Le Brésil, bien que gagnant, n'a pas totalement convaincu les observateurs quant à la qualité du jeu produit. Mais ne dit-on pas qu'en Coupe du Monde, il vaut mieux gagner ses premiers matches en s'économisant, pour ensuite monter en puissance quand arrivent les moments décisifs et les éliminations directes ? Il est toutefois remarquable de constater que les individualités qui ont marqué les esprits du côté de la Seleçao sont plutôt les joueurs à tempérament défensif tels que Lucio et Juan en défense et Emerson et ...

Le Brésil, bien que gagnant, n'a pas totalement convaincu les observateurs quant à la qualité du jeu produit. Mais ne dit-on pas qu'en Coupe du Monde, il vaut mieux gagner ses premiers matches en s'économisant, pour ensuite monter en puissance quand arrivent les moments décisifs et les éliminations directes ? Il est toutefois remarquable de constater que les individualités qui ont marqué les esprits du côté de la Seleçao sont plutôt les joueurs à tempérament défensif tels que Lucio et Juan en défense et Emerson et Ze Roberto dans l'entrejeu, c'est tout dire ! On attendait bien évidemment avec grand intérêt, la première prestation du meilleur joueur actuel, Ronaldinho. Et on peut dire qu'elle fut mitigée, le numéro 10 auriverde se cantonnant dans un rôle de médian gauche avancé mais très écarté vers la ligne de touche, surtout en première mi-temps. Un 4-4-2 sans ballonL'équipe alignée par Carlos Alberto Parreira était probablement prévue de longue date car se sont les numéros 1 à 11 qui ont commencé le match. Le système utilisé par les Brésiliens dans cette rencontre était un 4-4-2 assez original avec les deux médians offensifs écartés sur les flancs ( Kaka, le meilleur des joueurs offensifs dans ce match, à droite et Ronaldinho à gauche), deux demis centraux récupérateurs (avec Ze Roberto plus avancé qu'Emerson) et deux attaquants ( Ronaldo et Adriano). Le premier était on ne peut plus statique (remplacé trop tardivement par Robinho) et le second beaucoup plus mobile tournait autour du centre-avant du Real. La défense centrale ainsi que le gardien Dida ont réalisé le match parfait mais le dernier rempart brésilien a bénéficié du manque de précision des Croates qui, à trois reprises, se sont retrouvés en position idéale dans le grand rectangle. A chaque fois, leur tir a abouti en plein sur le keeper milanais. Les Croates méritaient mieux pour leur prestation collective et l'audace affichée. Un 2-6-2 avec ballonLe 4-4-2 du Brésil en possession de balle se transforme quasiment en 2-6-2 avec les intégrations des deux arrières latéraux qui participent énormément offensivement. Cafù a eu plus de liberté que Roberto Carlos car Kaka libérait plus le flanc que Ronaldinho sur l'autre côté. C'est d'ailleurs sur un appel de balle du capitaine brésilien qui sollicite le ballon des pieds d'Emerson, que le Brésil marque le seul but du match. Cafù (impressionnant physiquement malgré ses 37 ans) donne le ballon à Kaka, qui est rentré dans le jeu, et qui décoche une frappe très pure enroulée du pied gauche. Une position plus centrale de Ronaldinho lui aurait permis d'avoir plus d'impact sur le jeu de son équipe et de laisser de l'espace pour les plongées dans son dos de Roberto Carlos. Victoire au petit trot du Brésil mais prestation encourageante pour les futurs adversaires qui pourraient profiter des espaces laissés dans leur dos par les arrières latéraux. Le championnat du monde est loin d'être dans la poche pour les tenants du titre.Étienne delangre