Considéré depuis trois ans comme la relève du tennis US, le jeune gars du Nebraska a mis du temps à confirmer. Et même s'il lui reste encore du chemin à parcourir (il n'a remporté que cinq titres jusqu'ici), sa demi-finale en Australie prouve qu'il a posé le premier pied dans une autre dimension.
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Considéré depuis trois ans comme la relève du tennis US, le jeune gars du Nebraska a mis du temps à confirmer. Et même s'il lui reste encore du chemin à parcourir (il n'a remporté que cinq titres jusqu'ici), sa demi-finale en Australie prouve qu'il a posé le premier pied dans une autre dimension.Andy Roddick: Non seulement il y avait la qualité du tennis produite mais aussi l'énorme respect que nous avions l'un pour l'autre. Je ne me souvenais pas avoir jamais parlé à Younès avant ce match. Je sais à présent que dans dix ans, lorsque nous nous croiserons, nous aurons toujours à l'esprit le fait d'avoir partagé ça. Qu'est-ce qui a fait la différence dans cette partie?Franchement, je n'en sais rien. Quand vous êtes embarqué dans un combat de ce style, vous ne pensez plus à grand-chose parce que vous n'en êtes plus capable. C'est sans doute aussi pour cela que la qualité du tennis fut incroyable sur la fin. On s'accroche, on s'accroche et on prend les points comme ils viennent, les uns après les autres.Physiquement et mentalement, vous êtes apparu fort comme vous ne l'aviez jamais été auparavant...C'est exact. J'ai retenu beaucoup de choses de ce match mais surtout celle-ci: à aucun moment, je n'ai été victime de crampes. Jamais! Et ça, c'est très positif parce que j'avais énormément travaillé pendant l'hiver. On ne sait jamais quand tous ces efforts vont payer, ou même s'ils vont payer un jour. Ce soir-là, j'en ai eu la preuve.Quels sont vos buts dans la vie?J'ai pris l'habitude de ne pas me fixer d'objectifs précis parce que cela s'accompagne immanquablement d'un supplément de pression. Je répète simplement que tout ce que je souhaite, c'est de m'améliorer et de m'amuser.Bien sûr, nous nous focalisons tous sur les Masters Series et les tournois du Grand Chelem. On essaie toujours d'être davantage prêts pour ces compétitions.Que devez-vous améliorer encore dans votre jeu?Ma constance, le déplacement, les montées au filet et le retour de service.. Il reste encore beaucoup à travailler. Je ne fais pas partie de ces joueurs, comme Lleyton Hewitt, qui gagnent des tournois depuis qu'ils ont 15 ans! J'étais 40e dans l'état de Floride en étant plus jeune.Physiquement, aussi, il semble qu'il vous reste du chemin à accomplir...Encore maintenant, je grandis de l'un ou l'autre centimètre! C'est quelque chose à laquelle je dois m'habituer. Plus jeune, il m'arrivait de me marcher sur les pieds à cause de cette croissance.Coach françaisA merveille parce qu'il essaye de me donner les armes qu'il ne possédait pas quand il était joueur. Il m'a fait prendre conscience de leur importance tout en m'ouvrant les yeux sur la manière de faire le point dans des situations cruciales. Vous savez, il a été un grand joueur alors qu'il n'était ni très grand ni très musclé. Quelle importance a le public dans vos matches?Très grande importance. Les fans qui se déplacent pour assister à un match de tennis, je trouve ça cool. Il faut qu'ils sachent qu'ils contribuent énormément à rendre un match plus intéressant. En Coupe Davis, même si l'on joue devant une foule hostile, j'apprécie le soutien qu'elle donne à ses propres joueurs. Cela crée une atmosphère spéciale et notre métier devient plus amusant. Aux Etats-Unis, on joue souvent le soir dans des stades immenses. Il y a la lumière, la foule, la musique et l'énorme marquoir illuminé au-dessus de votre tête. Cela rend l'ambiance électrique. C'est pourquoi on assiste souvent à d'incroyables nocturnes à l'US Open. Quelle est la chose la plus amusante que vous ayez faite jusqu'à présent ?Conduire un de ces bateaux à air sur les Everglades, les marais de Floride connus pour leur faune aquatique particulièrement hostile. J'étais avec un vieil ami et un guide qui s'appelait Bob. Il m'a laissé le volant et j'ai fait des trucs complètement dinguessur l'eau! C'était amusant parce qu'il y avait en même temps un sentiment de peur!Etes-vous attentif aux avis que l'on peut vous donner quant à la suite de votre carrière?Oui parce que je ne suis pas, loin de là, celui qui connaît le mieux la vie du circuit. Je prête toujours volontiers une oreille à ceux qui étaient là bien avant moi.Parmi ceux-ci, il y a Andre Agassi...J'apprends énormément en regardant ses matches et en voyant comment il gère sa carrière. Tout démontre à quel point la perfection est importante à ses yeux et cela m'ouvre de nouveaux horizons. Sur le plan de la condition physique, c'est une bête. Il lui arrive de s'entraîner pendant une heure ou une heure et demi sur le court. De là, il se rend directement dans la salle de musculation, après quoi il retourne encore sur le court. Il doit toujours faire plus que les autres.Quand vous traversez une sale période, que faites-vous?J'appelle mes frères , j'en ai deux, plus âgés, ou mes amis.Ils me donnent leur avis sur le tennis et sur la vie en général et sont très honnêtes.Direction FlorideMon frère John, qui a ouvert sa propre académie de tennis à San Antonio l'an dernier, avait été repris dans une académie en Floride et que ma mère ne voulait pas nous séparer. Nous avons eu la chance d'avoir un père qui pouvait changer d'endroit sans changer de boulot, il est investisseur.C'est comme ça que l'idée du tennis vous est venue?Absolument. J'ai beaucoup appris en accompagnant mon frère. Et mes parents savaient exactement les erreurs qu'ils avaient commises avec John et qu'il ne fallait plus reproduire avec moi. J'ai eu de la chance d'être le petit dernier de la famille. Ils me laissent évoluer dans mon univers. Je dois faire mon trou tout seul. Ce sont des gens discrets qui n'aiment pas la télé. Ma mère lit beaucoup. C'est elle, par exemple, qui m'a fait découvrir Harry Potter! J'ai lu la série en un mois et demialors qu'au début, je me moquais d'elle! Elle a toujours été de très bon conseil.Key Biscayne, pardon Miami! J'ai toujours réalisé de bons résultats là-bas, chez les Juniors et chez les professionnels. Et comme je n'habite pas loin, à Boca Raton, au nord de Miami, les tribunes sont remplies de gens que je connais.Comment gérez-vous l'attention médiatique qui se concentre autour de votre personne? Vous êtes présenté comme le successeur d'Agassi et de Sampras. Il faut rester constamment les pieds sur terre et savoir qu'il y a certaines choses qu'on ne peut pas se permettre. Il faut simplement agir en responsable mais pour mieux résister au stress quotidien, un bon entourage est essentiel.Sur le court, et même si les choses sont lentement mais sûrement en train de changer, on vous voit encore trop souvent entrer dans une rage folle. Est-ce du show à l'américaine ou une nervosité réelle?Ni l'un ni l'autre! Il m'arrive, c'est vrai, de contester une décision arbitrale ou de râler sur moi-même quand j'ai raté une balle. Les gens croient que je suis quelqu'un de colérique en dehors des courts. Or, il n'y a rien de plus faux. Je suis même plutôt de bonne compagnie, je crois.Alexis Romain"Ma mère m'a fait découvrir Harry Potter. J'ai lu la série alors qu'au début je me moquais d'elle!"