Placer un joueur avec le ballon dans le tiers défensif adverse, c'est de la pénétration. Mais si en plus ce joueur se trouve dans une situation où, soit il peut tirer lui-même au goal avec de grandes chances de marquer, soit il n'a plus qu'une transmission à effectuer vers un partenaire pour qu'une réelle occasion de but se présente, nous appellerons ça de la perforation.
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Placer un joueur avec le ballon dans le tiers défensif adverse, c'est de la pénétration. Mais si en plus ce joueur se trouve dans une situation où, soit il peut tirer lui-même au goal avec de grandes chances de marquer, soit il n'a plus qu'une transmission à effectuer vers un partenaire pour qu'une réelle occasion de but se présente, nous appellerons ça de la perforation. Le Genk de René Vandereycken est passé maître dans l'art de la perforation par les ailes, un excellent automatisme face aux défenses de zone d'aujourd'hui. Un premier type de perforation latérale est la passe lobée dans le dos du défenseur qui met la pression sur l'attaquant latéral. La photo 1, issue du match à Mons, montre Brian Priske qui va effectuer un lob dans la profondeur (figures jaunes) pour Tom Soetaers qui va s'y engouffrer (figures bleues). Le résultat est souvent la création immédiate de danger puisqu'en zone, les autres défenseurs, souvent quasiment alignés à une hauteur de quelques mètres par rapport à celle du ballon, sont obligés de courir vers l'arrière. La photo 2 illustre le même automatisme sur le flanc gauche avec TomislavMikulic et Koen Daerden lors du match à domicile contre le Club Bruges. C'est une preuve que cette stratégie n'a rien à voir avec le simple hasard. Une passe au ras du sol, dans la profondeur, entre le défenseur latéral et ses partenaires dans l'axe, est un deuxième type de passe de perforation latérale. La photo 3 montre qu'il y a d'abord une phase d'amorçage. Ici, Mirsad Beslija, avec les pieds quasiment hors du terrain, et Priske, qui conduit le ballon en direction de l'extérieur du jeu (flèche rouge), attirent leurs opposants directs et provoquent ainsi un espace de jeu entre ceux-ci et les défenseurs centraux. Il s'en suivra une passe de perforation latérale (flèche jaune) pour le demi latéral droit qui plongera dans la profondeur (flèche bleue). Le premier but de Genk contre Bruges, montre que cette stratégie qui se répète au Racing, est donc bien du domaine de l'automatisation. Photo 4 : Priske conduit le ballon vers l'extérieur du terrain (flèche rouge) et attire les adversaires latéraux pour mieux les prendre dans le dos (flèche jaune). Photo 5 : La passe de perforation latérale est effectuée. Le temps de se retourner et Peter Van der Heyden est pris de vitesse par Beslija qui est déjà à la réception du ballon. Photo 6 : centre légèrement en retrait (flèche jaune) pour Orlando Engelaar, qui s'infiltre dans les 16 mètres. Photo 7 : ouverture du score à la 37e minute !Frans Masson