Une carrière connaît parfois des tournants étranges. L'avant serbe Marko Pantelic (28 ans), un poulain du manager Ranko Stojic (ex-Club Liège, Seraing et Anderlecht) est bien placé pour le savoir. En 2003, il n'a pas satisfait à un test au FC Brussels. Le Club Bruges l'a ensuite jugé trop cher tout en redoutant son caractère, réputé difficile.
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Une carrière connaît parfois des tournants étranges. L'avant serbe Marko Pantelic (28 ans), un poulain du manager Ranko Stojic (ex-Club Liège, Seraing et Anderlecht) est bien placé pour le savoir. En 2003, il n'a pas satisfait à un test au FC Brussels. Le Club Bruges l'a ensuite jugé trop cher tout en redoutant son caractère, réputé difficile. Cette saison, l'attaquant aux longs cheveux a fait un sort aux préjugés dont il est victime. Il marque les yeux fermés et est en tête du classement des buteurs (8 buts) de la Bundesliga. Dieter Hoeness, le manager sportif du Hertha BSC, se frotte les mains car il a consenti de sérieux efforts, le 31 août 2005, pour attirer ce joueur dans la capitale allemande. Il a versé 250.000 euros à l'Etoile Rouge pour la location de son capricieux attaquant, mais aussi personnels, puisqu'il a pris la peine de rencontrer Walter Zenga, son entraîneur, pour parler de la réputation de Pantelic. Il a pris un risque énorme. Professionnel depuis l'âge de 14 ans, l'attaquant a déjà effectué un long parcours. Pantelic a d'abord été la perle de l'Etoile Rouge. Il a suivi ses parents à Thessalonique, où son père avait trouvé du travail. Marko a été affilié au FC Iraklis avant d'être repéré par le PSV. A Eindhoven, il n'a jamais trouvé ses marques. Il s'est rabattu sur Lausanne, pour le compte duquel il a inscrit 14 buts en 21 matches. Après des passages au Celta Vigo, au Sturm Graz, au FC Yverdon et au FK Obilic, il a conduit le FK Sartid au titre de Serbie-Monténégro en 2003. En janvier 2004, Pantelic est retourné à l'Etoile Rouge. Sous ce maillot, il a marqué 21 buts et est devenu meilleur buteur. Cependant, c'est son comportement qui a fait la une. Après trois journées de championnat à Yverdon, il a disparu sans laisser de traces, suite à des problèmes personnels. Pendant la guerre civile qui a ravagé la Yougoslavie, il n'a pas hésité à proclamer sa préférence pour le président Slobodan Milosevic. Pantelic a retrouvé son équilibre en Allemagne. La saison passée, il a trouvé le chemin du but à onze reprises en 28 joutes, marchant sur les traces de Michael Preetz, l'icône du club. Le 14 avril 2006, le Hertha Berlin a levé son option d'achat de trois ans, contre 1,5 million d'euros. " Je n'ai pas encore atteint mon rendement optimal ", avait confié Pantelic au quotidien Die Welt. " Je suis en pleine éclosion, grâce à Falko Götz. D'ici deux ans, je veux être un footballeur déterminant, qui brille dans un grand championnat. Accordez-moi du temps car j'ai beaucoup à apprendre ". F. VANHEULE