L'Excelsior Mouscron s'est fait peur, mais a finalement assuré son maintien lors de l'avant-dernière journée. A l'issue d'un match stressant, où la nervosité était perceptible et où ils ont, comme c'est devenu une habitude, touché du bois (cette fois par PatriceNoukeu), les Hurlus se sont imposés 0-2 à Mons grâce à deux buts tardifs de MarcinZewlakow.
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L'Excelsior Mouscron s'est fait peur, mais a finalement assuré son maintien lors de l'avant-dernière journée. A l'issue d'un match stressant, où la nervosité était perceptible et où ils ont, comme c'est devenu une habitude, touché du bois (cette fois par PatriceNoukeu), les Hurlus se sont imposés 0-2 à Mons grâce à deux buts tardifs de MarcinZewlakow. " On n'aurait jamais dû connaître de telles affres ", souligne OlivierBesengez (33 ans). " Depuis trois mois, on comptait trop sur les faux pas de nos concurrents directs. Mais ceux-ci ont pris des points alors qu'on s'engluait dans un dangereux surplace. Dimanche, on a enfin pris le taureau par les cornes en se persuadant qu'on devait assurer notre maintien sans tenir compte des autres. Une longue journée stressante a connu une issue heureuse et je garderai malgré tout un bon souvenir de ce championnat. Je pense que, désormais, toutes les conditions sont réunies pour repartir du bon pied la saison prochaine ". Sans Jean- PierreDetremmerie, probablement. " S'il a pris sa décision, c'est qu'il l'a mûrement réfléchie ", estime Besengez. " Il ne nous abandonnera pas, il ne confiera le gouvernail du navire que s'il estime qu'il est en de bonnes mains. Lui aussi a vécu une saison stressante et si son état de santé l'incite à arrêter, il doit s'en tenir à la raison. La seule chose qu'on peut lui dire, c'est merci. Car sans lui, l'Excel ne serait jamais arrivé en D1. Moi-même, je n'aurais probablement jamais joué en D1 ". Depuis le départ de SteveDugardein, Besengez (33 ans) est un peu la dernière figure emblématique de Mouscron. A la différence de l'actuel Caennais, il n'a pas débuté sa carrière à l'Excel : il a, en effet, joué une saison en... Pré-Minimes à Herseaux. Mais, davantage encore que son copain parce qu'il est plus âgé (33 ans), il a tout connu à l'Excel. Même la... Promotion, où il a joué une demi-saison ! " Pourtant, je n'ai jamais connu une saison pire que celle-ci. Lors de la première année de HugoBroos, on était aussi tombé dans le fond du classement, mais on avait finalement terminé 10e. On n'a jamais été habitué à vivre avec la pression. Avec LorenzoStaelens, le deuxième tour avait été pénible aussi mais on avait déjà pris 30 points lors du premier tour et l'écart avec les derniers était assez conséquent. On n'a jamais tremblé ". Cette saison, l'Excel pensait pouvoir se mettre facilement à l'abri, mais n'y est jamais parvenu. " C'est surtout face au GBA qu'on a raté le coche. On était dans une bonne période, on venait de battre Westerlo et le Lierse, mais on a buté sur la défense renforcée des Anversois. Si on avait pris ces trois points-là, on se serait mis à l'abri bien plus tôt. Au lieu de cela, on a vu tour à tour d'autres équipes se sauver avant nous, comme Saint-Trond, et on a dû ramer jusqu'au bout. Ce groupe n'aurait jamais dû se retrouver à la 16e place, car il recèle un bon mélange ". Besengez est fin de contrat. S'imagine-t-il, la saison prochaine, jouer dans un autre club que celui dont il porte les couleurs depuis 23 ans ? " Pour l'instant, non. Mais maintenant le maintien assuré, le club entamera les négociations avec certains et j'espère faire partie de ceux-là. J'aurai 34 ans en septembre et je me sens encore capable de jouer un an ou deux. Cette saison, je n'étais plus un titulaire à part entière, mais je pense avoir rendu de grands services et j'estime pouvoir être un guide pour les jeunes J'ai toujours fait mon travail et je n'ai jamais affiché un mauvais caractère. Je n'ai pas l'habitude d'élever la voix, mais je pense pouvoir remettre de l'ordre dans le vestiaire lorsque c'est nécessaire. Pour toutes ces raisons, j'ai bon espoir que le club me proposera quelque chose ". A l'heure actuelle, énormément de questions restent encore sans réponse. Est-il logique de faire languir joueurs et entraîneurs aussi longtemps ? " Je comprends que l'entame des négociations ait pu dépendre du maintien. Le club peut être relancé au niveau des finances et du sponsoring. Alors que s'il était descendu, bien des choses auraient été remises en question. Il y a un monde de différence entre les deux divisions. A tous les niveaux : financier et sportif. J'ai joué cinq ans en D2, et je peux vous assurer qu'il est moins agréable d'aller jouer à Dessel ou à Maasmechelen, qu'à Anderlecht ou à Bruges. On a fait les efforts pour arriver en D1, cela aurait été bête de les voir réduits à néant ". Ces deux dernières saisons, Besengez avait perdu sa place de titulaire. " L'entraîneur a fait d'autres choix et j'ai aussi été miné par quelques blessures, certaines plus longues et plus importantes que d'autres, mais je me suis toujours senti concerné ". Ces passages sur le banc n'ont pas toujours été faciles à vivre. " En avril et en mai, j'ai retrouvé quelques sensations, et je compte bien en profiter pour démontrer que je ne suis pas fini. Ces deux dernières années, il y avait beaucoup de concurrence en défense. L'an passé, GeorgesLeekens avait trouvé son axe central avec StephenLaybutt-Samir Beloufa. Au début de cette saison, PhilippeSaint- Jean a fait confiance à Alex Teklak qui s'est bien tiré d'affaire. Le club a aussi transféré StjepanSkocibusic. J'ai fait quelques apparitions sur le côté droit, mais ce n'est pas ma place de prédilection. Le problème, c'est qu'Alex préfère aussi jouer dans l'axe. Dommage que la concurrence n'ait pas été aussi forte en attaque. Lorsque MarcinZewlakow était absent, il n'y avait pas de solution. Au Cercle, on s'est créé deux occasions en première mi-temps et aucune en seconde. Tout le poids de l'attaque a reposé sur les épaules du Polonais, et il ne pouvait pas tout faire seul. Pour la saison prochaine, c'est prioritairement dans ce secteur-là qu'il faudra se renforcer. La saison dernière, on possédait une attaque redoutable : Luigi Pieroni, Mbo Mpenza et encore Marcin sur le flanc, bien d'autres équipes devaient nous envier. Mais c'est le passé ". Besengez doit, en partie, son retour dans l'équipe de base aux errements du jeune DaanVanGyseghem à Charleroi. Broeckaert a, dès lors, décidé de miser sur son expérience. " Avant le déplacement au Pays Noir, Daan restait sur deux bonnes prestations ", souligne Oli. " Mais il a commis une petite erreur qui, malheureusement, a eu de graves conséquences. C'est dommage pour lui, car ce match à Charleroi risque de lui trotter longtemps en tête. Il a vu que cela n'allait pas et que le coach l'a sorti après 20 minutes. J'aimerais lui dire qu'il ne doit pas se tracasser : tous les jeunes passent un jour par là. Moi aussi, j'en ai fait des matches pareils. La carrière de Daan ne fait que commencer et il rebondira. Il sera sans doute mûr pour être lancé dans le grand bain dès la saison prochaine, mais sa mésaventure démontre qu'il ne faut pas brûler trop vite des jeunes talents comme lui ". Le manque d'expérience de l'équipe s'est aussi, parfois, fait sentir dans l'entrejeu. Raison pour laquelle, à Mons, il avait titularisé Stjepan Skocibusic dans ce secteur. " Les jeunes, c'est bien, mais il faut trouver le bon dosage ", poursuit Besengez. " Ils ont des qualités, mais ce n'est pas à eux de porter l'équipe. On a perdu un patron durant l'entresaison, inutile de le rappeler. Mais Steve Dugardein a terriblement manqué aussi. Jamais, je n'aurais imaginé faire un championnat sans lui. Et pourtant : son compteur s'est arrêté à 250 matches de D1. Un chiffre rond : magnifique pour lui ". Besengez a retrouvé en Broeckaert un homme avec qui il avait encore joué en D2. " Son style pouvait être comparé à celui de Yassine Benajiba aujourd'hui. Et comme coach, c'est pareil. Avec lui, pas de chichi. Il demande qu'on soit sec sur l'homme, qu'on fasse une faute si c'est nécessaire ou qu'on envoie le ballon devant s'il n'y a pas d'autre possibilité. Seuls les résultats comptaient, le spectacle, on pourra y penser en temps voulu ". Pour la première fois depuis sa montée en D1, Mouscron a viré son entraîneur en cours de saison. " On avait senti le vent tourner après la défaite contre le Standard. Virer un coach est exceptionnel à Mouscron, mais cela signifie que la direction a voulu adresser un signal fort. On s'apprêtait à vivre une saison de transition, après le très bon championnat livré sous la houlette de Leekens. LongCouteau avait succédé à Staelens et certains jeunes l'avaient vu arriver comme le Père Fouettard. Il a simplement remis de l'ordre dans la maison et on a vu le résultat. La tâche de Saint-Jean n'était pas évidente. Avec dix joueurs transférés et un nouveau système, ce n'était pas gagné. Cela avait pourtant bien commencé, avec un premier bilan de 11 points sur 15, mais ce bon début de championnat a peut-être occulté nos lacunes. Alors que certains parlaient déjà d'Europe du bout des lèvres, on est progressivement rentré dans le rang et des problèmes ont surgi. Comme Staelens, Saint-Jean a peut-être été trop gentil avec certains joueurs qui avaient besoin d'être secoués car ils se disaient toujours que cela irait mieux demain. Pour finir, on s'est retrouvé mêlé à la lutte contre la relégation ". Besengez sait que sa carrière ne se prolongera pas éternellement. Se verrait-il, ensuite, occuper une autre fonction dans le club ? " Je l'ignore. J'ai toujours gardé mes heures dans l'enseignement - NDLR : ildispensetroisheuresdecoursdesciences chaquelundi. A mes débuts, je n'ai pas pu signer directement un contrat pro comme les jeunes d'aujourd'hui et, dans l'attente, j'ai poursuivi mes études. Je ne le regrette pas. J'ai un diplôme que je pourrai exploiter ". Daniel Devos" Après 23 ans, je ne m'imagine pas jouer AILLEURS QU'A MOUSCRON LA SAISON PROCHAINE "