L'événement s'est produit alors que le processus de paix apparaît dans une impasse et que la région est à feu et à sang: le 4 mars, la Palestine a disputé son premier match officiel sous l'égide de la FIFA. En éliminatoires de la Coupe du Monde 2002, elle a partagé 1-1 à Hong Kong face à l'équipe locale. Le but palestinien a été inscrit par Emad Abou el-Kair. Quatre jours plus tard, toujours à Hong Kong, elle s'est inclinée 1-2 face au Qatar (avec un ...

L'événement s'est produit alors que le processus de paix apparaît dans une impasse et que la région est à feu et à sang: le 4 mars, la Palestine a disputé son premier match officiel sous l'égide de la FIFA. En éliminatoires de la Coupe du Monde 2002, elle a partagé 1-1 à Hong Kong face à l'équipe locale. Le but palestinien a été inscrit par Emad Abou el-Kair. Quatre jours plus tard, toujours à Hong Kong, elle s'est inclinée 1-2 face au Qatar (avec un nouveau but d'Emad Abou el-Kair). Enfin, elle a clôturé le tournoi quadrangulaire le 11 mars avec une victoire 1-0 face à la Malaisie (but de Mohammed al-Jeesh). Les matches retour auront lieu sous la forme d'un nouveau tournoi quadrangulaire, disputé cette fois à Doha au Qatar et qui a débuté hier, le 20 mars. A mi-parcours, le Qatar est en tête avec 9 points, talonné par la Palestine (4 points), la Malaisie (3 points) et Hong Kong (1 point). L'événement est autant politique que sportif. En disputant des matches de football, les Palestiniens font parler d'eux et répercutent leurs aspirations à l'indépendance. Les joueurs de l'équipe nationale palestinienne sont nés à Gaza ou en Cisjordanie -certains dans des camps de réfugiés- à une époque où le simple fait d'arborer un signe distinctif national était passible d'emprisonnement. Enfiler un maillot de l'équipe nationale constitue un geste très fort et l'admission de leur pays par la FIFA en 1998 laisse croire aux Palestiniens que la reconnaissance d'un Etat indépendant est imminente. La FIFA a débloqué 5 milliards de francs pour l'amélioration des stades palestiniens et l'entraînement de l'équipe nationale, la firme italienne Diadora a offert les maillots et la Norvège a fait don de la pelouse du stade de Gaza, mais celui-ci est devenu inaccessible pour les Cisjordaniens depuis les affrontements. Rassembler les joueurs est un véritable casse-tête. Le championnat est divisé en deux poules: 14 équipes à Gaza et 16 en Cisjordanie. Une finale oppose en fin de saison les vainqueurs de chaque poule, mais passer d'un territoire à l'autre n'est guère évident. C'est donc à l'étranger que l'équipe nationale s'est préparée. D'abord au Caire (le sélectionneur Mustapha Abdel-Ghali est Egyptien) pour un camp d'entraînement de deux mois, puis un stage en Thaïlande. Les joueurs ne reverront leur famille qu'au retour de Doha. La plupart l'ont quittée depuis le 14 décembre.