Donner son avis sur les choses du foot, Nordin Jbari (36 ans) aime ça. Tant pis si ça fâche " mais je ne viserai jamais l'homme ". Ce jeune retraité suit les cours d'entraîneur, il est dans la dernière ligne droite pour obtenir le diplôme UEFA A. Ensuite, il s'attaquera à la Licence pro. Il est toujours dans l'actualité via son poste de consultant sur Belgacom TV et il officie sur AB3 lors de matches d'Europa League.
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Donner son avis sur les choses du foot, Nordin Jbari (36 ans) aime ça. Tant pis si ça fâche " mais je ne viserai jamais l'homme ". Ce jeune retraité suit les cours d'entraîneur, il est dans la dernière ligne droite pour obtenir le diplôme UEFA A. Ensuite, il s'attaquera à la Licence pro. Il est toujours dans l'actualité via son poste de consultant sur Belgacom TV et il officie sur AB3 lors de matches d'Europa League. Nordin Jbari : Des matches qui n'intéressent pas grand monde ? Ce n'est pas vrai. Nous avons encore le Club Bruges, La Gantoise, Genk, etc. Je n'ai pas l'impression que les gens ne nous regardent plus. Belgacom a amené quelque chose, de la fraîcheur, un côté fun. Evidemment, c'est embêtant de ne plus avoir des Standard-Anderlecht ou des Bruges-Anderlecht. En tant qu'ancien joueur et consultant, c'est surtout ça dont tu as envie. Encore plus quand tu les as déjà faits ! Mais on ne peut pas revenir en arrière. Belgacom ne reste pas les bras croisés. Il y a déjà les matches du championnat portugais qui passionnent beaucoup. La saison prochaine, il y aura la Liga : du lourd ! Tu as vu Valence contre Genk ? C'est le top. Au-dessus, il n'y a plus que l'ultra-top : le Real et Barcelone. Et Belgacom ne va pas en rester là. Je ne vois pas les choses comme ça. Je n'ai pas l'impression que ce soit extraordinaire dès que c'est la Coupe d'Europe et mauvais lors des matches de D1 du samedi soir. Dans le passé, j'ai aussi travaillé sur pas mal de sommets qui n'étaient pas bons. Oui, oui, oui ! Je prends énormément de plaisir dans mon job de consultant, mais ma passion, c'est le terrain. J'ai l'envie, l'énergie, le caractère pour être entraîneur. J'ai un plan de carrière comme coach. J'ai déjà reçu des propositions pour des jeunes. Si tu te lances là-dedans, tu es foutu parce que tu vas rester catalogué comme coach d'équipes d'âge. Pour moi, l'idéal si tu veux faire carrière, c'est de suivre la voie de Bob Peeters : tu montres d'abord ce que tu sais faire avec une équipe Réserve de D1. Et pour être bon, tu dois pouvoir communiquer ton contenu, ta vision. Je sais le faire, je sens de quoi une équipe a besoin, je suis capable de bien analyser un match ou un problème, et j'ai une philosophie. Celle d'Adrie Koster, par exemple. Il fait jouer son équipe vers l'avant. Et il sait intervenir en cours de match. Il y en a peu qui le font en Belgique, ça me frappe. Tu peux te tromper en réagissant, mais tu dois oser. Eric Gerets et Michel Preud'homme le faisaient bien, Koster aussi. Les autres, pour la plupart, se contentent de remplacer un attaquant par un autre attaquant, ou un back droit par un back droit. Koster est aussi un " entraîneur debout ", j'aime bien ça. Il donnait de l'énergie à son équipe. Ceux qui restent assis et prennent des notes, ce n'est pas mon truc. Il y a des exceptions dans toutes les règles. Mais c'est important de communiquer avec ses joueurs, de montrer qu'on est content quand on a marqué. Son approche humaine est exceptionnelle, subtile. Il donne énormément de confiance à ses joueurs en les laissant faire... ou en tout cas en leur faisant croire qu'il les laisse faire alors qu'il ne les laisse pas faire ! Les joueurs de Gand ont l'impression que Sollied ne leur casse pas les couilles, mais c'est pourtant ce qu'il fait. C'est nécessaire parce que les footballeurs sont de grands enfants, encore plus que de mon temps. Ils arrivent de plus en plus tôt en Première. Aujourd'hui, tu peux déjà avoir une chance à 17 ans. Quand je jouais, il fallait avoir 21 ou 22 ans. Il y avait 11 noms. Ils pouvaient jouer bien ou mal, ils restaient dans l'équipe. Il n'y a plus cette notion de hiérarchie. J'adore Romelu Lukaku, mais à mon époque, il n'aurait jamais joué aussi jeune avec Anderlecht. Il y avait Johnny Bosman, Luis Oliveira, Luc Nilis, Josip Weber,... Les grands clubs avaient les moyens de se payer du lourd. Je cassais la baraque avec la Réserve mais il n'était pas question de me lancer en Première. J'avais beau taper sur la porte, elle ne s'ouvrait pas. Mais il faut offrir un parfum de professionnalisme aux jeunes qui montrent quelque chose, leur permettre de s'entraîner très vite avec les pros. Si on te met une carotte à 10 mètres ou à 200 mètres, ce n'est pas la même chose. Ce club aurait déjà pu le faire avec Preud'homme, mais il avait une mauvaise défense. Aujourd'hui, il y a enfin un bon axe central avec César Arzo et Melli, mais sur les flancs, c'est toujours trop juste. A droite, je préfère dix fois Marcin Wasilewski à Mario Baric. Le problème de Gand, c'est le décalage dans le recrutement. Depuis trois ans, le club n'a jamais eu tous ses meilleurs joueurs en même temps. Mais sur cette période, il aurait pu former une équipe qui aurait joué le titre. Et aujourd'hui, son entrejeu est un autre point faible. Quand tu avais Bernd Thijs, Milos Maric et Randall Azofeifa, c'était ce qui se faisait de mieux en Belgique. Thijs jouait malin, il régulait comme un libero. Maric amenait de l'intensité. Et Azofeifa avait été reculé par Preud'homme, il jouait comme Andrea Pirlo à Milan. Maintenant, Thijs est toujours là, j'aime beaucoup Jesper Jörgensen, mais Tim Smolders, c'est moins fort. On a une bonne image de lui mais je n'aime pas ! On dit qu'il surgit de la deuxième ligne : regarde ses statistiques... A côté de ça, Yassine El Ghanassy et Christian Brüls sur les flancs, c'est tout bon. Et Elimane Coulibaly est le meilleur pivot de Belgique. Il fallait passer à un système avec deux attaquants. Quand tu as Mémé Tchité et Gohi Bi Cyriac, tu n'as pas le choix, tellement ils sont complémentaires. Tchité ne joue plus comme avant, ce n'est plus le gars qui demande le ballon à gauche et à droite. Grâce à son expérience espagnole, il joue plus malin, il reste davantage entre les poteaux. Cyriac, c'est la jeunesse, l'insouciance, il part dans tous les sens. Il permet à Tchité de moins bouger et ça paie. OK mais il arrive un moment où tu dois avoir ton 11 de base. Tu ne dois pas éliminer les autres joueurs, il faut garder une concurrence ; mais tu dois avoir une hiérarchie. Je ne suis pas médecin ou préparateur physique, je sais que Cyriac a été blessé pendant huit mois et qu'il souffrait pour revenir mais tu ne peux pas maintenir un bon joueur sur le banc en prétextant qu'il n'est pas prêt. Si tu le laisses là, comment veux-tu qu'il revienne en forme ? Si tous les joueurs sont opérationnels, il n'y a pas photo, Anderlecht a le meilleur groupe. Ariel Jacobs n'a plus le choix : il doit aligner deux attaquants aussi. Sinon, il fait quoi avec tous ces gars ? Des mécontents et c'est dangereux. Je suis curieux de voir comment le staff gérera ce problème. Par exemple, la blessure de Ronald Vargas est malheureuse, mais ça aide un peu à tenir le truc debout ! Tu ferais quoi s'il revenait aujourd'hui ? Tu remettrais Fernando Canesin sur le banc ? Après ce qu'il a montré depuis le début de la saison ? Non, ça ne va pas. En tout cas, il faut savoir être chaleureux avec les gars qui ne jouent pas. Je ne suis pas sûr que Jacobs le soit assez avec les joueurs de talent. Les plus doués ont besoin de se sentir aimés. Ne me demande pas pourquoi : c'est comme ça. Il y a un problème quand Matias Suarez dit : -Je suis à Anderlecht depuis trois ans et le coach commence seulement à m'adresser la parole. Oui, ça devrait dérouler plus. Il faudrait peut-être un peu plus de folie dans le jeu, Jacobs devrait leur donner plus l'envie de jouer. Quand Suarez vient de marquer un but magnifique, tout le monde est content, mais lui, il reste assis et note l'évolution du score sur son calepin... Non, mais s'il y a une réaction du coach, tout s'enclenche. Gerets montre bien ses émotions dans ces moments-là et c'est comme ça que le Lierse a été champion. C'est important de créer une communion. N'oublie pas non plus qu'à Anderlecht, il y a plusieurs joueurs sud-américains. Le manque de folie dans les relations humaines est lié au manque de folie dans le jeu. Oui, malheureusement pour lui. Il n'y avait pas d'autre choix. Il ne tenait plus son vestiaire. Mais je ne suis pas d'accord avec le timing. Koster ne devait pas être reconduit en été. Je l'avais dit à Vincent Mannaert, avec qui j'ai joué en équipes de jeunes à Anderlecht. Il m'avait répondu : -Tu verras, ça va aller, on l'a encadré. C'était déjà foutu ! Parce que les joueurs le savent, et tu sais comment ils sont. Le job d'entraîneur aujourd'hui, c'est beaucoup de management. Et là-dedans, je pense que Koster n'est pas bon. On me disait : -Vadis Odjidja a fait ceci, Nabil Dirar a fait cela. Je répondais : -Ben alors, il faut les punir. La saison dernière, il y avait un incident par semaine. Ça veut dire qu'il n'y avait pas de commandant sur le bateau. Quand j'étais à Bruges, c'était aussi du lourd point de vue caractères : Darko Anic, Khalilou Fadiga, Robert Spehar, moi,... Ne crois pas que ça a été joli tous les jours. Il y avait aussi un décalage entre les jeunes et l'ancienne garde avec Franky Van der Elst, Gert Verheyen, Vital Borkelmans,... Les gamins aimaient rigoler, eux étaient dans une autre optique, que je respecte. Mais Gerets savait gérer et nous avons gagné le championnat. Quand on montait sur le terrain, on oubliait tous nos problèmes relationnels. Moi, ça ne me fait pas rire. Si tu veux avancer, c'est ça que tu dois faire. Bruges a choisi la bonne optique, notamment avec ses coaches pour les défenseurs, les médians, les attaquants. L'entraînement spécifique, c'est l'entraînement de demain. Les grands clubs européens le font depuis longtemps. A Milan, quand un médecin disait que Ronaldinho avait une carence musculaire dans la cuisse gauche et qu'il devait faire de la muscu spécifique pendant trois jours, le coach répondait : -Pas de problème. Chez nous, l'entraîneur va dire : -Ah non hein, tout le monde doit travailler avec le groupe... Au Club, ce n'est sûrement pas cet organigramme qu'il faut mettre en cause. Plutôt les transferts de l'été. C'est insuffisant. Je prends un exemple : Michael Almebäck. Quand tu donnes les clés de l'axe central défensif à un Ryan Donk qui a des qualités offensives énormes, tu sais qu'il va s'aventurer vers l'avant. Alors, le gars qui joue près de lui doit être un tueur. Almebäck est loin du profil. C'est plutôt lui qui s'est déjà fait casser deux ou trois fois ! Non ! Respect pour sa carrière, chapeau... J'ai l'impression qu'on a un Daum un peu fatigué. On voit qu'il a eu des problèmes de santé et qu'il se ménage, se maîtrise. Je me souviens d'un homme qui participait beaucoup avec son équipe, mais ce n'est pas ça qu'on voit à Bruges. Et j'ai été choqué par son analyse du match au Lierse. Il s'est dit satisfait. Mais son équipe avait été catastrophique. Quand il dit qu'il reconstruit, je ne suis pas d'accord. Il n'y a rien à reconstruire au Club, tout est en place, on l'a vu en début de saison. Il faut simplement remettre de la confiance dans les troupes. Le discours de Daum... me fait peur ! Mais oui ! C'est très grave. Depuis que Daum est là, le langage officiel des joueurs est celui de l'entraîneur. On se rend bien compte que ce discours ne passe pas. Ils disent ce que le coach dit, puis ils ajoutent : -Mais on se fait chier !En tout cas, tu ne peux pas devenir champion comme ça. Les gars ne s'amusent pas, et le foot doit rester un jeu. Un jeu organisé, avec des positions à tenir. En plus, au Club, il n'y a plus d'organisation avec Daum. Au Lierse, Vadis Odjidja et Lior Refaelov ne savaient pas où ils devaient aller. Björn Vleminckx était perdu tout seul devant. Et le pauvre Thomas Meunier : inexistant, il n'a fait que défendre, il jouait parfois au back gauche. Les gars sont carbos, ils ne vont jamais tenir. Je l'ai eu comme coach, je l'apprécie. Mais que ce soit lui ou un autre, quand tu rates le challenge qu'on t'a confié, tu en tires les conclusions. Leekens avait un but : l'EURO 2012. Les Belges n'y vont pas mais le coach reste. On avait fait la même chose avec Aimé Anthuenis. Il rate l'EURO 2004, il loupe encore la Coupe du Monde 2006, il passe plus de trois ans chez les Diables puis il ose encore dire qu'il n'a pas commis d'erreur. C'est incroyable. Il n'y a pas de honte à faire des fautes, mais au moins, reconnais-les. A l'EURO 2000, Frank Rijkaard a une mission : le titre. La Hollande se fait éliminer en demi-finale et le mec démissionne immédiatement ! La Belgique a maintenant clairement les joueurs pour participer à des tournois, il reste à faire une équipe. Et ça, c'est la responsabilité du staff. Et puis, il y a eu le cas Hazard... Leekens a très mal géré le truc. Hazard est important ! Dans une situation pareille, il faut d'abord que l'adjoint intervienne, qu'il désamorce la bombe, qu'il fasse tampon entre le joueur et le coach. Marc Wilmots devait le prévenir : -Va t'excuser, sinon Leekens va te fracasser en public. Wilmots l'a peut-être fait, je n'en sais rien. Après ça, il fallait que Leekens convoque Hazard : -Ecoute petit, demain tu joueras peut-être au Real, mais si tu fais la même chose là-bas, ils vont te démolir. Alors, tu vas t'excuser devant tout le groupe et tu prends 10.000 euros d'amende !Pas de problème, ils ont les moyens. Hazard paie et c'est time ! Les autres Diables voient tout : -Putain, 10.000 euros et il s'est excusé. C'est un exemple fort pour tout le monde. Au lieu de ça, Leekens a choisi de tuer Hazard en conférence de presse et de le suspendre. Après avoir lâché une bombe pareille sans le prévenir, tu penses que leur relation va évoluer comment ? C'est cassé ! Et c'est bien dommage. A part l'incident de Belgique-Turquie, qu'est-ce que tu peux reprocher à Hazard ? Il est le meilleur en France, Zinédine Zidane et d'autres l'encensent, mais il n'a presque pas de temps de jeu chez les Diables et il ne dit rien. Le gars n'a jamais pété un câble ! Alors qu'il lisait régulièrement des déclarations de Leekens dans les journaux : -Le petit doit se calmer, et tout ça. A la place de Hazard, je l'aurais appelé : -Georges, maintenant, tu arrêtes de parler sur mon dos. Si tu as quelque chose à me dire, téléphone-moi. Tu te prives d'un gars pareil et tu te prives de la possibilité qu'il soit à 100 % le jour où il sera vraiment titulaire. Tu pars en Azerbaïdjan et tu sais que c'est là que tu dois aller chercher ta qualification, pas en Allemagne. Leekens se dit : une bonne organisation, on ne prend pas de but, et puis on voit. On défend d'abord, on voit après. Mais non : tu dois jouer pour gagner. Tu alignes deux attaquants. Et à 0-1, tu essaies de mettre un deuxième but. Tu oses. Avec un seul gars devant, tu ne pèses pas. Et tu enlèves Timmy Simons ! Je résumerais sa carrière par un mot : bravo ! Mais il n'a plus sa place chez les Diables, point à la ligne. Aujourd'hui, un milieu défensif est un numéro 10, comme Vadis Odjidja. Un gars qui fait aussi le jeu. Simons me fait penser à un joueur de double en tennis, celui qui est devant, près du filet. Quand Vincent Kompany reçoit le ballon, Simons lui tourne directement le dos, il est dans une... action de réaction, il se prépare déjà à défendre, il anticipe sur une perte de balle potentielle. C'est bien, mais au haut niveau, ça ne suffit plus. Odjidja, lui, participe à la construction et il pense à défendre seulement au moment où son équipe n'a plus le ballon. On parle beaucoup de lui depuis quelques mois, comme si on découvrait son talent : désolé, ça fait déjà deux ans qu'il cartonne avec Bruges. nPAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS: IMAGEGLOBE/ WAEM" Sollied donne énormément de confiance à ses joueurs en les laissant faire... ou en tout cas en leur faisant croire qu'il les laisse faire alors qu'il ne les laisse pas faire ! " " On a un Daum un peu fatigué. Son discours me fait peur ! "