Si Ondrej Mazuch évolue à Anderlecht aujourd'hui, le club en est largement redevable à l'un de ses scouts, Albert Martens. Appelé à prospecter l'Est de l'Europe, c'est lui qui fut le premier à noter le nom du défenseur tchèque : " Ondrej s'était distingué avec les U17 aux Championnats d'Europe, en mai 2006 à Luxembourg. Parvenu en finale face à la Russie, il avait été repris dans l'équipe du tournoi. A l'automne 2006, je me suis rendu au FC Boby Brno, qui devait en découdre avec le FC Synot. D'emblée, j'ai eu l'attention attirée par ce garçon, âgé à peine de 17 ans. Ce cas de figure n'est pas vraiment exceptionnel là-bas. Dans la mesure où la plupart des stades sont vides, les dirigeants exposent toujours très tôt leurs jeunes talents, afin de réaliser avec eux une affaire financière intéressante. Anderlecht avait déjà pu le vérifier quelques années plus tôt, en 2002. A l'époque, mon ancien collègue, Peter Ressel, s'était déplacé à Prague dans l'optique d'un derby. Mais en lieu et place de contacter Libor Sionko, une des valeurs sûres du Sparta, il préféra privilégier la piste d'un teenager du Bohemians, Martin Kolar, qui ne coûtait pas grand-chose. "
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Si Ondrej Mazuch évolue à Anderlecht aujourd'hui, le club en est largement redevable à l'un de ses scouts, Albert Martens. Appelé à prospecter l'Est de l'Europe, c'est lui qui fut le premier à noter le nom du défenseur tchèque : " Ondrej s'était distingué avec les U17 aux Championnats d'Europe, en mai 2006 à Luxembourg. Parvenu en finale face à la Russie, il avait été repris dans l'équipe du tournoi. A l'automne 2006, je me suis rendu au FC Boby Brno, qui devait en découdre avec le FC Synot. D'emblée, j'ai eu l'attention attirée par ce garçon, âgé à peine de 17 ans. Ce cas de figure n'est pas vraiment exceptionnel là-bas. Dans la mesure où la plupart des stades sont vides, les dirigeants exposent toujours très tôt leurs jeunes talents, afin de réaliser avec eux une affaire financière intéressante. Anderlecht avait déjà pu le vérifier quelques années plus tôt, en 2002. A l'époque, mon ancien collègue, Peter Ressel, s'était déplacé à Prague dans l'optique d'un derby. Mais en lieu et place de contacter Libor Sionko, une des valeurs sûres du Sparta, il préféra privilégier la piste d'un teenager du Bohemians, Martin Kolar, qui ne coûtait pas grand-chose. " " Ondrej s'est rappelé à mon bon souvenir lors du Championnat du Monde des U20 au Canada en 2007 ", souligne Werner Deraeve, lui aussi de la cellule de repérage des Mauves. " Capitaine, il était à nouveau arrivé au stade ultime, contre l'Argentine. Versés dans la même poule, les deux teams s'étaient d'abord séparés sur un nul vierge avant que les Albiceleste ne gagnent le tournoi 2-1. Opposé à Sergio Agüero ou Lionel Messi, notre homme s'était montré impérial à chaque coup. Au point de figurer une nouvelle fois dans l'équipe-type du tournoi. " " Du coup, son prix avait sensiblement gonflé, passant d'un demi à 2 millions d'euros. A ce tarif-là, il était impayable pour nous. Finalement, c'est la Fiorentina qui a obtenu son concours en dribblant le Bayer Leverkusen et la Juventus ", ajoute Albert Martens. " Un jour, le président de Brno m'a avisé que tout était réglé avec les Florentins ", observe Ondrej. " Je tombais des nues car on ne m'avait jamais consulté. Certes, via les journaux, j'étais au courant de l'intérêt mais je ne m'attendais pas à ce dénouement. L'Italie et son Calcio ne recueillaient pas mes faveurs. Je ne jurais que par la Premier League et, surtout, la Bundesliga. Tous les week-ends je suivais les évolutions de Jan Polak, ancien footballeur de Brno, au FC Nuremberg. Et, en Angleterre, je n'avais d'yeux que pour un autre compatriote : Petr Cech, à Chelsea. Mais la direction du club pouvait réaliser une opération juteuse avec les Transalpins et je n'avais qu'à m'incliner. D'aucuns, en haut lieu, ne cessaient de répéter que c'était un véritable honneur, pour un étranger, d'aboutir en tant que défenseur dans une compétition réputée pour la solidité de ses arrières. En ce qui me concerne, j'avais mes doutes car la première intention des Florentins était de me céder sur base locative afin que je m'aguerrisse. Je ne l'ai pas entendu de cette oreille et ce fut le début des problèmes. En l'espace de deux saisons, je n'allais pas obtenir la moindre minute de temps de jeu en Serie A. Ce qui me fait dire, aujourd'hui, que j'ai perdu autant d'années là-bas. Tout n'était pas négatif, évidemment. J'ai eu l'opportunité, par exemple, d'apprendre l'italien, ce qui constitue un enrichissement personnel. Et j'ai aussi royalement gagné ma vie. Mais d'un point de vue purement sportif, ce fut le bide. Les jeunes n'avaient tout simplement pas voix au chapitre là-bas. Pourtant, il y avait du talent. Comme Anthony Vanden Borre, dont j'ai régulièrement partagé la chambre lors des mises au vert. Il a été un peu plus verni que moi mais a fini par partir lui aussi. C'est normal : tant qu'on n'est pas expérimenté, il n'y a aucune chance de faire partie des incontournables en Italie. " Werner Deraeve : " Comme il ne faisait pas partie des priorités chez les Viola, j'ai eu l'idée de relancer son dossier. Grâce aux bons contacts forgés par Herman Van Holsbeeck lors du passage de VDB à la Fiorentina, nous étions prioritaires et savions comment persuader Ondrej. Il faut savoir que c'est par Jan Koller que nous avions obtenu les services de Daniel Zitka. Celui-ci, à son tour, avait fait usage de toute sa persuasion pour que Polak aboutisse chez nous en 2007. Ce dernier a poursuivi la tradition avec notre recrue de l'été... " Les débuts de Mazuch pour ses nouvelles couleurs n'auront pas été marqués d'une pierre blanche. A l'occasion de son premier match au Parc Astrid, face à Lyon, il avait offert un but aux Rhodaniens sur une passe en retrait des plus approximatives. En championnat, peu après, il ne s'était guère montré plus inspiré à Saint-Trond, où les Mauves furent battus 2-1 grâce à une réalisation décisive signée Ibrahima Sidibé, celui qu'il était précisément censé museler. " Contre les champions de France, j'étais encore impressionné ", dit-il. " C'était la première fois que j'évoluais devant un stade plein. En Tchéquie, je n'avais connu que des publics entre 3.000 et 8.000 personnes. Ici, je m'étais senti tout petit. Il est heureux pour moi que ce match-retour devant les Français avait perdu une bonne partie de son intérêt. Ma seule satisfaction, c'est de ne m'en être tenu qu'à cette seule erreur. Par la suite, j'ai le sentiment d'avoir joué un match sobre, dénué de fautes. C'est peut-être une de mes forces : après une bourde ou un manquement, je parviens toujours à me ressaisir. Et si d'aventure je loupe une passe, je n'ai jamais peur de recommencer. A cet égard, je ressemble à Bouba Saré. Et je l'ai prouvé face aux Gones. A Saint-Trond, le contexte était différent. Là-bas, j'avais été appelé à remplacer Marcin Wasilewski au poste back droit. D'accord, j'avais déjà joué de temps à autre sur l'aile à Boby Brno et je m'en étais toujours bien tiré. Mais ici, à l'image de mes partenaires, j'étais encore sous le choc de ce qui s'était passé une semaine plus tôt face au Standard. Le c£ur n'y était pas, Pour moi, la tâche était plus dure encore : je devais doubler Wasyl. D'un bout à l'autre de la rencontre, je n'ai cessé de songer à lui. " Mazuch se ressourça ensuite avec les U20 de son pays en Egypte, loupant les matches contre l'Excelsior Mouscron, le Club Bruges et le Germinal Beerschot. Il reprit le collier face à Charleroi, lors de la 11e journée et le Sporting a gagné tous ses matches, accumulant même les clean sheets avant que le SV Roulers n'interrompe la série la semaine dernière. " Si je me suis bien intégré, c'est en premier lieu grâce à Roland Juhasz ", souligne le Tchèque. " Nous sommes inséparables, tant sur le terrain que dans la vie. Quand ma copine Lenka est à Prague, pour ses études en communications, je suis toujours le bienvenu chez lui. Il m'a fait découvrir l'un ou l'autre bon resto. Nous conversons en anglais mais je le taquine en lui disant qu'il aurait pu faire l'effort d'apprendre le tchèque après toutes ces années passées devant Zitka ( il rit). D'un point de vue sportif, nous sommes complémentaires : Roland a pour lui l'expérience, le placement ainsi qu'un tout bon jeu de tête et j'ai la jeunesse, la fougue et une bonne passe. Suite à ma titularisation, il a coulissé à gauche dans l'axe, ce qui constitue sa place favorite, alors que moi je me sens plus à l'aise à droite. D'ailleurs, tout le monde, en défense, évolue à présent à son poste de prédilection. Olivier Deschacht a retrouvé l'équipe nationale depuis qu'il joue à nouveau à l'arrière latéral et, de l'autre côté, Guillaume Gillet semble avoir trouvé ses repères aussi. Je ne suis pas surpris qu'on dispose de la meilleure défense. Notre but est d'ailleurs de finir la saison avec l'arrière-garde la plus intransigeante de l'élite. D'un point de vue personnel, j'aspire d'abord à ce que mon option soit levée : il est exclu que je retourne en Italie. Je me sens bien au Sporting. Le football me plaît aussi, ici, car il est beaucoup plus ouvert qu'en Tchéquie. Là-bas, la plupart des clubs jouent pour ne pas perdre. Au Sporting, il n'y a que la gagne qui compte et ça me réjouit. J'ai à c£ur d'aller le plus loin possible dans les diverses compétitions où le club est engagé. En championnat, nous possédons déjà un avantage intéressant dans la lutte pour le titre. En Coupe de Belgique, nous sommes toujours en lice aussi. Et en coupe d'Europe, nous avons plus qu'un bon coup à jouer face au Dinamo Zagreb. En cas de victoire, ce serait l'assurance de passer l'hiver au chaud... " par bruno govers - photos: reporters/ gouverneurJe ne suis pas surpris qu'on dispose de la meilleure défense.