Pareille aventure est survenue il y a 15 jours à Daniela Hantuchova. Née le 23 avril 1983 à Poprad en Slovaquie, elle balade son joli minois aux quatre coins de la planète depuis la saison dernière. Même si ses résultats dans les Grands Chelems laissèrent sérieusement à désirer (ses meilleurs performances furent deux deuxièmes tours atteints à Roland Garros et à Wimbledon), la jeune Slovaque fit forte impression parmi ses congénères. Hantuchova, c'était la fille qu'il faudrait bientôt surveiller de près.
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Pareille aventure est survenue il y a 15 jours à Daniela Hantuchova. Née le 23 avril 1983 à Poprad en Slovaquie, elle balade son joli minois aux quatre coins de la planète depuis la saison dernière. Même si ses résultats dans les Grands Chelems laissèrent sérieusement à désirer (ses meilleurs performances furent deux deuxièmes tours atteints à Roland Garros et à Wimbledon), la jeune Slovaque fit forte impression parmi ses congénères. Hantuchova, c'était la fille qu'il faudrait bientôt surveiller de près. A Oklahoma City, au mois de février, elle battit Amanda Coetzer, numéro dix mondiale, alors qu'elle n'était elle-même qu'aux portes du Top 100. Dans ce même tournoi, elle obligea Jennifer Capriati à ferrailler trois sets en demi-finales. L'Américaine peut parler longuement d'Hantuchova puisqu'elle dut encore aller aux trois sets face à cette même joueuse plus tard dans la saison, à l'Open du Canada. Après une entrée réussie en Fed Cup, la belle Daniela se hissa en demi-finales sur le gazon de Birmingham, prouvant du même coup que son jeu convenait à tous les types de surface. Victorieuse du double mixte à Wimbledon en compagnie de Leos Friedl, Hantuchova se paya également le scalp de joueuses aussi redoutables que Jelena Dokic, Meghann Shaughnessy ou Barbara Schett, toutes classées entre la 11e et la 20e place mondiale. Lindsay Davenport fut elle aussi contrainte de disputer trois sets pour se débarrasser de cette diablesse qui jamais ne renonce. Sans réussir de grandes choses, Hantuchova s'était taillée en 12 mois une sacrée réputation. Avec 70 places gagnées au classement WTA, la saison 2002 pourrait bien être celle de cette fille qui cache derrière son sourire une grande timidité. Terribles coups de fondA l'Open d'Australie, au troisième tour, Venus Williams souffra face à ses coups de fond de court aussi courageux que puissants. L'Afro-Américaine fut à deux doigts de l'élimination, non parce qu'elle jouait mal mais parce que sa rivale sortait un match d'une très grande facture. Dotée d'un bon coup droit et d'un très grand revers à deux mains, Hantuchova ne se différencie pas des Seles, Davenport ou autre Capriati, lesquelles peuvent bien sûr faire valoir une plus grande expérience. Son match, elle le construit depuis sa ligne de fond mais en cherchant toujours à prendre l'initiative. Jamais elle ne subit l'échange, ce qui la rend particulièrement difficile à jouer. Dans le désert d'Indian Wells, Hantuchova réussit le tournoi parfait. Profitant à merveille de l'absence conjuguée des soeurs Williams, de Davenport, de Capriati et de Mauresmo, elle signa son premier grand coup d'éclat au troisième tour contre Justine Henin. Trop nerveuse, la Belge ne put jamais faire valoir ses armes, subissant ainsi la manoeuvre adverse. Henin s'inclina en deux petits sets, à charge pour Hantuchova de voir son moral regonflé à bloc: "Je m'étais sentie très forte dès le début du match. Je m'étais entraînée avec Justine quelques jours avant notre match et savais exactement quoi faire pour la battre". Et elle remporta la finale face à Martina Hingis. La Suissesse, qui n'a pas le compliment facile, déclara pourtant: "Quand j'ai vu avec quelle précision elle a commencé à jouer les lignes, j'ai vite compris qu'il n'y aurait rien à faire..." Le circuit féminin venait ainsi de se parer d'un nouveau bijou. Parvenue grâce à ce succès au 17e rang mondial, Hantuchova parla de son père Igor, informaticien, et de sa mère Marianna, toxicologue. Ils jouent régulièrement au tennis, une passion qu'ils communiquèrent très tôt à leur progéniture. Passée professionnelle à l'âge de 16 ans, Daniela fréquenta durant trois hivers l'académie Bollettieri en Floride. "J'avais l'habitude de m'entraîner avec Nick en personne mais il ne souhaitait pas m'accompagner sur les tournois", dit-elle. "Or, j'allais avoir besoin de quelqu'un à mes côtés. Via le bureau d'IMG, j'ai alors rencontré Nigel Sears, un entraîneur anglais, et nous avons décidé de collaborer à Wimbledon l'an dernier. Il m'a surtout appris la tactique. Aujourd'hui, je sais ce que je dois faire sur un terrain. Quant à mes bonnes performances contre les meilleures, elles m'ont donné foi en moi". Elle ne souhaite pas s'arrêter en si bon chemin. Son potentiel est grand et elle le sait: "Si vous voulez être la meilleure joueuse du monde, il faut commencer par s'en convaincre soi-même. Pour moi, l'essentiel à présent est d'améliorer tous les compartiments de mon jeu. Mes succès contre Henin et Hingis ont prouvé que je fais à présent partie des meilleures. Cela augmente la pression et l'attente autour de ma personne mais cela ne me fait pas peur. Au contraire, j'aime ça".Si d'aventure cette fille qui parle couramment slovaque, anglais et allemand et joue très bien du piano devait connaître une baisse de régime, elle pourrait toujours se tourner vers Martina Navratilova, sa marraine sur le Tour, neuf fois gagnante de Wimbledon... Florient Etienne, ,