" Lâche ta balle ! Prend ton homme ! ". " Personnel va ! " " Egoïsse " (comme on dit à Liège).
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" Lâche ta balle ! Prend ton homme ! ". " Personnel va ! " " Egoïsse " (comme on dit à Liège). Suis ton homme partout hein, m'fi " (comme on dit à Liège). " Même s'il va faire pipi, tu vas avec. " Voilà en résumé, non circonstancié, ce que nous disaient nos entraîneurs quand on était petit. Leur seul bagage, c'était les valises de poncifs qu'ils avaient eux aussi entendu toute leur jeunesse. Pas leur faute. A l'époque, on perpétuait. Maintenant, ce sont des éducateurs, des formateurs. Ils développent. Ils vont chercher derrière le normal, ils stimulent l'inconscient. Tant mieux. Imaginez que, toute sa jeunesse, on ait dit à Messi : " Lâche ta balle, niño ". " Parce que t'es trop petit alors tu vas prendre des coups. Parce que de toute façon il n'y aura qu'un Maradona. Et que c'est pas parce que tu fais quatre centimètres de plus que lui que tu dois te prendre pour un grand. " Pourtant, chez les petits, il était déjà le plus p'tit. Maintenant, il redéfinit les règles de la grandeur. Et de la décadence. Messi est un briseur de rêve. Et bientôt de grève. Les " humanus footeux " vont finir par déposer un préavis. : " On ne joue plus contre lui ". Pas la peine. Parce que la leçon collective, lors de l'aller, c'est le Ba(rça)yern qui l'a donnée. Guardiola a réussi l'ébauche de la débauche. Il a poussé cette équipe de tous les possibles à devoir utiliser l'impensable. Devenir une équipe comme les autres. Une équipe qui ne trouve pas la solution par le jeu, le sien. Pep a réussi à faire dégager le Barça... avec les pieds... loin devant. Il a réussi à pousser les Catalans à appeler les urgences. A avoir besoin d'un respirateur artificiel. Mais à la fin du match, c'est le Bayern qui appelle les pompes funèbres pour préparer les obsèques. Chronique d'une mort annoncée. Parce que le cri primal vient de celui qui renaît à chaque prise de balle. Guardiola a tari la source mais hélas pour lui, Messi est la pluie et fait le beau temps. Il est tout, le fournisseur céleste, la source, le débit et l'ivresse. Et la gueule de bois c'est pour les autres. Oktoberfest en mai. Meilleure possession de balle que le Barca... chez lui. Fort, très fort. Mais problème, gros problème, aucun tir cadré sur tout le match. Neuer a touché plus de ballons que Müller et Lewandowski. Et une fois de plus, le lutin Divin a redéfini la notion du génie et enrichi notre conviction personnelle. La tactique, c'est bien mais elle ne peut rien contre le talent. Du genre qui se cache dans son coin et qui attend. L'erreur de l'adversaire. Il n'y en a eu qu'une. Une demi-seconde sur les 5400 que dure un match. Dur. Cher payé. C'est pour cela que le génie n'a pas de prix. Au retour, Ter Stegen a dû faire cinq arrêts. Deux ans que ce n'était pas arrivé à un gardien du Barça en Ligue des Champions. Pas de doute, la meilleure défense, c'est l'attaque. Surtout quand t'as Suarez et Neymar, deux électrons libres dans leur tête et leur talent, à côté de Messi. A l'Allianz Arena, le Barça a tiré quatre fois. Tous cadrés. Deux buts. Ces trois-là sont dans 25 des 28 buts inscrits par les Catalans dans cette Champions League. The special team in a very special team. Ce qui permet à Luis Enrique de planifier son programme au gré des fulgurances de son trident. Qui ne mord qu'avec les pieds. Même Suarez. Qu'on laisse souffler à la mi-temps. Pouvoir préparer un match de championnat en pleine demi-finale retour de Ligue des Champions sur le terrain du Bayern de Munich, faut être balaise. Un titre, ça se prépare... pour mieux en préparer un autre. Un récital de plus avec le stradivarius qui va nous arracher encore quelques larmes. De bonheur. La Pulga est une puce " électrostratosphérique " contre laquelle aucun programme n'a de solution. Il est prêt pour un nouveau " Big Bang " du côté de Berlin où il risque de faire sauter le mur Turinois. Messi réécrit l'histoire, Lionel est la genèse de la création. FREDERIC WASEIGELa tactique, c'est bien mais elle ne peut rien contre le talent.