Milan ne se peignait plus qu'en rouge. L'été dernier, le mercato gargantuesque des Rossoneri, passés sous pavillon chinois, a éclipsé les achats malins de l'autre moitié footballistique de la capitale de la mode. L'Inter aurait pu s'offrir un peu d'exposition médiatique si Pepe, longtemps convoité, n'avait pas finalement posé ses valises à Istanbul. Mais l'épisode a été rapidement oublié.
...

Milan ne se peignait plus qu'en rouge. L'été dernier, le mercato gargantuesque des Rossoneri, passés sous pavillon chinois, a éclipsé les achats malins de l'autre moitié footballistique de la capitale de la mode. L'Inter aurait pu s'offrir un peu d'exposition médiatique si Pepe, longtemps convoité, n'avait pas finalement posé ses valises à Istanbul. Mais l'épisode a été rapidement oublié. Installé dans le centre d'entraînement d'Appiano Gentile, camp de base de l'Inter, Luciano Spalletti a accueilli Matias Vecino et Borja Valero, débarqués de la Fiorentina avec du talent et l'expérience d'un championnat italien si spécifique dans les bagages. Et surtout, il y a eu Milan Skriniar. Un prénom franchement pas fait pour ses nouvelles couleurs, mais une acclimatation à la Botte sous les couleurs de la Sampdoria et un potentiel qui devrait rapidement l'installer parmi les meilleurs défenseurs centraux de la planète. La mondialisation du football a beau passer par là, l'Italie reste une terre à part, où les premiers rôles ne se jouent jamais sans un attaquant qui tutoie les vingt buts par saison. C'est sans doute l'erreur principale du mercato du Milan, qui doit se contenter d'un André Silva prometteur, mais toujours pas adapté au Calcio et encore muet à ce stade de la saison. Chez les Nerazzurri, par contre, on se régale depuis plusieurs saisons des buts du capitano Mauro Icardi, terreur des rectangles italiens et systématiquement en lutte pour le titre de meilleur buteur malgré les années de disette traversées par le Biscione. Armé dans les deux rectangles, avec leur buteur argentin et les réflexes ahurissants du gardien slovène Samir Handanovic, il ne manquait finalement au club qu'un coach capable de structurer les neuf autres joueurs au service d'une plus grande efficacité collective. Avec Skriniar pour épauler le chevronné Miranda, Spalletti a installé une charnière qui rappelle les plus belles heures du duo Samuel - Lucio, qui avait remporté la Ligue des Champions en suivant la feuille de route de José Mourinho. Autour d'eux, les latéraux, talon d'Achille systématique de l'Inter depuis la retraite de Javier Zanetti, reçoivent une tâche limitée qui leur permet de se concentrer sur un rôle défensif sommaire. Danilo D'Ambrosio et Davide Santon, jugés trop courts pour le haut niveau, tiennent donc la dragée haute aux ailiers adverses pour compléter la défense la plus imperméable du Calcio. Protégés par un système défensif bien huilé, qui a rendu muet les armadas offensives de la Juve et du Napoli, les joueurs les plus doués de l'équipe peuvent donc s'en donner à coeur joie. Borja Valero fait parler sa technique et sa vista pour remonter le ballon, épaulé par Antonio Candreva qui arpente le flanc droit et Ivan Perisic qui enchaîne les débordements virevoltants de l'autre côté. Le Croate, sur le départ cet été, a finalement prolongé son bail, et sa complicité avec Icardi fait des ravages. Perisic a déjà offert cinq passes décisives à son buteur argentin, faisant de leur relation la plus prolifique des grands championnats du continent. Par rapport à la saison dernière, les changements semblent se résumer à des détails. Mais mis tous ensemble par la science de Spalletti, ils ont transformé un club moribond en principal outsider pour le titre.