Avant que l'ECC d'Anvers ne lui vole définitivement la vedette, l'événement tennistique majeur en Belgique, au début des années 80, était le tournoi international indoor de Bruxelles, organisé à Forest-National. En 1983, il fut remporté, contre toute attente, par un jeune Suédois de 17 ans, Mats Wilander, qui allait encore s'illustrer la même année en atteignant la finale du tournoi de Roland Garros, stade où le petit prodige dut en définitive plier l'échine face à un certain Yannick Noah, qui ne rêvait pas encore d'une carrière de musicien à l'...

Avant que l'ECC d'Anvers ne lui vole définitivement la vedette, l'événement tennistique majeur en Belgique, au début des années 80, était le tournoi international indoor de Bruxelles, organisé à Forest-National. En 1983, il fut remporté, contre toute attente, par un jeune Suédois de 17 ans, Mats Wilander, qui allait encore s'illustrer la même année en atteignant la finale du tournoi de Roland Garros, stade où le petit prodige dut en définitive plier l'échine face à un certain Yannick Noah, qui ne rêvait pas encore d'une carrière de musicien à l'époque... Ce n'était toutefois pas pour le coming-man scandinave que les amateurs de la balle feutrée se déplaçaient à ce moment-là. Les ténors de l'épreuve avaient alors pour noms Jimmy Connors, John McEnroe et Ivan Lendl, pour ne citer qu'eux. Si Jimbo et le Tchèque étaient encore de bonne composition à l'heure des interviews, Supermac pour sa part, n'était manifestement pas à prendre avec des pincettes, remballant toujours toutes les requêtes des journalistes. Comme j'étais bon pote avec Serge Evrard, un ancien joueur de réserve d'Anderlecht devenu gérant d'un magasin de sport, et désigné cordeur officiel de l'événement, je décidai de tenter ma chance, un jour, en m'installant dans le local qui lui avait été affecté et ce, dans l'attente du tennisman américain, censé y récupérer ses raquettes les jours de match. Deux heures avant d'entrer en scène, en cours de soirée, notre homme fit donc irruption à un moment donné chez le cordeur, qui eut la délicate attention de me présenter à la star US. Mister McEnroe, pourrais-je vous poser quelques questions ? me risquai-je. Réponse de John McEnroe : Inutile, je ne réponds jamais à des questions avant un match. OK, lui-dis-je, peut-être pourrais-je vous interviewer après votre rencontre. Nouvelle riposte du Yankee : Inutile, je ne réponds jamais à des questions après la partie. Dernière tentative de ma part : Mais alors, Mister McEnroe, quand pourrais-je donc vous poser l'une ou l'autre question ? Ce à quoi le garnement me répliqua tout de go : Mais enfin, depuis 30 secondes, vous ne faites que ça. Après quoi, le gars s'empara de ses raquettes et quitta la pièce. J'étais scotché sur place, complètement à quia. Ah, on peut dire que Mac a vraiment le sens de la répartie rigolait Serge Evrard dans son coin. Inutile de dire que mes tentatives d'approche de la star en sont restées là. Seule consolation : à défaut d'avoir pu cuisiner McEnroe, j'ai quand même pu me rabattre sur son compatriote Peter Fleming, qui était son partenaire attitré en double. Trente ans après, je ne sais plus trop ce que ce second couteau a bien pu me raconter. Par contre, la réplique cinglante de Mac, je m'en souviendrai toute ma vie... PAR BRUNO GOVERS