Albert Cartier prouve qu'il y a des gens capables en France, sans posséder pour autant un nom ronflant comme Arsène Wenger, Didier Deschamps ou Paul Le Guen. C'est un exemple à méditer ". Footballeur au long cours du RSCA lui aussi (le Suédois en est à sa 11e saison en Première), Pär Zetterberg sera amené tôt ou tard à embrasser les fonctions de leader sportif au Parc Astrid. " C'est toujours très spécial ici car il faut que l'heureux élu fasse l'unanimité à tous points de vue : footballistique, linguistique, psychologique et j'en passe ", souligne-t-il. " Dans ceux que j'ai connus à Anderlecht, Jean Dockx était proche de la perfection. Dommage qu'il n'ait pas persévéré et la même remarque sera peut-être d'application aussi, qui sait, avec Franky. Jean avait du répondant en tous domaines. Ce qui m'a particulièrement frappé, chez lui, c'était sa capacité de trouver les mots justes avec ceux qui n'étaient pas titulaires. Parler aux diverses composantes du onze de base, c'est pour ainsi dire donné à tout le monde. Par contre, faire passer un message auprès des autres, c'est compliqué. Hugo Broos l'a vérifié à ses dépens. Je pense que Franky saura expliquer les motifs de ses choix. Cet aspect-là, lié à ses autres compétences, doivent en faire logiquement l'homme de la situation. Mais de là à dire qui a les atouts pour le remplacer un jour, je n'y ai pas encore songé. Je vous répondrai le jour où j'aurai de la bouteille dans mes futures fonctions (il rit) ". Bruno Govers" NOTRE STYLE S'EST éTIOLé suite au changement de cap voulu par les entraîneurs en place "