Anderlecht, Chorzow, Belgrade et Almaty ont été les théâtres de matches très importants dans le cadre du Groupe A duquel émergeront deux qualifiés pour la phase finale de l'Euro 2008. Chaque équipe nationale a avancé ses atouts et après quatre rencontres, les favoris du Groupe A ont exprimé leurs ambitions, étalé leurs atouts et leurs problèmes.
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Anderlecht, Chorzow, Belgrade et Almaty ont été les théâtres de matches très importants dans le cadre du Groupe A duquel émergeront deux qualifiés pour la phase finale de l'Euro 2008. Chaque équipe nationale a avancé ses atouts et après quatre rencontres, les favoris du Groupe A ont exprimé leurs ambitions, étalé leurs atouts et leurs problèmes. Même si la Serbie a pris le large au classement général, personne ne peut désigner à coup sûr ceux qui émergeront sur la ligne d'arrivée. Dans les cordes après sa défaite à Belgrade, la Belgique a rempli son contrat face aux faibles Azéris (3-0) et, même si tout ne fut pas parfait, elle se relance au classement général de son groupe. Son prochain adversaire, la Pologne, a infligé une défaite au surdoué de la bande, le Portugal (2-1) et monte en puissance avant sa visite à Bruxelles. La Serbie et la Finlande consolident leurs ambitions après avoir respectivement vaincu l'Arménie (3-0) et la Kazakhstan (0-2). Belgique : Stijnen ; Hoefkens, Van Buyten, Léonard, Vermaelen ; Vanden Borre (77' Mbo Mpenza), Simons, Geraerts, Goor, Geraerts ; Vandenbergh, (86' Pieroni), Emile Mpenza (70' Dembele). Azerbaïdjan : Veliyev ; Kerimov, Sokolov, Gashimov (77' Nadirov), Imamaliev, Ladaga ; Pereira, Chertoganov, Muzika (32' Gurbanov), Sultanov (55' Javadov) ; Gomes.Buts : 24' Simons 1-0 (p), 46' Vandenbergh 2-0, 82' Dembele 3-0. Spectateurs : 15.000 Arbitre : Lajuks LETJaunes : Van Buyten, Goor, Vandenbergh, Velliyev, Muzika, Kerimov. Rouge : DembeleRené Vandereycken a placé Philippe Léonard au centre de sa défense afin de substituer Vincent Kompany qui s'était blessé à l'aine à l'entraînement. Le joueur de Feyenoord s'est acquitté calmement de sa tâche. Le coach fédéral a opté pour un 4-4-2 avec l'apport d' Antony Vanden Borre sur le flanc droit. Même s'il fut irrégulier et qu'on le préfère à l'arrière droit, l'Anderlechtois a animé un secteur de jeu qu' Ivica Dragutinovic avait souvent perforé à Belgrade. Timmy Simons était le seul médian défensif. Sans être géniale, la circulation de la balle fut plus fluide qu'en Serbie avec plus de présence sur les ailes, surtout à droite. A la peine face au mur azéri, Kevin Vandenbergh a prouvé qu'il était bien un renard des grandes surfaces en marquant le deuxième but belge, le premier d'un attaquant lors de cette campagne. Si la finition progresse, la défense a pris ses assises. Elle n'a encaissé qu'un but en quatre matches et l'excellent Stijn Stijnen peut donc tutoyer le gardien de but serbe, Vladimir Stojkovic, qui a réalisé la même performance que lui : un but seulement encaissé en quatre matches Vandereycken : " Le stade n'était pas plein mais le public a tout de suite exprimé son soutien à l'équipe nationale : c'est important. Nous avons bien maîtrisé les données de cette rencontre, bien garder la balle, mis la pression dans le camp adverse. Il était primordial, entre autres, d'être actifs sur les deux flancs. A droite, Carl Hoefkens et Vanden Borre se sont bien dédoublés et ont porté sans cesse le danger dans le camp adverse. A gauche, Thomas Vermaelen a moins mis le nez à la fenêtre mais c'est dû au grand match de Bart Goor. La Belgique est restée très calme avant d'ouvrir la marque. Le but de Kevin illustre bien le style de ce joueur : c'est un joueur des 16 mètres, un spécialiste du jeu court, des réactions dans les petits espaces où il avait autour de lui trois arrières centraux et deux demis défensifs. A 20 mètres du but, il est là où cela se décide et en a donné la preuve à l'occasion de notre deuxième but. Kevin est moins à l'aise quand il doit se lancer dans un raid de 30 ou 40 mètres car il n'a pas la vitesse d' Emile Mpenza qui a souvent décroché et signé une bonne performance. Après le 2-0, le rythme a baissé et c'est pour cela que j'ai remplacé Emile par Moussa Dembele qui devait requinquer la circulation. Je suis heureux que ce dernier ait marqué son premier but en équipe nationale. Je regrette son exclusion et, comme dans le cas de la carte jaune de Goor, c'est un adversaire qui mit le feu aux poudres. J'aurais aimé lancer Luigi Pieroni plus tôt car il avait exemplaire à l'entraînement. Les circonstances du match m'ont empêché de le faire mais ce n'est que partie remise. La lutte restera serrée jusqu'au bout dans notre groupe ". Pologne : Kowalewski ; Golanski, Radomski, Bpk, Bronowicki ; B3aszczykowski (66' Krzynówek), Sobolewski, Lewandowski, Smolarek ; Rasiak (74' Matusiak), Øurawski. Portugal : Ricardo ; Miguel, Ricardo Carvalho, Ricardo Rocha, Nuno Valente ; Simão, Costinha (46' Tiago) ; Petit (68'Nani), Deco (83' Maniche) ; Cristiano Ronaldo, Nuno Gomes. Buts : 9' et 18' Smolarek 1-0, 2-0 ; 90' + 2' Nuno Gomez 2-1.Le Portugal est tombé sur un os à Chorzow où 40.000 supporters ont poussé leurs joueurs vers un exploit dans leur style traditionnel : engagement, sérieux, pressing sur le porteur du ballon, contres, esprit de corps, fierté de porter les couleurs de leur pays. Le Portugal a été emporté par cette verve. Un Belge a assisté à cette rencontre : Michel Thiry. C'est un grand connaisseur du football made in Pologne : il y habite, a entraîné, dirigé des clubs et travaillé comme agent de joueurs (où il a découvert pas mal de joueurs pour Auxerre notamment). Thiry : " A Bruxelles, les Diables croiseront le fer avec un adversaire polonais redevenu coriace. Ce renouveau s'explique en grande partie par un homme : Léo Beenhakker. Il était arrivé en Pologne quelques jours seulement avant le premier match de cette campagne de qualification contre la Finlande. Il n'avait pas eu le temps de déposer ses valises. Après la défaite (1-3), il demanda un peu de temps. Et il a bien travaillé : il a vu des tas de matches de D1 pour bien comprendre le football polonais. Apres un nul flatteur de la Serbie en Pologne (1-1), Beenhakker a été chercher les trois points au Kazakhstan (0-1) où il a trouvé son occupation de terrain. Il est resté fidèle à son 4-4-2 contre des Portugais qui ont pris le match de haut et rigolaient durant les hymnes nationaux. Ils sont vite tombés de haut. Le Portugal contrôlait plus la circulation de la balle mais ses joueurs étaient sans cesse attaqués par trois ou quatre Polonais. Il leur était impossible de concevoir de grandes man£uvres offensives alors que la Pologne imposait son physique et ses contres. Derrière, Beenhakker a recomposé une défense ferme. Michal Zewlakow n'a pas été retenu mais il rendra encore des services. Dans la ligne médiane, il y a des travailleurs comme Radoslaw Sobolewski et Mariusz Lewandowski qui ne lâchent rien, accrochent, défendent, distribuent. Mais ce secteur a été illuminé par le talent de Euzebiusz Smolarek. Il a croisé Beenhakker en Hollande et comprend bien le néerlandais. Après Feyenoord, il se réalise à Dortmund. C'est un ailier droit mais, libre, il a débuté à gauche contre le Portugal. Ses deux buts résultent cependant d'efforts sur la droite. Il trouve facilement ses équipiers et surtout le pivot, Grzegorz Rasiak. Il a explosé le Portugal et la presse l'a baptisé : Eusebio du football polonais. La grande classe. A mon avis, la Pologne n'a pas de grandes vedettes mais elle forme à nouveau un bloc très soudé. Elle est lancée et ce succès contre les Portugais fait office de déclic. La pelouse du Stade Roi Baudouin est très grande et cela conviendra aux contres polonais et à Beenhakker qui connaît parfaitement le football belge. Le match du 15 novembre sera aussi celui de deux coaches. Le Portugal a déçu car FelipeScolari n'a pas donné l'impression de connaître la Pologne. Malgré une fin de match intéressante, le Portugal, Cristiano Ronaldo en tête, a sous-estimé la Pologne : cela se paye cash ". Serbie : Stojkovic ; Duljaj, Stepanov, Krstajic, Dragutinovic ; Koroman (72' Ergic), Kovacevic, Stankovic, Trisovic (46' Ilic) ; Pantelic (46' Lazovic), Zigic. Arménie : Kasparov ;, Hovsepuyan, Arzumanyan, Dokhoyan, Nazaryan ;, Melikyan, Melkonyan, Mkrtchyan, Hakobyan, Manucharyan (79' Tigranyan) ; Shahgeldyan (65' Erzrumyan).Buts : 54' penalty Stankovic 1-0, 62' Lazovic 2-0, 90' + 2' Zigic 3-0. Le coach des Serbes, Javier Clemente a revu sa défense, placé Duljaj a droite et Stepanov au centre. MarkoPantelic n'a joué que 45 minutes les hommes les plus en vue, sous le regard de Neba Malbasa furent surtout le grand Nikola Zigic, Ognjen Koroman et Ivica Dragutinovic. Malbasa : " La Serbie a bien débuté le match face à une Arménie très défensive avant de perdre ses idées et son football, surtout après le penalty raté par Pantelic suite à une faute sur Zigic. Clemente a effectué de bons changements au repos. Pantelic n'a pas mal joué mais le penalty raté l'a perturbé. Après le repos, l'équipe a été plus mobile, plus créative et a parfaitement quadrillé le terrain. Zigic a force un deuxième penalty et marqué un but. Son apport est de plus en plus important en pointe où il n'est pas qu'un pivot. En deux matches, la Serbie a pris six points mais Clemente garde les pieds sur terre ". Kazakhstan : Loria ; Smakov, Kuchma, Zhalmagambetov, Azovskiy, Baltiev, Khokhlov, Travin (82' Azovskiy), Sergienko (76' Larin), Zhumaskaliyev, Byakov. Finlande : Jäässkeläinen, Pasanen, Hyypiä, Tihinen, Kollkka, Ilola, Väyrynen (90' + 2' Riihilahti), Litmanen, Nirmela, Forseel (72' Kuqi), Kallio.Buts : 27' Litmanen, 65' Hyypia. La Finlande voyage très bien. Elle avait déjà gagné en Pologne. Après un match nul décevant face à l'Arménie, Jari Litmanen a réagi, marqué le premier but et entraîné la Finlande vers le succès. Les Nordiques ne font pas de bruit mais comptent désormais huit points au classement. PIERRE BILIC