Jean-Pierre Gallet savait, en rédigeant ce rapport, qu'il risquait de faire trembler la RTBF. "Mon objectif n'était pas de laisser les gens indifférents car c'est de la remise en question que naît le progrès", dit-il. "Il y a dix ans, j'avais remis un rapport sur les coûts sportifs qui disait qu'en l'an 2000, nous n'aurions plus assez d'argent pour tout payer. L'administrateur général de l'époque l'avait jeté à la poubelle mais quand je vois ce qui se passe aujourd'hui, j...

Jean-Pierre Gallet savait, en rédigeant ce rapport, qu'il risquait de faire trembler la RTBF. "Mon objectif n'était pas de laisser les gens indifférents car c'est de la remise en question que naît le progrès", dit-il. "Il y a dix ans, j'avais remis un rapport sur les coûts sportifs qui disait qu'en l'an 2000, nous n'aurions plus assez d'argent pour tout payer. L'administrateur général de l'époque l'avait jeté à la poubelle mais quand je vois ce qui se passe aujourd'hui, je me dis que c'est dommage". A la lecture des différentes réactions proposées ici, on ne peut tout de même s'empêcher de penser que, pour beaucoup, l'enfer, ce sont les autres. "C'est exactement le type de raisonnement que j'ai entendu dans mon bureau pendant mes consultations. Je pointe d'ailleurs le manque d'esprit critique envers soi-même et le produit final. Pourtant, la phrase la plus importante du rapport est celle qui dit que les problèmes rencontrés au sport ne sont que l'exponentielle des maux de la maison. Mais cette phrase, on n'en parle pas. Sans doute parce qu'elle fait peur à trop de monde". Les réactions n'ont donc pas manqué. Que ce soit au travers d'interviews dans la presse ou en direct. "Elles ne me gênent pas, à condition qu'elles soient honnêtes car ce rapport, je ne l'ai pas inventé : il est le fruit de ce qu'on m'a raconté et je pourrais le prouver mais j'ai promis de ne citer aucun nom". Un choix dont l'honnêteté est indiscutable mais qui peut également pousser à l'amalgame car certaines accusations de Gallet vont très loin. "Il ne s'agit pas toujours d'accusations mais parfois de constats de faits dus à des habitudes dont il faut rechercher l'origine plus loin dans le temps. Mais le rapport parle également du nombre de gens de qualité qu'il y a dans cette maison". Le directeur de l'information ne se contente pas non plus d'énumérer les défauts. Il prône des solutions, dont la séparation radio-TV et le rapprochement entre le sport et l'information. "La mission des journalistes sportifs ne s'arrête pas aux lignes du terrain. Il faut susciter le débat, ne pas attendre que la justice s'empare d'un phénomène pour se rendre compte qu'il existe. On ne peut pas passer à côté de problèmes véhiculés par le sport comme le racisme sur les stades en Italie. Et cela faisait trois ans que j'attendais un Mise au Point sur le dopage. Evidemment, celui qui soulèvera certaines pierres ne sera plus bien vu partout mais il pourra compter sur la solidarité de toute une équipe journalistique".