La pénétration

Pénétrer, c'est éliminer un ou plusieurs défenseurs pour provoquer une occasion de but. Tenter de le faire suivant l'axe du terrain n'est pas une sinécure. La plupart des barrages défensifs de zone accordent une attention toute particulière à fermer le couloir axial du jeu. Y proposer une grande densité de joueurs récupérateurs et mettre la pression dans l'environnement immédiat du ballon font partie du credo du jeu en perte de balle. Et pourtant, les défenses à plat d'aujourd'hui sont régulièrement transpercées par des passes verticales ou croisées qui amènent le ballon dans leur dos et dans la foulée d'un attaquant qui s'y engouffre. Pour réussir ça, il faut à notre avis trois choses : un duo d'attaquants, une conception de jeu adaptée et des automatismes.
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Pénétrer, c'est éliminer un ou plusieurs défenseurs pour provoquer une occasion de but. Tenter de le faire suivant l'axe du terrain n'est pas une sinécure. La plupart des barrages défensifs de zone accordent une attention toute particulière à fermer le couloir axial du jeu. Y proposer une grande densité de joueurs récupérateurs et mettre la pression dans l'environnement immédiat du ballon font partie du credo du jeu en perte de balle. Et pourtant, les défenses à plat d'aujourd'hui sont régulièrement transpercées par des passes verticales ou croisées qui amènent le ballon dans leur dos et dans la foulée d'un attaquant qui s'y engouffre. Pour réussir ça, il faut à notre avis trois choses : un duo d'attaquants, une conception de jeu adaptée et des automatismes. Proposer un seul attaquant qui peut demander le ballon dans la profondeur n'est pas suffisant. C'est trop facile de le marquer et de l'enfermer. Il n'y a guère de doute qui puisse s'installer dans l'esprit des défenseurs. Un deuxième forward s'avère indispensable ! La majorité des équipes de la Ligue des Champions l'ont évidemment compris. Ce qui les différencie, c'est le type de deuxième attaquant. Nous en avons catalogué trois. Le soutien qui plonge : en soutien de l'homme de pointe, c'est celui qui sent le moment de plonger dans la profondeur. Il ne demande pas tellement le ballon vers l'arrière. Il marque beaucoup, mais en venant d'une position un peu en retrait. Au Real, bien qu'il soit capable de faire quasiment tout, c'est Raul qui joue ce rôle derrière Ronaldo. Le soutien qui demande : également positionné dans l'ombre du joueur le plus avancé sur l'échiquier, celui-ci sollicite plus le cuir dans les pieds en se dirigeant vers le porteur du ballon. C'est presque un meneur de jeu, mais dans le tiers attaquant. C'est l'homme des dribbles, des une-deux, des tirs à mi-distance, etc. Au Deportivo, JuanCarlosValeron distribue derrière DiegoTristan. Le véritable deuxième attaquant : un dernier type est le deuxième attaquant au même titre que le premier. AndriyShevchenko et FilippoInzaghi forment un duo d'attaquants équivalents à l'AC Milan. Rentabiliser le travail de ce genre de duo nécessite beaucoup de temps. Il faut leur apprendre la polyvalence et la complémentarité. Ainsi lorsqu'un des deux plonge vers un des flancs, l'autre doit couper dans l'axe. Chaque attaquant doit donc être un joueur complet. Attention, le risque de les voir rapidement isolés existe, en particulier si l'entrejeu ne se rend pas vite disponible en les serrant rapidement et continuellement. Notons aussi que la défense adverse peut dans ce cas plus facilement s'adapter. Deux marqueurs stricts sur les deux pointes peuvent faire l'affaire. Une fois le duo choisi, il faut une conception de jeu et des automatismes adaptés. Notons à ce sujet qu'un duo d'attaque dont un des joueurs joue dans l'ombre de l'autre aura toujours plus d'espace de man£uvre si les flancs sont occupés par d'autres joueurs de l'équipe. A contrario pour deux attaquants opérant à même hauteur, il est peut-être plus intéressant d'avoir un entrejeu re-serré pour faciliter la plongée d'un des deux forwards vers les flancs. La passe croisée : la passe entre les défenseurs qui s'éloigne du gardien de but pour l'attaquant qui plonge, reste l'arme la plus simple et la plus efficace. Mais ça reste un geste difficile. Les joueurs doivent se sentir. Abnégation et répétitions sont les conditions d'une bonne synchronisation. Le une-deux : c'est l'automatisme collectif de base pour s'ouvrir le chemin vers le but puisqu'il permet de fixer et d'éliminer un ou plusieurs défenseurs. La passe redoublée : s'appuyer sur l'attaquant de pointe qui remet le ballon dans un angle de jeu nouveau et ouvert pour tirer au but est une solution aux abords des 16 mètres. Le troisième homme : le faux une-deux avec remise sur un troisième homme qui plonge est du grand art. Des stratégies de pénétration plus téméraires existent. Soulignons le caractère offensif et risqué d'équipes comme Manchester United avec son trio d'attaquants que sont RuudVanNistelrooy, RyanGiggs et Ole GunnarSolskjear ! par Frans Masson