Depuis le 10 juillet, il a repris les entraînements avec Bari. Dans quel état d'esprit alors qu'il a été condamné à dix mois de suspension soit jusqu'au 19 février 2002? Entre-temps, Frank De Boer -qui était dans le même cas que lui- a vu sa suspension réduite: le Hollandais pourra rejouer avec le FC Barcelone dès le 1er septembre.
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Depuis le 10 juillet, il a repris les entraînements avec Bari. Dans quel état d'esprit alors qu'il a été condamné à dix mois de suspension soit jusqu'au 19 février 2002? Entre-temps, Frank De Boer -qui était dans le même cas que lui- a vu sa suspension réduite: le Hollandais pourra rejouer avec le FC Barcelone dès le 1er septembre.Par rapport à ces deux événements, quel est votre sentiment?Jean-François Gillet : Mon avocat a décidé d'interjeter appel pour les dix mois de suspension. C'est chose faite depuis quelques jours, depuis notre retour de stage. De toute façon, pour moi, même un jour aurait été trop, à partir du moment où je ne me sens coupable de rien. Le fait que Frank De Boer a vu sa suspension réduite démontre que certaines instances, à l'UEFA, commencent à se rendre compte que tout cela n'est pas du dopage. Mais pour moi, le mal a été fait. On m'a tapé dessus alors que je suis innocent. A la limite, on pourrait me suspendre pendant deux ans, cela ne me ferait plus ni chaud ni froid. J'en ai entendu et lu tellement pendant ces derniers mois que je suis blindé. Vous semblez bien morose...Comment pourrait-il en être autrement? J'ai perdu l'envie d'être optimiste. Il y a quelques années, j'ai été jeté hors de Belgique. Je n'étais pas assez bon pour défendre les buts d'Alost ou d'autres clubs de ce genre. Aujourd'hui, on m'accuse de dopage. Trop, c'est trop.Comment se passe le stage?Normalement. Je m'entraîne, j'entretiens ma condition. Pour être prêt à quelle date? Peu importe. Lorsqu'on me dira que je pourrai rejouer, je rejouerai. Il me reste trois ans de contrat. Jusqu'à présent, le club m'a toujours soutenu. Mais, s'il décidait de résilier mon contrat, je resterais de marbre. J'attends de voir ce qui va se passer et je ne tire plus de plans sur la comète.On ne reconnaît plus le Jean-François Gillet jovial et souriant d'autrefois.Connaissez-vous quelqu'un qui parviendrait à sourire dans ma situation? Il est possible que j'ai changé, oui. Une chose est sûre: j'ai appris à reconnaître mes vrais amis. Mes amis d'enfance le sont resté. Mes équipiers de l'équipe nationale Espoirs, le docteur: ces gens-là ont continué à me soutenir également. D'autres, par contre, ont été très méchants. Je sais que certains sont très contents aujourd'hui. Tout ce qui m'arrive leur procure beaucoup de plaisir. Je constate que la vie est décidément pleine d'injustices. (D.Devos)