Emilio Ferrera a ouvert le bal des entraîneurs limogés, même si, juridiquement, les deux parties se sont séparées de commun accord, selon la formule de circonstance. L'entraîneur était sous contrat pour un an et demi encore. Comme d'habitude, on n'a pas mis ses compétences en question. Non, deux fortes personnalités étaient en conflit: le Français Jean-Marc Guillou et l'entraîneur qui a assuré le mai...

Emilio Ferrera a ouvert le bal des entraîneurs limogés, même si, juridiquement, les deux parties se sont séparées de commun accord, selon la formule de circonstance. L'entraîneur était sous contrat pour un an et demi encore. Comme d'habitude, on n'a pas mis ses compétences en question. Non, deux fortes personnalités étaient en conflit: le Français Jean-Marc Guillou et l'entraîneur qui a assuré le maintien de Beveren pendant deux ans. Depuis son arrivée, Guillou est responsable de la gestion sportive. Manager et entraîneur devaient se concerter mais ils n'ont pas tardé à se heurter. En juillet déjà, Guillou affirmait, à Vittel, que Ferrera était un bon entraîneur "pour le moment", son entourage ajoutant, hors interview "qu'il progresserait s'il écoutait son patron". Las, l'un a très vite interprété les propos de l'autre comme des critiques inacceptables. Ils n'avaient pas la même analyse des aptitudes de certains joueurs. Quelques heures après la défaite à Bruges, Guillou a téléphoné à Ferrera pour connaître son analyse. Il y a eu court-circuit et aucun des protagonistes n'a voulu faire le premier pas pour renouer le dialogue. Il était plus facile de se passer de Ferrera que de Guillou, bombardé entraîneur, le club n'ayant pas les moyens d'en enrôler un autre, comme l'a admis le président Van Hoof. A première vue, on pourrait en déduire que Beveren place son sort entre les mains d'un manager, également actionnaire minoritaire. Dans la future SA, le club détiendra 35,5% des parts, la SA Goal 54,5% et l'Académie de Guillou 10%. Celui-ci fournit des joueurs et de l'argent. Il a déjà versé six millions et six autres vont suivre. Dans ces conditions, pourquoi s'en remettre à Monsieur 10%? Parce que celui-ci influence indirectement les personnes qui forment la SA Goal, dont Beveren se garde de divulguer les noms, et aussi parce qu'Arsenal a "toute confiance" en Guillou sur le plan sportif. Beveren, qui doit épargner 30 millions, est dos au mur. Le chaos administratif est inouï. Guillou doit donc sauver le club. Reste à espérer que quand le club deviendra une SA, ses membres seront personnellement responsables des pertes. Peut-être est-ce pour cela que les signatures se font attendre. (P. T'Kint)