uand on cherche les responsabilités, chacun se renvoie la balle :
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uand on cherche les responsabilités, chacun se renvoie la balle : -l'entraîneur Laszlo Bölöni dit que son noyau est trop jeune, -les joueurs pointent du doigt la spirale infernale dans laquelle ils se sont laissé entraîner, -la direction parle des managers qui rodent autour de joueurs qui ont marqué l'Europe la saison passée, -tout le monde évoque la poisse et le nombre inimaginable de blessures qui accablent le noyau. Sans doute qu'il y a un peu de tout cela mais le Standard a certainement manqué de prévoyance. " Gouverner, c'est prévoir ", disait Emile de Girardin, homme politique français du 19e siècle. Cela fait en effet deux ans que les analystes disent que le noyau des Liégeois est trop étroit. Il a tenu la route durant deux ans car il fut miraculeusement épargné par les blessures et cela ne pouvait pas durer. La jeunesse ? Le Standard doit son renouveau en partie à l'Académie Robert Louis-Dreyfus mais n'a-t-il pas poussé le bouchon un peu loin en ne basant son développement que sur cela ? Et les sollicitations des piliers de l'équipe ? Tout le monde savait qu'après deux titres et une campagne européenne réussie, les joueurs aspireraient à d'autres défis. Seule la perspective de la Ligue des Champions pouvait les tenir motivés. On l'a vu : le Standard a complètement délaissé le championnat pour les joutes européennes. Pourtant, en interne, personne ne met en doute la philosophie générale du club et sa politique sportive. Personne ne parle des transferts trop peu productifs jusqu'à présent. Le vice-président exécutif Luciano D'Onofrio a annoncé, dans une interview parue dans Sport/Foot Magazine fin décembre, qu'il ne changera pas son fusil d'épaule pour une saison ratée. Son frère, Dominique D'Onofrio, directeur sportif du club, explicite et défend aujourd'hui la politique du club. " Il ne faut pas oublier que par rapport à l'année passée, on n'a perdu qu'un seul joueur : Oguchi Onyewu ", dit Dominique D'Onofrio. " On a fait d'énormes efforts pour garder les piliers de la saison dernière comme Marcos Camozzato, Igor de Camargo, Milan Jovanovic, Dieumerci Mbokani, Steven Defour ou Axel Witsel. Soit en leur proposant un nouveau contrat, soit en ne donnant pas suite aux demandes de transfert. Tous ces joueurs sont quand même champions de Belgique. Et ils sont toujours au Standard ! Des valeurs sont venues s'ajouter au noyau déjà en place. Mais on a connu une poisse incroyable. " On peut en douter quand on voit leur rendement. Certains ont laissé entrevoir de belles choses ( Victor Ramos) et d'autres ont souffert d'être mis à contribution d'entrée sans être prêts physiquement ( Ricardo Rocha ou Olivier Dacourt). Au lieu de remplacer les blessés, ils les ont donc rejoints à l'infirmerie. Faut-il déjà les brûler ? " Onyewu et Mohamed Sarr ont également éprouvé des difficultés lors de leur première saison à Sclessin. Pour devenir par après ce qu'ils sont devenus ", prévient DD. Les deux Brésiliens s'apparentent à un nouveau coup de poker, comme celui tenté il y a trois ans lorsque Marcos, Fred et Felipe Soares avaient rallié Sclessin. Seul le premier a vraiment percé, six mois après son arrivée. DD : " Je ne suis pas d'accord car il y a une grande différence entre les deux situations. Les trois premiers Brésiliens étaient des inconnus. Ici, on a transféré des joueurs qui constituaient des valeurs sûres dans leur pays. Victor Ramos est titulaire chez les -21 ans brésiliens et il devait d'ailleurs participer à la Coupe du Monde de la catégorie. On ne part pas dans l'inconnu avec eux. Ils devaient être compétitifs d'entrée mais ils n'ont pas pu s'adapter aux méthodes de travail belges car ils ont été lancés dans le bain directement quand Sarr était blessé. " Ce n'est qu'une fois dans la mouise que le Standard a abandonné la piste des jeunes pour acquérir de l'expérience. N'était-il pas déjà trop tard ? Et est-ce que ces transferts ont été réfléchis ou précipités ? " Ricardo Rocha a l'expérience d'un grand championnat même si cela faisait longtemps qu'il n'avait plus joué. C'était une bonne affaire. Dacourt ne pouvait qu'apporter un plus avec sa mentalité et son vécu. Que ce soit sur le terrain ou dans les vestiaires. Mais là aussi, les blessures les ont rattrapés. "Mais le Standard n'a-t-il pas débuté son mercato trop tard ? Les mois de juin et juillet n'ont vu arriver que de jeunes boutonneux issus des centres de formation anglais ( André Mbuyi Mutombo) ou français ( Jonathan Mendes et Moussa Traoré). " Nous ne ferons jamais de folie pour les transferts et continuerons à faire confiance à des jeunes talentueux ", ajoute Dominique D'Onofrio. " Marouane Fellaini a débuté à 18 ans en repoussant Siramana Dembélésur le banc alors qu'il s'agissait de la révélation de la saison précédente. On a été champion avec une moyenne d'âge de 22 ans et demi. Or, tous ces joueurs ont deux ans de plus. Quand Eliaquim Mangala est devenu titulaire à 17 ans et demi, tout le monde s'en félicitait. Il a même été sélectionné avec les Espoirs français, ce qui est très rare. Cela prouve qu'on était quand même dans le bon, non ?" Pas question donc de changer de philosophie même si la direction consent facilement que ce n'est pas aux jeunes à tirer le groupe : " Quand une équipe tourne mal, ce sont sur les expérimentés qu'il faut compter. "Pourtant, la politique actuelle, dictée par des motifs financiers et digne d'un outsider, ne sied plus à un double champion en titre, candidat à sa propre succession et devenu en deux ans un poids lourd de la compétition. Le Standard ne peut plus miser sur des coups (Jovanovic), sur des vieux chevaux sur le retour (à part Sergio Conceiçao, aucun n'a vraiment brillé) ou uniquement sur des jeunes. " Pourquoi pas ?", se défend Dominique D'Onofrio. " Notre objectif ne consiste pas à être champion tous les ans mais à finir dans le top 3. On sait que pour devenir champion, il y a des paramètres qu'on ne maîtrise pas. On est toujours le quatrième budget de Belgique ! On dit qu'on n'a pas dépensé depuis la vente de Fellaini mais on a investi dans l'Académie. Elle a coûté 18 millions, dont 13 à charge du Standard. Tous les trois ans, pendant 29 ans, on doit rembourser 180.000 euros. On essaie de gérer le club en bon père de famille. Surtout quand on sait d'où le Standard vient et où il était il y a douze ans à peine. On est passé de 8.000 à 23.000 abonnés... "Selon nous, oui, car elle n'a pas voulu voir que le statut du Standard avait changé et que cette modification engendrait de facto une politique différente. Aujourd'hui, la direction défend bec et ongles sa ligne de conduite. En n'ayant pas les folies des grandeurs, elle a privilégié la survie du club. On ne peut pas le lui reprocher. Mais n'était-ce pas l'année ou jamais pour prendre un léger risque afin de s'inscrire dans la durée comme numéro un du football belge ? Avec un ou deux joueurs expérimentés (et en ordre de marche) supplémentaires, le Standard passait le cap des poules de la Ligue des Champions. Avec tout ce que cela signifie en termes d'image, de rentrées financières et d'expérience sportive. " Non, Nous voulions conserver l'ossature et on l'a fait ", affirme Dominique D'Onofrio. " Qui aurait pu prévoir sept ou huit blessures musculaires et les fractures ? Personne. On nous reproche de trop miser sur les jeunes mais Sarr a 26 ans, Marcos 26, De Camargo 26, Jovanovic 28, Dalmat 27 et Nicaise 29. "Non ! " On a continué à progresser dans notre travail. Même cette année ", dit le directeur sportif. " Si le Standard est là aujourd'hui, c'est grâce à un travail de six ans. Cette saison est une saison noire mais, je le répète, la philosophie ne changera pas pour autant. On parle de fin de cycle mais je n'aime pas ce terme car cela signifie qu'on doit bouger toute une équipe et la remplacer par une autre. Or, j'estime que certains joueurs doivent encore grandir chez nous. "Pourtant, cinq joueurs au moins (Jovanovic, Mbokani, Defour, Witsel, Bolat) sont fortement courtisés. " Cela m'étonnerait qu'ils partent tous. On a refusé six millions de Stuttgart pour Jovanovic, c'est la preuve qu'on fait tout pour les garder. "Quant à la concurrence, le Standard ne s'en occupe pas, même s'il semble de nouveau distancé par Anderlecht. DD : " Mais Anderlecht a une autre culture. Ils ont appris à gagner, année après année. C'est le club le puissant de Belgique. Il faut se rendre à l'évidence. " par stéphane vande velde - photos: belgaNotre objectif ne consiste pas à être champion tous les ans. (Dominique D'Onofrio)