L'arrière gauche de l'Excelsior Mouscron DavidGrondin, dont le père est originaire de l'île de la Réunion (" Comme la plupart de ceux qui portent ce patronyme ", précise-t-il), ne fait pas beaucoup de vagues dans les médias. Son terrain d'expression à lui, c'est la pelouse. Et là, il faut bien avouer que les statistiques parlent pour lui : la saison dernière, il avait inscrit trois buts et délivré onze assists. Et si c'était lui, le successeur de ChristopheGrégoire au Canonnier ?
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L'arrière gauche de l'Excelsior Mouscron DavidGrondin, dont le père est originaire de l'île de la Réunion (" Comme la plupart de ceux qui portent ce patronyme ", précise-t-il), ne fait pas beaucoup de vagues dans les médias. Son terrain d'expression à lui, c'est la pelouse. Et là, il faut bien avouer que les statistiques parlent pour lui : la saison dernière, il avait inscrit trois buts et délivré onze assists. Et si c'était lui, le successeur de ChristopheGrégoire au Canonnier ? Cette saison, le nom de Grondin se détache moins dans les colonnes de statistiques. Il a seulement ouvert son compteur-buts lors du dernier match à Charleroi, et au niveau des passes décisives, il semble moins efficace également : un de ses corners a offert un but à un partenaire. Mais le dispositif de l'Excelsior a changé et son rôle est donc différent. " On a désormais des attaquants qui peuvent faire la différence tout seuls ", constate-t-il. " La saison dernière, on devait tabler sur le collectif et comme on jouait avec un attaquant à droite et deux dans l'axe, j'avais quasiment tout le flanc gauche pour moi. J'étais très impliqué dans le jeu. Je pense que sur mes 11 passes décisives, il y avait cinq corners et six centres ". Alors que certains pensaient, durant la période de préparation, que Grondin était susceptible d'être sacrifié sur l'autel du 3-5-2 que MarcBrys s'apprêtait à instaurer, il est demeuré un titulaire indiscutable dans une équipe qui a finalement opté pour une ligne arrière à quatre. " Personnellement, je ne me suis jamais posé de questions ", assure-t-il. " Si le coach avait opté pour un 3-5-2, je pense que j'aurais avancé d'un cran afin d'évoluer comme milieu gauche. C'est d'ailleurs un rôle qui ne m'est pas inconnu : je l'avais rempli à Dunfermline et à Brest. A 27 ans, je m'estime capable d'évoluer dans différents systèmes de jeu ". Grondin est ce que l'on peut appeler un arrière offensif : " J'essaie de copier ce qui se fait au plus au niveau et je remarque que la plupart des bons arrières latéraux sont très portés vers l'avant. Je songe à RobertoCarlos, EricAbidal, AshleyCole, PhilipLahm ou - si l'on veut prendre une référence au niveau belge - SébastienPocognoli. J'estime qu'il existe deux sortes d'arrières latéraux : celui qui peut jouer dans l'axe et qui, forcément, attaque moins ; et celui qui peut évoluer comme milieu de terrain. J'appartiens à la deuxième catégorie. C'est clair que j'adore toucher le ballon et participer au jeu. Jouer comme défenseur central, très peu pour moi : surtout au vu de ma taille ! Par contre, être posté plus haut ne me dérange pas. J'ai souvent évolué dans des équipes qui dominaient. Donc, si je voulais me faire remarquer, j'avais intérêt à être utile offensivement. On m'a toujours dit : quand faut y aller, faut y aller ! Donc, j'y vais ". Toutes proportions gardées, Grondin se reconnaît-il un peu dans Roberto Carlos ? " Non, n'exagérons rien. Il avance à 2.000 à l'heure. Mais il y a sûrement dans son jeu des aspects intéressants dont je peux m'inspirer : son placement, sa façon de défendre, sa manière d'utiliser le ballon lorsqu'il l'a récupéré. On dit parfois que c'est plus un attaquant qu'un défenseur. Croyez-vous que l'on puisse être l'arrière gauche titulaire d'une équipe championne du monde ou victorieuse de la Ligue des Champions si l'on n'est pas capable de défendre ?"D'aucuns rétorqueront, en étudiant les statistiques de Grondin : - 11 assists et 3 buts, c'est très bien, mais doit-on juger un défenseur sur ces chiffres-là ? " Pour moi, la conception d'un arrière latéral, c'est cela : bien défendre et apporter sa contribution aux offensives. Ce n'est pas parce que j'attaque plus que je défends moins ". En fait, Grondin a une conception particulière de son rôle défensif : " Je considère que la meilleure défense, c'est l'attaque. A partir du moment où, grâce à mes montées, j'oblige l'ailier adverse à rester dans son camp, j'ai gagné la partie. Car, quand un ailier reste dans son camp, il n'est forcément pas dangereux. Et s'il doit courir derrière moi, il aura tendance à se fatiguer et à manquer de fraîcheur dans ses gestes offensifs. Certes, lorsqu'on monte, on crée des espaces dans son dos, mais si l'équipe a l'emprise du jeu, ce n'est pas grave. Y a-t-il des types d'attaquants qui me posent des problèmes particuliers ? Je ne vais pas révéler mes faiblesses. Disons que... les très bons attaquants me posent des problèmes. J'essaie de m'adapter à leur jeu, mais si eux sont obligés de s'adapter au mien, c'est encore mieux. Par ailleurs, je ne pense pas que mes gestes purement défensifs soient mauvais. Je suis capable d'anticiper, de bien me placer et, lorsque c'est nécessaire, de tackler. D'ailleurs, j'ai joué en Angleterre et en Ecosse, où les gens apprécient autant un beau tackle qu'un beau centre ". Grondin a-t-il dû changer son jeu dans les Iles ? " Non, pas du tout. Un seul entraîneur m'a un jour demandé de changer mon jeu : c'était à Saint-Etienne ! Il a voulu m'obliger à faire une croix sur tout ce que l'on m'avait appris durant ma période de formation. Je n'ai pas voulu changer, car mon style de jeu m'avait toujours réussi jusque-là. J'ai préféré quitter Geoffroy-Guichard. Soit. C'est le passé ". Mouscron a connu une évolution tactique en ce début de saison. Si le 3-5-2 avait été essayé sans succès dans les matches de préparation, c'est le 4-4-2 qui fut appliqué lors du premier match contre La Gantoise. Le 4-3-3 fut inauguré lors du déplacement à Saint-Trond, comptant pour la deuxième journée, et c'est à partir de là que l'équipe-type de l'Excelsior a pris forme. " Je crois qu'il faut placer le match de Gand hors catégorie ", estime Grondin. " On a joué le dimanche à 18 heures, par une température caniculaire alors que l'été fut relativement frais, et on a été rapidement obligé de courir derrière le score. On suffoquait et on a été dépassé par le rythme d'une équipe gantoise déjà rôdée par la Coupe Intertoto ". Grondin avait, à l'image de ses partenaires, connu un match difficile face à AdefanmiOlufade. " Personne ne savait comment se placer et, physiquement, on n'était pas prêt. Ce match fut un calvaire. Mais on a su réagir directement. A Saint-Trond, Brys a recentré Oussalah dans l'axe et a aligné trois attaquants. Depuis lors, cela marche plutôt bien. Il n'y a donc pas de raison de changer ". Un 4-3-3 qui rappelle le système de jeu instauré par GilVandenbrouck en début de saison dernière. " Le fait de jouer avec trois attaquants empêche les défenseurs adverses de monter aussi souvent qu'ils le souhaiteraient. Là où on a encore progressé par rapport à la saison dernière, c'est que l'on est désormais capable de subir le siège et d'attendre le bon moment pour repartir en contre. C'est sans doute ce qui explique notre productivité actuelle en déplacement : d'un côté on encaisse moins, et d'un autre côté nos trois attaquants, quels qu'ils soient, sont capables de marquer à tout moment. En ce qui concerne les défenseurs, on n'a aucune consigne de rester derrière. On joue tous les matches pour les gagner, où que l'on se produise. Par rapport à la saison dernière, la préparation a été différente également : beaucoup de matches amicaux, des entraînements plus longs et plus nombreux, parfois même le jour des matches amicaux. Et l'effectif est plus étoffé : le fait d'avoir plus de joueurs oblige tout le monde à rester éveillé et à se remettre en question ". Dans le beau parcours des Hurlus, on peut trouver un bémol : tous les gros matches - La Gantoise, Anderlecht et Bruges - ont été perdus. Est-ce le signe qu'il manque encore quelque chose pour rivaliser avec les meilleurs ? " Gand, comme je l'ai dit, c'était un contexte particulier. C'est le seul match où l'on a été vraiment dominé. Contre Anderlecht et Bruges, on a effectivement perdu mais ces rencontres auraient pu tourner autrement. On verra lors de la visite de Genk, samedi prochain, s'il manque vraiment quelque chose à Mouscron pour battre un ténor. Maintenant, si l'on perd tous les gros matches mais que l'on gagne tous les autres, on sera bien classé malgré tout en fin de saison ". par daniel devos- photo: reporters